‹ Amandine, vaudeville en deux actesChapitre 17 sur 45 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

Les Mêmes, hors CLARISSE.

Mn,e jaulin, avec tendresse.

Comment! c'est toi !

Eh! mon Dieu, oui!...

Mme jaulin, sévèrement.

D'où venez vous, mademoiselle?

amandine, avec un sourire.

Ça... c'est un secret.

Un secret pour votre mère... Enfant dénaturé! (D'un ton de mère.) Mais regardez donc comme

elle est gentille!... ( Tâtant.) C'est, ma foi, de la valenciennes !

Mme giraud, de Vautre côté.

Et du point d'Angleterre !

Mme jaulin, joyeuse.

À-t-on jamais vu une drôlesse attiffée de c'te façon-là!... Mais ça l'y va... On dirait qu'elle a porté ça toute la vie... (Sévèrement.) Voyons, voyons, je veux savoir d'où ça vient.

Contentez-vous d'apprendre que votre fille n'a aucun reproche à se faire.

Mmc JAULIN.

Entendez-vous, mère Giraud? ça n'a pas de reproches sur la conscience, c'te chère enfant!... [Avec un peu d'humeur.) Mais comment que t'as gagné ça?... Allons, parle, et plus vite que ça, ou bien je t'allonge...

Mme GIRAUD.

Ne plaisantez donc pas comme ça ; vous lui casseriez ses girandoles.

Mme jaulin, se fâchant.

Parleras-tu, mademoiselle la grande dame !

AMANDINE, avec douceur.

Maman, pendant les trois années que j'ai passées loin de vous, on a refait ma toilette et mon éducation.

M'est avis qu'il n'y avait pas grand chose à y refaire... et que l'inducationque t'avais reçue chez ta mère était pas déjà si mal... Mais, Dieu me pardonne, c'est du diamant!

Oui, ma mère.

Mme JAULIN.

Du vrai ?

amandine, souriant.

Je n'ai rien de faux.

Mme jaulin, en colère.

Et qui t'a donné ça, malheureuse?

Plus tard, ma mère, vous saurez tout.

Mme jaulin, fâchée.

^h ça! qu'est-ce que tu nous chantes avec tes plus tard!.., C'est tout de suite que je veux savoir les tenans et les aboutissans... On ne m'enjôle pas, moi !

Vous êtes donc bien pressée de mal penser de votre fille?... Ça vous fait donc bien plaisir de ne pas la croire?... Si elle était coupable, est-ce qu'elle viendrait chercher des reproches?... Elle vous ferait jeter, comme autrefois, un petit papier qui vous rassurerait sur sa santé; et comme elle n'était pas inquiète sur la vôtre... elle se serait tenue tranquille chez elle... car, voyez-vous, ma mère, je vous aime bien... Les paroles, je vous les passe ; mais les gestes, c'est fini entre nous.

Mme JAUHN.

Ah çà! est-ce que le monde est renversé?,,.

est-eeque les enfans vont de venir les maîtres d es père... et mère?

Mme GIRAUD.

Dam ! si c'est la mode...

Mme JAULIN.

Tiens, voilà ton frère qui revient, c'est ton aîné; il est militaire, eh bien, il n'a pas la parole si fière que toi.

Ah ! mon Dieu ! mon frère !

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