LES TROIS FEMMES
A l'Opéra!
M'"p JAULIN.
Amandine à l'Opéra!... dans ce lieu de perdition!... dans la pépinière à Satan!... Ne dites pas ça, monsieur Griponneau... ne le dites pas... ou je tombe en pâmoison.
Clarisse, enchantée.
Ma cousine à L'Opérai... Dieu! j'irai la voir!
GRIPONNB M .
Ecoutez donc, mère Jaulin, j'ai cru que vous étiez dans le secret de la comédie.
Mais, monsieur, quand je vous dis qu'elle est aux Carmélites.
GRIPONNEAU, comme pour lui faire plaisir.
Oui, oui, elle est aux Carmélites... {A pan. ) Drôles de Carmélites, tout do même!
M""' J vi LIN, a Clarisse.
Donne - moi mou casaquin et mon bonnet monté.. Je vas y aller a Topera... je vas lui apprendre une danse de famille !
Clarisse mu t.
MAGASIN THEATRAL
GRIPONNEAU.
Ça va être drôle!... Mais avant de partir, nous avons notre petit compte.
M"'e JAULIN.
Je ne suis pas en fonds pour le quart d'heure.
GRIPONNEAU.
Mon client me pousse à faire des frais.
M'"° JAULIN, le câlinant.
Des frais... à c'te pauvre mère Jaulinî... vous y en ferez pas.
GRIPONNEAU.
Si ça dépendait de moi! ..
Mmfl JAULIN.
Vous savez bien qu'il n'y a rien à perdre.
GRIPONNEAU.
Je sais que vous avez de belles pratiques.
Mme JAULIN.
Ehl mon Dieu! ce ne sont pas les pratiques qui manquent... c'est l'argent des pratiques qui n'arrive pas.
GRIPONNEAU.
Moi, j'ai la mauvaise habitude de payer comptant.
Mme JAULIN.
Ne vous corrigez pas de ce défaut-là... Ça y est, méchant blondin... vous me donnez huit jours?
GRIPONNEAU.
C'est beaucoup... je ne puis pas promettre...
Mme JAULIX.
Clarisse!
CLARISSE
Plaît-il, ma tante?
Mme JAULIN.
Mets le petit turbot de côté, et demain tu le porteras chez M. Griponneau.
Clarisse, de la coulisse.
Pas possible... Il y a une dame qui descend de voiture, et qui le marchande.
GRIPONNEAU.
Vous voyez bien... je ne puis pas...
Mine JAULIN.
Surfais-lui-zy... un prix fou... dis que c'est pour le roi... demandes-en cent écus...
GRIPONNEAU.
Vous faites de moi tout ce que vous voulez...
CLARISSE, accourant.
Dites donc, ma tante... elle en donne cinq cents livres!...
TOUS
Cinq cents livres !
CHOEUR
Air du Postillon.
Pour faire un1 semblable promesse, Pour avoir ainsi renebéri , Faul que ce soit une princesse Ou la comtesse Dubarry.
TOUS
Vraiment, oui, vraiment, c'est la comtesse Dubarry.
CLARISSE
C'est la comtesse Dubarry !... Entrez... entrez, madame la comtesse !
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