GABRIEL GAUTHIER
(Se reporter à sa biographie parue Foyers et Coulisses, volume du théâtre des Variétés,)
Mademoiselle Gabrielle GauthierTsemble avoir renoncé pour toujours aux rôles fantaisistes des pièces légères qui ont fait sa réputation aux Variétés et au Palais-Royal.
Les premiers rôles de drame sont aujourd'hui ceux qu'elle préfère, et tout der-
nièrement encore, sa création du Beau Solignac et les superbes costumes qu'elle y montrait, ont donné raison à cette brusque diversion de son talent.
A l'Ambigu, mademoiselle Gabrielle Gauthier a fait son apparition dans Y Assommoir, en succédant à mademoiselle Liria Munte dans le rôle de Virginie. Dans Parfasse, même théâtre, elle a joué Nini Flora, et elle répète actuellement un autre rôle sérieux dans les Mouchards.
Très susceptible, trop même; ne nous pardonne pas d'avoir imprimé dans une
Î>récédente biographie qu'elle avait été 'amie intime de Thérésa. Il y a donc du déshonneur à cela?
LINA MUNTÇ
Présentons-la d'abord comme jolie femme et comme comédienne de talent, ensuite, il sera permis à notre verve caustique mais amie, de la dépeindre, comme sosie de Sarah Bernhardt...pour l'embonpoint l Avant de se révéler avec succès dans le drame, la toute gracieuse, toute distinguée et toute svelte Lina Munte cultivait l'art de la danse ; non parce qu'elle en avait la vocation, mais
Earce que, au dire de la faculté, l'état de allerine convenait à sa santé frêle et dé-
licate; mais, personne ne se trompe plus souvent que les médecins. Au bout de quelque temps, Lina Munte s'aperçut que la chorégraphie lui devenait chaque jour plus nuisible. Dès lors elle résolut de jouer et se fit engager aux théâtres de Montmartre et des Batignolles, où nous allâmes l'applaudir dans la Dame aux Camélias , un de ses meilleurs rôles et des mieux appropriés à son physique. Après la banlieue classique, la province inévitable. C'est à son retour à Paris, en 1876, qu'elle fut engagée à l'Ambigu et y débuta dans Justice, de M. Catulle Mendès et dans le Retour de Jeunesse, de M. Jules Barbier. La direction Laforêt fut de courte durée, mais par bonheur pour notre future étoile de drame, MM. Ritt et Larochelle arrivant à la rescousse, l'engagèrent avec eux et lui firent créer, sur ce même Ambigu le rôle d'Adrienne dans Une Cause célèbre représentée pour la première fois le 5 décembre 1877. Le succès de Lina Munte y fut grand et se continua au théâtre de la Porte-Saint-Martin où le drame de MM. Dennery et Cormon émigra avec tous ses inerprètes.
En 1878, M. Chabrillat succédant à MM. Ritt et Larochelle, n'eut garde d'oublier Lina Munte si aimée sur le théâtre dont il allait tenir les destinées, et bientôt, la gracieuse artiste reparaissait dans deux créations successives : Vanda, de la Prin-
Gesse Borowska et la grande Virginie, de Y Assommoir. Ces deux rôles achevèrent de lui conquérir tous les éloges de la presse et tous les bravos du public. A Lyon, à Lille, à Rouen, et à Bruxelles, où son directeur l'envoya jouer, dans Y Assommoir, non plus le rôle de Virginie, mais celui de Gervaise, Lina Munte sut plaire et fasciner autant qu'à Paris. Ce n'est pas une comédienne ordinaire; elle a une originalité qui n'appartient qu'à elle, qu'à son tempérament, qu'à son physique. Elle joue par instinct et échappe ainsi aux effets surannés de la convention.
Sarah Bernhardt est ravie, enchantée de sa maigreur qui sert au delà de ses désirs, son amour excessif pour le tam-tam et la grosse caisse de la réclame. Lina Munte, au contraire, redoute la blague qui s'attache aux pas des actrices trop diaphanes, et bientôt nos railleurs en seront pour leurs jeux de mots et leurs comparaisons ridicules qu'ils réserveront exclusivement au corsage deDona Sol, car Lina Munte s'étant mise à boire du lait Mamilla, il ne pourra plus être dit que deux tailles comme la sienne tiendraient dans une bague.
MARIE PROTAT
A débuté aux Batignolles dans les rôles
d'enfants, dans les rôles de la petite Montalant. Ensuite entra au Conservatoire dans la classe de M. Beauvallet, delà fut engagée au Vaudeville. Nature très excentrique, ayant toujours besoin de voyager. Lyon, Marseille, Rouen, puis l'Amérique, l'Egypte' la Turquie, et l'Italie ont gardé de son talent dramatique les meilleurs et 1 ,s plus vivaces souvenirs. Marie Protat a brillé aussi sur la scène du Palais-Royal dans Arrêtons les frais. Ah! que l'amour est agréable! l'Ami des femmes. M. Chabrillat, qui est un malin, ne pouvait laisser cette excellente artiste entreprendre d'autres voyages» au bout du monde et il l'attacha à la terre ferme de l'Ambigu. Elle vient de reprendre le rôle de madame Podevin dans Robert Macaire.
DIANE VALATTE
Vient de débuter à l'Ambigu dans le rôle d'EUoa, de Robert Macaire, mais n'est pas.
nouvelle au théâtre. C'est Belleville qui a vu ses premiers pas aborder la carrière dramatique. Plus tard, douée d'une très jolie voix, notre artiste, très jolie femme, très plantureuse, alla chanter en Amérique, un pays qui sait couvrir de dollars les rossignols et les fauvettes. Hélas ! la corde
vocale se brisa un vilain jour, mais Diane Valatte à qui il restait la corde dramatique à son arc a or, prit bel et bien son parti et se voua au drame.
Maintenant escaladons sans vergogne les tessons de bouteilles du mur de la vie privée de cette charmante comédienne, et rappelons que mieux que personne, elle pourrait parler des fameuses perruques de soie et des non moins célèbres caleçons enrichis de diamants du feu duc de Brunswick.
Ah ! qu'il a dû faire bon à recoudre les boutons de ces caleçons-là !