SCÈNE PREMIÈRE
CLAUDINE, LE COMTE, ils entrent par la porte de gauche.
CLAX-DINE. — Il faut que j'aille voir Denise... Je suis un peu inquiète. Elle avait la fièvre ce soir.
LE COMTE. — Elle grandit beaucoup en ce moment ; c'est sans doute la croissance qui la fatigue.
CLAUDINE. — J'espère que c'est ça.
Restez là... ne faites pas de bruit.
Elle ouvre la porte du fond avec précaution et revient quelques instants après. ^
LE COMTE. — Eh bien?
CLAUDINE. — Elle dort : elle a l'air bien calme... elle tient son oreiller comme ça... elle a tout à fait mes gestes, la chérie.
Le cabinet de toilette Je Claudine Rozai/.
Portes à droite et ù gauche. Une large feni'tre donnant ^ur la rue. Une baie par laquelle on voit la chambre à coucher, un grand lit, la coucerture faite, une lumière douce; au Jond, la porte de la chambre oii dort Denii-e.
LE COMTE. — Il était très bon votre dîner. D'aillexu-s tout a été très réussi.
CLAUDINE. — N'est-ce pas? J'espère qu'on ne s'est pas trop ennuyé. Par exemple je suis éi-eintce, je n'en pevx plus... Vous permettez que je me déshabille?
LE COMTE. — Mais parfaitement. D'ailleurs, je vais me retirer.
CLAUDINE. — Mais non, mais non, restez... restez... vous ne me gênez pas. Sonnez donc Clara, voulez-vous?
LE COMTE. — Pourquoi faire?
CLAUDINE. — Pour me dégrafer ma robe.
LE COMTE. — Mais vous n'avez pas besoin de Clara ; je vais vous la dégrafer votre robe.
CLAUDINE. — Vous ne pourrez pas.
LE COMTE. — Mais si... laissez- moi essayer.
CLAUDINE. — Si VOUS voulez... le corsage d'abord.
LE COMTE, dégrafant. — C'est ça le corsage ?
CLAUDINE. — Oh! doucement, doucement, comme vous y allez La jupe à présent ; il y a trois agrafes à la ceinture.
LE COMTE, s'éjiuisant en vains efforts.
— Je ne sais pas comment c'est arrangé... et puis ça n'est pas commode... Je n'y vois pas clair.
CLAUDINE. — Attendez, venez près de la cheminée vous verrez mieux, et puis, asseyez- vous là... vous serez plus à l'aise;
LE COMTE, s'asseyunt. — Ah! à la bonne heure ! Maintenant ça va aller tout eeul.
CLAUDINE. — Eh bien ! ça y est ?
LE COMTE. — Attendez ; non, ça n'y est pas... ces sacrées couturières... Est-il possible de se serrer comme ça !
CLAUDINE. — Mais je ne suis pas serrée du tout.
LE COMTE. — Allons douc, je ne sais pas vraiment comment vous pouvez y tenir... Ma foi, j'y renonce.
CLAUDINE. — Je vous l'avcis dit. Je
vais appeler Clara.
Elle sonne.