A. E. Perse, t. 4, f
tout le monde désire s'approcher, la sublime Porte, l'échelle des cieux,il a apporté une lettre et représenté qu'il avait les pouvoirs de traiter par rapport au commerce qu'on peut faire en étoffes, et aussi en or et en argent et autres marchandises curieuses de son pays en Perse, que Dieu conserve. Selon les intentions de l'empereur de France, éclatant comme le soleil, dont il a présenté la lettre à cette dite Porte de l'empereur des rois dont les armes sont formidables, on lui a fait toutes les faveurs et rendu tous les honneurs, et il a obtenu les commandements tels qu'il a souhaités, que les ministres, vizirs et juges de Perse sont obligés d'observer. On lui a remis de plus le traité et une lettre pour l'empereur en réponse à la lettre qu'il avait apportée, et on l'a renvoyé en France. Des lettres et des ambassadeurs sont venus ensuite, de la part de l'empereur, à notre sublime Porte, auxquels on a répondu comme auparavant et on les a renvoyés avec honneur. Quoiqu'il se soit passé beaucoup de temps depuis cette époque, on n'a point cependant encore vu de consuls ni de marchandises, ni or ni argent, ni autre chose, seulement M. de Gallisson est venu de nouveau et nous a apporté une lettre par ordre de votre empereur au nôtre, qui regarde le traité.
C'est pourquoi notre empereur a voulu écrire une lettre d'amitié à votre grand empereur pour demander pourquoi les consuls et marchands et dites marchandises marqués dans les capitulations n'étaient pas encore venus. Notre empereur, porté par une grande amitié,a désiré envoyer son ambassadeur,mais craignant que sa mission fût sue en Turquie et qu'on ne le laissât pas passer où on ne laisse point les ambassadeurs.
Gomme cette affaire regarde les deux empereurs et le bien public, il a ordonné qu'on apportât la lettre et
les présents de l'empereur à moi qui suis, par la grâce de Dieu, l'esclave de sa Porte, et qui suis présentement gouverneur de Choukourissat Érivan, seigneur des seigneurs.
Ledit empereur m'a ordonné de faire en sorte qu'on ne s'en aperçoive point et de choisir une personne de qualité de ladite ville et la charger de l'ambassade ou elchigué et lui remettre la lettre et les présents pour le grand empereur. C'est pourquoi nous avons choisi le très illustre seigneur, élevé en dignité, très grand parmi les seigneurs et par les qualités, le né Mehemet Riza Beg, elchy ou ambassadeur, et nous lui avons confié cette lettre odoriférante comme l'ambre et les présents, et pour cela nous avons cru que nous devions vous en donner avis, espérant qu'on donnera à cet ambassadeur, après son arrivée, des marques de l'amitié que nous avons les uns pour les autres, et que vous le présenterez à votre grand empereur, le soutien de la gloire, resplendissant comme le soleil ; que vous verrez tout ce qui le regarde, que vous le renverrez avec les consuls, les marchands, les marchandises, l'or et l'argent et autres choses curieuses qu'on trouve dans votre pays, selon les capitulations.
Si vous nous recommandez quelque chose nous sommes toujours prêt à vous faire connaître l'amitié que nous avons pour vous et que la volonté de Dieu soit accomplie.
Mehemet Kenly Khan.
Pleins pouvoirs des trois commissaires désignés par Louis XIV pour traiter avec l'ambassadeur de Perse *.
Versailles, le 1*2 août 1715.
Louis, par la grâce de Dieu, Empereur et Roi Très Chrétien de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Le désir que nous avons toujours eu de contribuer au bien et à l'avantage de nos sujets nous a porté à rechercher, en toutes occasions, les moyens d'étendre leur commerce, et ayant été informés il y a quelques années des dispositions où se trouvait aussi l'empereur de Perse d'entrer dans les mêmes mesures à cet égard, nous fîmes alors passer auprès de lui l'un de nos sujets en qualité de notre envoyé qui conclut, au mois de septembre 1708, un traité de commerce pour être exécuté après la conclusion de la paix que nous avons glorieusement faite, et comme l'empereur de Perse aurait, depuis, fait passer auprès de nous un ambassadeur pour demander l'exécution dudit traité et aplanir les difficultés capables d'en retarder, .même d'en empêcher le parfait accomplissement, voulant aussi de notre part y contribuer pour l'utilité de nos sujets, nous confiant entièrement en la capacité, expérience, zèle et fidélité pour notre service de notre très aimé et féal, le sieur Jean- Baptiste Golbert, chevalier, marquis de Torcy,Croissy, Sablé, Boisdauphin et autres lieux, conseiller entousnos