UNE VOIX
A la boutique !
Mme JAULIN.
J'y vais!
Mu,e GIRAUD.
On y va!
Les deux femmes sortent.
GABRIEL
Eh bien, monsieur Ludovic! vous êtes arrivé ?
LUDOVIC
D'avant-hier.
GABRIEL
Et vous avez vu?...
LUDOVIC
Personne!... quand je dis personne!... ah! mon ami, j'ai vu!... j'en suis comme un fou!... la plus jolie créature!... j'en suis tellement occupé, que je crois la voir partout.
GABRIEL
Un vrai coup de soleil.
LUDOVIC
Un amour... profond.... une passion...
De vingt-quatre heures.
LUDOVIC
Paris a beau être grand, je la chercherai... je la trouverai...
GABRIEL
Est-ce que c'est pour cela que vous êtes venu dans la capitale ?
LUDOVIC
Certainement que non; mais, mon ami, si vous saviez quels jolis yeux !
GABRIEL
Bah ! il n'y a que de cela à Paris... les jolis yeux y sont d'un commun!... vous en trouverez cinquante-cinq pareils à ceux que vous avez vus.
LUDOVIC
Si je n'étais pas si timide !
GABRIEL
Qu'est-ce que vous auriez fait ?
Ludovic, après un moment de réflexion.
Je l'aurais saluée.
GABRrEL, riant.
Fameux trait de bravoure, et qui vous aurait
joliment avancé!... Laissons là les amourettes, et parlons affaires... Où en sommes nous?
LUDOVIC
Mon père m'a adressé à un de ses amis, M. de la Bostrie. J'ai ordre de ne rien entreprendre sans l'avoir consulté. Ce monsieur demeure faubourg Saint-Germain, rue de l'Université; c'est, dit-on, fort loin.
GABRIEL
Je vous y conduirai.
LUDOVIC
J'allais vous en prier.
Mme Jaulin rentre.
GABRIEL
Mère, je vais aller faire viser ma feuille de route; nous cheminerons ensemble.
Mme JAULIN.
Monsieur, vous m'avez l'air d'un brave jeune homme; et mon Gabriel, qui ne sait pas grand' chose, ne peut que profiter en votre compagnie. Toutes les fois que cela vous conviendra , vous trouverez toujours ici bonne mine et bonnes gens.
ENSEMBLE
Air -.Pour tnoi, plus de mystère. (Les Trois Dimanches.)
LUDOVIC
Quand votre cœur m'invite, Madame, à revenir, Ce n'est point un mérite Que de vous obéir, Puisque c'est un plaisir!
lM"ie JAUMN.
D" grand cœur je vous invile, Monsieur, a revenir; Votre bonne visite, J' dois vous en avertir, Nous f'ra toujours plaisir!
Quand ma mèr1 vous invite
Franch'ment à revenir,
C'est que votre visite,
J1 dois vous en avertir,
Nous f'ra toujours plaisir !
Je vais au bureau militaire ; J'aurais peur, s'il n' me voyait pas, Que le ministre de la guerre Ne se trouvât dans l'embarras.
Reprise du chœur et sortie de Gabriel et de Ludovic,
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