‹ Amandine, vaudeville en deux actesChapitre 10 sur 45 · UNE VOIX · texte numérisé non relu

UNE VOIX

A la boutique !

Mme JAULIN.

J'y vais!

Mu,e GIRAUD.

On y va!

Les deux femmes sortent.

GABRIEL

Eh bien, monsieur Ludovic! vous êtes arrivé ?

LUDOVIC

D'avant-hier.

GABRIEL

Et vous avez vu?...

LUDOVIC

Personne!... quand je dis personne!... ah! mon ami, j'ai vu!... j'en suis comme un fou!... la plus jolie créature!... j'en suis tellement occupé, que je crois la voir partout.

GABRIEL

Un vrai coup de soleil.

LUDOVIC

Un amour... profond.... une passion...

De vingt-quatre heures.

LUDOVIC

Paris a beau être grand, je la chercherai... je la trouverai...

GABRIEL

Est-ce que c'est pour cela que vous êtes venu dans la capitale ?

LUDOVIC

Certainement que non; mais, mon ami, si vous saviez quels jolis yeux !

GABRIEL

Bah ! il n'y a que de cela à Paris... les jolis yeux y sont d'un commun!... vous en trouverez cinquante-cinq pareils à ceux que vous avez vus.

LUDOVIC

Si je n'étais pas si timide !

GABRIEL

Qu'est-ce que vous auriez fait ?

Ludovic, après un moment de réflexion.

Je l'aurais saluée.

GABRrEL, riant.

Fameux trait de bravoure, et qui vous aurait

joliment avancé!... Laissons là les amourettes, et parlons affaires... Où en sommes nous?

LUDOVIC

Mon père m'a adressé à un de ses amis, M. de la Bostrie. J'ai ordre de ne rien entreprendre sans l'avoir consulté. Ce monsieur demeure faubourg Saint-Germain, rue de l'Université; c'est, dit-on, fort loin.

GABRIEL

Je vous y conduirai.

LUDOVIC

J'allais vous en prier.

Mme Jaulin rentre.

GABRIEL

Mère, je vais aller faire viser ma feuille de route; nous cheminerons ensemble.

Mme JAULIN.

Monsieur, vous m'avez l'air d'un brave jeune homme; et mon Gabriel, qui ne sait pas grand' chose, ne peut que profiter en votre compagnie. Toutes les fois que cela vous conviendra , vous trouverez toujours ici bonne mine et bonnes gens.

ENSEMBLE

Air -.Pour tnoi, plus de mystère. (Les Trois Dimanches.)

LUDOVIC

Quand votre cœur m'invite, Madame, à revenir, Ce n'est point un mérite Que de vous obéir, Puisque c'est un plaisir!

lM"ie JAUMN.

D" grand cœur je vous invile, Monsieur, a revenir; Votre bonne visite, J' dois vous en avertir, Nous f'ra toujours plaisir!

Quand ma mèr1 vous invite

Franch'ment à revenir,

C'est que votre visite,

J1 dois vous en avertir,

Nous f'ra toujours plaisir !

Je vais au bureau militaire ; J'aurais peur, s'il n' me voyait pas, Que le ministre de la guerre Ne se trouvât dans l'embarras.

Reprise du chœur et sortie de Gabriel et de Ludovic,

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