ÉPILOGUE
enceinte de quatre mois, paraissait sérieusement malade. Mehemet Riza Beg, entre chacune de ses crises de mal de mer, retrouvait sa voix de taureau pour protester contre la cruauté avec laquelle on le traitait, et ses accès de fureur prenaient même un caractère inquiétant. Une nouvelle apparition sur le territoire du royaume semblant désormais impossible, ou tout au moins facile à prévenir, le commandant de V Astre e retrouva quelque pitié dans la mer du Nord. Il fît offrir à Son Excellence de la laisser à Amsterdam. Cette solution lui eût permis d'interrompre une navigation qui s'annonçait comme dangereuse. Cette fois Mehemet Riza Beg eut une lueur de bon sens: il se vit abandonné en Hollande sans lettres de créance pour les Etats généraux, sans caractère officiel, sinon sans argent, et il préféra encore poursuivre par mer la route vers la Moscovie. Son courage fut néanmoins de courte durée. Arrivé le 22 septembre à Copenhague, il prit la résolution irrévocable d'y débarquer et de gagner, par la voie de terre, Saint-Pétersbourg *. Sur sa demande formelle, Padéry assez fatigué lui-même, descendit avec un des officiers persans, saluer le gouverneur de la place et le premier ministre danois M. Krabbe, et solliciter des ordres pour qu'une maison fût mise à la disposition de Mehe-