‹ Ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inédits, avec treize planches hors texteChapitre 118 sur 135 · A. E. Perse, t. 2, f · texte numérisé non relu

A. E. Perse, t. 2, f

taines des ports de tout le royaume de Perse, les dérogas ou lieutenants de police, les gardes des chemins et grands voyers des terres de l'obéissance de l'empereur, tous ceux qui ont inspection sur les affaires du Divan, et tous, en général, habitants des villes et places du vaste empire de Perse, sachant que ci-devant un commandement (image du destin), de la part du roi conquérant, séant dans le paradis, chah Abbas, dont Dieu élève le rang dans la vie éternelle, en date du mois de Rhamadan 1014, aurait été honorablement expédié ; dont l'équitable teneur était que d'autant qu'entre Sa Majesté Impériale, souveraine, toujours auguste, et les empereurs chrétiens et rois européens, iJ y a une parfaite union et amitié qui appert par les allées et venues des ambassadeurs et envoyés des deux parts ; et Sa Majesté souveraine ayant une inclination et une bonté particulière pour la nation chrétienne et comblant d'honneurs et de bons traitements tous ceux d'icelle qui viennent à sa cour impériale ; il faut que quiconque d'entre les chrétiens européens viendra en ce pays, les illustres commandants, les dérogas, les vizirs, gouverneurs et officiers, et tous les habitants sujets de notre auguste Majesté, leur rendent toutes sortes d'honneurs et n'omettent pas une seule minute de considération pour eux, et qu'aucun homme, de quelque qualité et condition qu'il puisse être, ne les moleste ni inquiète en aucune manière et ne leur donne aucun sujet de mécontentement ; mais qu'ils permettent que tous lesdits chrétiens aillent et viennent par quelque côté que bon leur semblera dans tous les pays et provinces de notre obéissance royale, sans que personne se mêle des biens et effets de marchands de ladite nation ; et si quelqu'un commet à leur préjudice quelque désobéissance à cet

ordre, il en sera châtié et grièvement puni. C'est là le contenu du commandement dudit empereur.

A présent, l'empereur couronné du soleil, le plus grand des équitables rois de l'Europe, l'empereur Louis XIV, souverain des villes et pays de Paris, Normandie, Bretagne, Aquitaine, Gascogne, Poitou, Saintonge, Limousin, Bordeaux, Grenoble, Provence, Périgord, Angoulême, Toulouse, Anjou, le Maine, Touraine, Chartres et pays chartrain, Nivernais, Lyonnais, Picardie, Calais, Champagne, Dunkerque et autres lieux, désirant renouveler les canons de l'ancienne union et amitié avec notre auguste et souveraine Majesté, aurait fait passer auprès de nous ledit sieur Michel en qualité de son envoyé extraordinaire revêtu de ses pouvoirs, et chargé de lettres de créance et d'amitié pour ce trône orné comme celui de l'empire, par lesquelles il demande que les voies d'allée et venue et l'ouverture des chemins du commerce des marchands honnêtes gens soient ouverts afin de fortifier la bonne intelligence et union entre nos deux illustres empires, et la perception des utilités qui en doivent revenir aux sujets des deux puissants et anciens États. Ayant donné pouvoir audit envoyé de faire tout ce qui est nécessaire pour que cette affaire ait un heureux succès, et recommandé d'ajouter foi et de donner créance à tout ce qu'il proposait aux officiers de notre trône, semblable au ciel, en conséquence de quoi les ministres de ce puissant et magnifique trône ont établi les fondements d'un accord, pacte et convention avec lui, dans un traité particulier et des capitulations pour appuyer, secourir, protéger et bien traiter les honnêtes marchands des pays de France, il a requis qu'il soit expédié un ordre sacré, en confirmation dudit traité. C'est pourquoi, conformément à son désir, nous approuvons,

confirmons et ratifions par ces présentes le contenu du susdit traité et capitulations à eux accordés et scellés de notre sceau impérial ; et nous donnons à ladite nation notre royale permission, ordonnant qu'en toute confiance, sûreté et tranquillité de cœur ils aillent et viennent librement dans tous les pays de notre vaste empire, et qu'à l'honneur de la vue et lecture de cet auguste commandement, semblable à la splendeur de la lune, non seulement on ne donne aucun empêchement à ceux de cette nation et qu'on les laisse aller et venir à leur volonté, en quelque part qu'ils désirent, dans les pays de l'obéissance de notre empire, mais aussi dans toutes les affaires on exécute ce qui est porté par ce commandement sacré de notre Majesté dominatrice du monde, et dans les capitulations auxquelles il doit être obéi ; et que, regardant ces ordres comme indispensablement enjoints, on soit en obligation de les exécuter, et quand cet illustre commandement sera orné et paré de notre sceau impérial, auguste, sacré, noble, magnifique et redoutable, on y ait sans difficulté foi et créance entière. Donné au mois de septembre 1708.

1708. Septembre. Traduction d'un autre commandement du roi de Perse, en faveur des marchands français, de la même date que le précédent \

Dieu soit glorifié. Le royaume est à Dieu, ô Mahomet ! 0 Aly ! L'esclave du roi de la sainteté Hus-

Le commandement royal et honorable a été expédié à ce que les capitaines et les honnêtes marchands de la nation française, qui espèrent avec confiance être comblés des grâces sans réserves impériales, sachent que ci-devant un ordre ayant les effets de la prédestination de la part de l'empereur maître de la terre, dont le nid est le paradis, son magnifique trisaïeul de triomphante mémoire, dont le tombeau soit agréable, a été honorablement expédié, en date du mois de Sefer 1058 2, portant que les nobles marchands, les sages évêques et religieux des européens de France, ayant envoyé dans ces temps-là une requête au trône, soutien du monde, par laquelle ils requièrent que nous leur permettions, comme nous avons fait aux Anglais, aux Hollandais et Portugais, d'aller, venir et trafiquer dans les pays de notre empire, gardé de Dieu, afin qu'ils y viennent aussi parle même motif; cette requête étant parvenue à notre vue, qui a la vertu de la pierre des philosophes, sa teneur a été parfaitement connue

i. A. E. Perse, t. 2, fos 44-46.

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