AVERTISSEMENT
La vie d'Ambroise Paré, comme celle de beaucoup d'hommes célèbres, est fort mal connue. Les diverses particularités de son existence sont tombées peu à peu dans l'oubli par la négligence de ses contemporains, en sorte qu'il est devenu très difficile de reconstituer sa biographie.
Pour écrire l'histoire de l'illustre chirurgien, il faudrait résumer l'état de la chirurgie dans les temps qui l'ont précédé, présenter le tableau de cette science à l'époque où il a vécu, enfin, montrer les progrès qu'il a fait faire à cette branche de l'art de guérir. Cette tâche a été magistralement accomplie par le professeur Malgaigne dans sa savante introduction aux Œuvres complètes d'Ambroise Paré, et il y aurait témérité à l'entreprendre de nouveau.
Mon rôle est plus modeste. Ce travail n'est que la mise en œuvre de documents recueillis de différents côtés, et grâce auxquels on pourra enfin connaître d'une façon certaine la famille, les alliances, les amis de Paré, et pénétrer en quelque sorte dans sa vie intime.
Les sources auxquelles j'ai puisé sont nombreuses; ce sont d'abord les Œuvres du grand chirurgien, et surtout la relation de ses voyages dans laquelle se trouvent beaucoup de faits particuliers.
Le Dictionnaire de Jal m'a fourni sur ses enfants de prc-
cieuses indications complétées par les auteurs de la France protestante, et par M. le D' Chéreau dans les Vies des Savants illustres de la Renaissance qu'a publiées M. Figuier.
J'ai rencontré dans les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris des renseignements restés inédits jusqu'à ce jour sur l'admission d'Ambroise Paré au grade de barbier, sur son procès avec les médecins de l'époque, et sur son projetde subordination des chirurgiens.
Le III^ volume manuscrit de THistoire de la chirurgie, par Peyrilhe, que possède la bibliothèque de l'Académie de médecine, renferme des détails très circonstanciés et jusqu'ici inconnus sur sa réception à la maîtrise ; je les ai scrupuleusement reproduits.
J'ai emprunté à la Bibliothèque nationale diverses pièces intéressantes parmi lesquelles il faut citer surtout un mémoire justificatif paru en 1576 à l'occasion du procès avec la Faculté, et qui m'a permis de fixer définitivement la religion à laquelle appartenait notre chirurgien. J'ai cru devoir publier cette curieuse plaquette dont il ne semble exister qu'un seul exemplaire.
Mais c'est surtout dans le riche dépôt des Archives nationales que j'ai découvert les documents les plus nombreux concernant les deux mariages, les filles, les gendres, le neveu et la nièce d'Ambroise Paré.
En outre, dans les archives du château de Paley figurent des pièces originales d'une importance capitale pour cette étude, et un volume manuscrit contenant l'histoire détaillée des descendants de Catherine Paré et de Claude Hédelin. son mari. J'ai eu également la bonne fortune de découvrir dans ce château le seul autographe d'Ambroise Paré que l'on connaisse, et son portrait authentique, — unique également, — peint peu après son second mariage. L'un et l'autre sont reproduits dans ce travail. Je saisis avec empressement cette occasion d'ex-