‹ Ambroise Pare d'apres de nouveaux documents decouverts aux Archives nationales et des papiers de familleChapitre 3 sur 54 · IIO A M DR OISE PARE · texte numérisé non relu

IIO A M DR OISE PARE

du duc d'Angoulême (i), Paré conserva, au moins jusqu'à la mort de ce prince, les fonctions de premier chirurgien. On en trouve la preuve dans un état de la maison du Roi pour l'année 1589, transcrit dans le manuscrit de Jérôme de La Noue (2) que possède la bibliothèque de l'École de médecine. Nous le donnons ici à cause de la division du service par quartiers, indiquée par de La Noue qui en faisait lui-même partie, et parceque Malgaigne l'a inexactement reproduit (3) :

(1) On y lit que Portail était premier chirurgien de Henri III. — Collection Michaud et Poujoulat, t. XI, p. 65.

(2) Fils de Mathurin de la Noue chirurgien de Henri II, lequel mourut le 4 septembre i555, suivant une note de son fils, Jérôme étudia la médecine et la chirurgie, devint chirurgien de Catherine de Médicis et des rois Charles IX, Henri III et Henri IV, et juré du Châtelet, et fut doyen du collège de chirurgie. Il a laissé un manuscrit rempli de renseignements précieux pour l'histoire de son art, et qui appartient à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris. Le 4 décembre 1604, il figure comme curateur de son beau-frère, Jean Le Grand, pour lequel il accepte un transport de biens situés à Ba lly. — (Arch. Nat. Y. 143, foi. 383, vo.) En 1607, il possédait, du chef de sa femme, une maison située rue des Gravilliers, à l'enseigne du Plat de bois ; il habitait, rue St-Germain l'Auxerrois, une autre maison appartenant également à sa femme, Anne Le Grand, fille de Jean Le Grand, procureur au Châtelet, et de Marie Le Boullangier, dont il eut plusieurs enfants. L'aîné, Jean, chirurgien juré du Roi au Châtelet, fut doyen du collège de chirurgie, et mourut le 3 juin i652. Il avait épousé Marthe de Villiers, et le 24 mai 1619, ils se firent une donation mutuelle de tous leurs biens. (Arch. Nat. Y. 160, fol. 194.) Jérôme, son autre fils, embrassa l'état ecclésiastique. Après avoir reçu l'habit des mains du R. P. Ange Massin, à l'ermitage de Saint-Ange, près de Viterbe, il revnt en France l'année suivante, et se retira dans l'ermitage du Mont-Valérien où il fut enfermé sous le nom de frère Séraphin, par l'archevêque de Paris et l'abbé de Saint-Denis, afin d'y finir ses jours. Il y vécut des aumônes de la reine Marguerite de Vallois. Néanmoins, il quitta cette retraite et alla se fixer dans l'ermitage de la fontaine Saint-Fleue, près d'Argenteuil. Le 12 juin 1620, son père et sa mère lui const tuèrent une rente de i5o livres, « pour lui donner moyen de vivre et de soy entretenir honnestement. » (.Arch. Nat. Y. 164. fol. 149.) Jérôme de la Noue, chirurgien, mourut le 17 février 1628 ; son fils Jean, hérita de ses places.

(3) Paré, I. Introduction, p, ccxciii,

AMDR0I3E PARE II7

Extrait de V Estât général de ta Maison du feu Roy, expédié pour Vannée mil cinq cent quatrevingt-neuf {i) :

Premier chirurgien :

M® Ambroise Paré, 266 écus, deux tiers (2).

Chirurgiens ordinaires :

W Pierre Pigray, 333 écus, un tiers (3). M® Anthoine Portail, 333 écus, un tiers.

Autres chirurgiens servans par quartier : Janvier, février et mars.

M® Jacques Guillemeau, 100 écus (4).

M® Ysaac Brunet, 100 écus.

Avril, mai et juin.

M® Jehan Lavernot, 100 écus.

M® Jacques d'Amboyse, 100 écus.

Juillet, août et septembre.

M® Ysmaël Lambert, 100 écus.

M^Hierosme de La Noue, 100 écus.

Octobre, novembre et décembre.

M® Charles Bachelier, 100 écus.

M^ Michel Vaudelon, 100 écus (5).

(i) Et non i587, ainsi que l'a lu Malgaigne.

(2) Malgaigne a lu 666 livres 12 sols.

(3) Malgaigne a lu 333 livres 6 sols.

(4) Malgaigne a lu 100 livres.

(5) Mss. de J. de La Noue, fol. 129, V.

Il8 AJVÏBROISE PARÉ

Malgré les années, Ambroise Paré n'avait rien perdu de son énergie. Resté à Paris pendant le long siège dont il subit toutes les horreurs, il rencontra, vers le 20 octobre, au bout du pont Saint-Michel, l'archevêque de Lyon (i), et l'adjura, dans un langage aussi ferme qu'élevé, de s'employer activement à la conclusion de la paix. Il n'eut pas la consolation de voir son vœu exaucé ; deux mois après, il succombait. « Le jeudi, 20 de décembre 1590, veille de la Saint-Thomas, mourut en sa maison maistre Ambroise Paré, chirurgien du Roy, âgé de quatrevingts ans, homme docte et des premiers de son art (2) .»

Cette date est restée longtemps méconnue. Devaux, qui, dans la première édition de VIndex ftineretis, l'avait fixée au 23 avril 1592, la rétablit dans la seconde, terminée en 1729, au 20 décembre 1590, en renvoyant au registre A, fol. i, du Collège de chirurgie. En 1771, Goulin (3) déclare avoir lu dans les registres de la paroisse de Saint-André, la date du 22 décembre comme étant celle de son inhumation. Enfin, Jal rapporte en ces termes la mention qu'il a relevée à la même source : « En ce mesme jour de sabmedi, 22^ de décembre 1590, a esté en-

(i) Pierre d'Espinac, archevêque de Lyon vers la fin du xvi^ siècle, fils de Pierre d'Espinac, lieutenant du Roi en Bourgogne et en Lyonnais, et de Guicharde d'AIbon, fut comte, doyen de l'église de Lyon, puis archevêque en 1574, après Antoine d'AIbon, son oncle. Il voulait être cardinal; n'ayant pu y parvenir, il se jeta dans le parti de Guise. Arrêté avec le cardinal de Lorraine, son neveu Edmond de Malain obtint sa grâce. Il resta malgré tout ami de Mayenne, et mourut le g janvier iSgg.

{2) Journal de VEstoile, édition Champollion, t. V, p. 65.

(3) Lettre à M. Frcron. — Amsterdam, 1971, p. 77.

AMr.ROISE PARÉ I IÇ

terré dans l'église Saint-André-des-Arcs à Paris, au bas de la nef, proche le cloché {sic), M^ Ambroise Paré, premier chirurgien du Roy ». Malgré la volonté qu'il avait manifestée, on lui fit des funérailles dignes de lui, ainsi que le témoignent des reçus qui sont entre les mains de M. Bégin. Le passage de l'Estoile que nous venons de citer, indique clairement l'époque de la naissance et la date de la mort du grand chirurgien, dont on lisait encore l'épitaphe à la fm du siècle dernier dans le lieu de sa sépulture (i).

Sa succession comprenait des créances d'un recouvrement difficile. Le 13 juin 1595 , François Choisnin (2), chanoine de Notre-Dame de Paris , reconnut par devant notaire qu'il devait à la veuve d' Ambroise Paré trente-trois écus un tiers, formant la moitié d'une somme double dont il était, conjointement avec son frère, maître Gilles Choisnin, débiteur envers François Rousselet, et que celui-ci avait transportée à Ambroise Paré. Comme garantie, Choisnin remit deux chapes avec leur hermine, garnies, l'une de parements de velours rouge, et l'autre de parements de velours brun, plus un manteau de serge de Florence, le tout à demi usé, s'engageant à s'acquitter avant la mi-août.

Le 8 novembre suivant, Jacqueline ayant été désintéressée, remit à François Rousselet l'obligation

(li Peyrilhe. Ilisl. de la chirurgie, t. III, mss.

(2) François Choisnin fut reçu chanoine de Notre-Dame de Paris, le 9 janvier iSc/, au lieu et place de Guillaume Manuel, à la suite d'un échange de l'abbaye de Saint-Ruf, de Valence, dont était pourvu ledit Choisnin, contre la prébende de Manuel. (Archives Nationales, LL, 2:39, f» 39).

de soixante-six écus, six sols, dix deniers tournois, souscrite au profit de ce dernier et d'Ambroise Paré, ainsi que la procédure suivie contre les deux débiteurs. Jacqueline Paré habitait alors la maison de la Vache (i).

On voit dans les registres censiers de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés que, outre celles de la rue de THirondelle, Paré laissait à ses filles deux maisons situées rue Garancière, Tout à côté, François Rousselet en possédait une, estimée 533 écus i tiers. Nous donnons quelques extraits de ces registres relatifs à ces maisons et à celles des voisins de Paré dont le nom se trouve dans ce travail, de façon à établir la situation exacte de ces propriétés (2).

Des neuf enfants qu'il avait eus de ses deux femmes, Paré ne laissait que trois filles, dont deux étaient fort jeunes encore ; la troisième était mariée : il avait eu la douleur de ne pouvoir élever aucun héritier de son nom.

Anne, l'aînée de ces deux dernières, fut « fiancée le jeudi quatrième jour de juillet 1596, avec Henri Simon, conseiller du Roy et trésorier principal de l'extraordinaire des guerres en Bourbonnois et en Nivernois, demeurant en la paroisse Saint-Etiennedu-Mont », et, le 8 du même mois, eurent lieu les épousailles (3).

Trois ans après, la naissance d'un enfant mit ses jours en danger. «L'an 1599, Madamoiselle Simon, à

(i) Pièces justificatives, N"' XLI et XLII.

(2) Pièces justificatives, N" XL.

(3) Jal.

présent vivante, fille de Monsieur Paré, conseiller et premier chirurgien du Roy, estant preste d'accoucher, fut surprise d'un grand flux de sang, ayant près d'elle Madame La Charonne, pour sage-femme, estant pareillement assistée de M. Hautin, médecin ordinaire du Roy et docteur en médecine à Paris, et M. Rigault, aussi médecin à Paris, à raison des grandes sincopes {sic) qui lui prenaient de quart d'heure en quart d'heure, pour la perte de sang qu'elle faisait : Monsieur Marchant, mon gendre, et moy, fusmes mandez : mais la considérant presque sanspoulx, ayant la voix foible,les lesvres blesmes, je fis prognostic à la mère et à son mary, qu'elle estait en grand danger de sa vie, et qu'il n'y avait qu'un seul moyen pour la sauver de ce mal, qui estait de la deslivrer promptement : ce que j'avais vu faire à feu M. Paré, son père, me l'ayant faict faire à une damoiselle de Madame de Seneterre. Lors ladicte mère et mary nous conjurèrent de la secourir, et qu'ils la mettoient entre nos mains pour en disposer : ainsi promptement, suivant l'advis de Messieurs les Médecins, fut heureusement accouchée d'un enfant plein de vie (i) ». Pourtant, cet enfant ne vécut pas, car, le i8 juillet 1616, Henri Simon et Anne Paré, sa femme, « n'ayant à présent aucuns enfans », se firent, par devant Jean Chapelain l'aîné et Claude Le Vasseur, notaires garde-notes du Roi en son Châtelet de Paris, donation mutuelle et réciproque de l'usufruit de tous les biens meubles et

(\) ]. Guillemcau, L'/ieureux accouchement des femmes. Paris 1606 chap/xill.

immeubles qu'ils posséderaient au moment de leur mort (i).

« Le lundy, 26® jour du mois de juing, an mil six cent, décéda, rue de l'Yrondelle, Jacqueline Rouselet (sic), vefue de deffunct M= Ambroise Paré, le corps de laquelle fust inhumé le iour suivant, en l'église Saint- André-des-Arcs (2) ».

Sa dernière fille, Catherine, épousa en la même église, le 29 septembre 1603, Claude Hédelin, conseiller en la chambre du trésor, demeurant sur le territoire paroissial de Saint-Germain-le-Vieil (3), dans la Cité (4). Celui-ci, issu d'une famille noble originaire de Souabe, avait exercé la profession d'avocat ; Antoine Loisel en parle dans son Dialogue des avocats. Très lettré, il cultiva la poésie latine et française et traduisit les Héroïdes d'Ovide. On trouve de ses vers dans les Muses françaises ; Je Royaume de la fève obtint un grand succès. Fixé à Nemours (5) vers 1610, il fut pourvu en 1614 de la charge de lieutenant-général du bailliage. Fils de Jacques Hédelin, escuyer, et de Madeleine Bouvot, il était sieur de Chauffour, Montatelon et Bois-Regné. Ses armes étaient : d'azur, au chevron d'or, au rossignol de même en pointe, cimier, et deux lions en

(i) Pièces justificatives, N" XLIV.

(3) Jal.

(3) Cette église, située rue du Marché-Neuf, avait remplacé une ancienne chapelle de Saint-Jean-Baptiste existant dès le V""' siècle. Elle a été démolie vers 1802.

(4) Jal.

(5) Chef-lieu de canton arr. de Fontainebleau (Seine et Marne). Le duché, érigé en 1404, appartint à la maison de Savoie de i5i5 à 1666 Henri III y conclut en 1585 un traité avec les ligueurs.

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supports. Il mourut le i8 avril 1638, dans sa 68"= année, et fut enterré dans la chapelle de Saint-Pierre en l'église Saint-Jean-Baptiste de Nemours (i). Catherine Paré, sa veuve, décéda le 11 novembre 1659. Les archives du château de Paley conservent une série de lettres adressées par elle à ses enfants. Nous en détachons une qu'elle écrivit à l'abbé d'Aubignac, (2) et que nous reproduisons en autographe, ainsi qu'un curieux arrangement domestique conclu avec son fils Anne , que nous donnons plus loin (3). Enfin, nous publions un compte de frais payés en 1560 pour ses obsèques (4). Claude Hédelin avait eu douze enfants :

1° L'aîné, François, né à Paris, le 4 août 1604, f^t élevé à Nemours, où il débuta au barreau. Il embrassa ensuite Tétat ecclésiastique ; le cardinal de Richelieu lui confia l'éducation du duc de Fronsac,

(i) Par acte passé le 24 décembre 1645 par devant M'^ Débonnaire notaire à Nemours, la famille Hédelin obtint pour sa sépulture la chapelle de Saint- Pierre. Madeleine Bouvot, mère de Claude, Claude Hédelin, l'abbé d'Aubignac, Anne et Françoise Amy sa femme, Louis, Catherine Paré, etc., y sont inhumés.

(2) 1643. 20 octobre. — Je recognois que mon filz fransois Hédelin, abbé d'Aubigna, m'a baillé et preste huict ving livres saises soubz, scavoir sixvingt livres saises soubz pour payer du plong qu'il m'a fallut mettre à deux goutiére en maison où je suis demeurant, et quarante livres qu'il m'a prestée pour aider aux fraictz de mes vandange en cette présante année. Laquelle somme de huict-ving livres saises soubz je Jui prometz payer à sa volonté.

Faict ce vingtiesme octobre mil six cent quarante trois.

Catherine Paré.

Au dos on lit ; A Monsieur, Monsieur l'abbé Hédelin à Paris. Et plus bas : de ma mère pour huit vingts livres seize sous.

(Archives du château de Paley).

(3) Pièces justificatives, N" XLVIIL

(4) Pièces justificatives, N» XLIX.

et lui donna l'abbaye d'Aubignac (i), au diocèse de Bourges, et celle de Meimac (2), du diocèse de Limoges. Fronsac lui constitua en outre une pension viagère de 4000 écus, dont il jouit jusqu'à sa mort. Célèbre par son esprit et son érudition, il fonda dans sa maison une société appelée V Académie de l'abbé d'Aubignac, pour laquelle il sollicita vainement le titre d'Académie royale, et dont l'existence fut de courte durée. Retiré à Nemours, auprès de son frère Anne, il y mourut le 25 juillet 1676. D'Aubignac a composé des oeuvres de théâtre et divers autres ouvrages. Ennemi de Corneille et de Ménage, il fut assez maltraité par Voltaire.

2° Anne, né à Nemours le 20 juillet 161 1, seigneur du Martroy, Chauffour, Montatelon et Bois- Regné, conseiller du Roi et lieutenant-général civil et criminel après son père. Par lettres du 9 mars 1654, il fut pourvu de l'office de lieutenant-criminel de robe courte en la ville, bailliage et duché de Nemours. Le 13 mars suivant, on procéda à une information de vie, mœurs et religion dans laquelle déposèrent :

1° Guillaume Malet, prêtre, curé de Saint-Pierred'Ormeau, en Brie, connaît Anne Hédelin dès sa plus tendre jeunesse pour être issu de bonne famille et faire profession de la religion catholique ;

(1) Abbaye de l'ordre de Citeaux, fondée en ii38, dans l'archiprêtré d'Argenton, sur le Cher, près de Saint-Benoît du Sault.

(2) Abbaye de l'ordre de Saint-Benoit, fondée vers 1080, par Archembald, vicomte de Comborn, selon Mabillon, ou vicomte de Ventadour, d'après Edmond Martenne. Elle était située sur les confins du diocèse de Limoges, vers l'Auvergne, près de Ventadour, entre la Vezère et la Dordogne.

2'' Bertrand Hérault, secrétaire de M. Ménardeau, conseiller en la Cour, a connu le père d'Anne Hédelin, qui exerçait la charge de lieutenant-général à Nemours ;

3° Martin Guilbert, bourgeois de Paris ;

4° Jean Guillon, marchand à Nemours ;

5° Claude Desnotz, avocat en Parlement, dépose avoir connu ledit Hédelin dans l'exercice de sa charge de lieutenant-général, remplissant dignement ses fonctions et pratiquant la religion catholique.

Anne Hédelin fut reçu le lendemain (i).

Ayant introduit dans une procédure des expressions qu'un certain Jean de Villemereux, sieur de La Mothe, en Bourgogne, trouva blessantes pour son honneur, Anne fut condamné par arrêt du Parlement, en date du 25 octobre 1661, à des dommages-intérêts. Comme il ne les payait pas, on lui saisit deux chevaux estimés cinq cents francs, dont François Paulmier, marchand à Fontainebleau, fut établi commissaire (2). Il épousa, le 13 février 1643, Françoise Amy, fille d'Ambroise Amy, procureur en la Cour, et de Marie Arnoulet. Devenu veuf, en mars 1654, Anne mourut le 13 février 1692.

Louis, leur fils, écuyer, sieur de Chauffour, Montatelon, Bois-Regné, du Martroy, Lallier, lieutenantgénéral de Nemours, naquit le 19 mars 1646, épousa, par contrat du 16 octobre 1668, damoiselle Jeanne- Marie AUegrain, fille de François, écuyer, seigneur de Dian, conseiller d'Etat du Roi et son lieutenant-

(i) Archives Nationales, Z. 3704, f''445 et Z ic, 14. (2) Pièces justificatives, N^L.

général à Melun, et de damoiselle Marie Chariot. Il mourut à Nemours, le 21 janvier 1706, et sa femme décéda le 24 février 1691. Ils eurent dix-huit enfants, parmi lesquels :

François, né le 20 février 1673, lieutenant-général à Nemours, posséda toutes les charges de son père, et mourut le 2 octobre 1742. Il épousa, le 24 octobre 1703, damoiselle Catherine Guyot, décédée le 4 mars 1715, laissant trois filles, dont la dernière, Catherine-Auguste , née le 19 septembre 1714 , épousa, le 10 janvier 1735, Louis-Marie Le Petit, fils de Jacques Georges, secrétaire du Roi, et de Marie Elisabeth Maréchal, lequel mourut en 1750;

3° Jacques, écuyer, sieur de Montatelon, né le 8 avril 1614, commandant en chef de Belle-Isle, épousa Marguerite de Romillé, le 12 mars 1654. Il mourut le 17 janvier 1667, à St-Michel-le-Chef, en Bretagne, laissant trois enfants. L'un d'eux, Henri, écuyer, sieur de Montatelon et de la Souchaye, né le 19 août 1657, commanda un bataillon du régiment de Saulx. Il épousa, en juin 1695, damoiselle Françoise de Cazalis, décédée à Nantes le 25 avril 1739. Il mourut le 4 mars 1704, ne laissant pas d'enfants;

4° Claude, écuyer, sieur de Saint-Père, lieutenant au régiment d'Alsace, fut tué à la bataille de Coblentz ;

5° Henri, écuyer, sieur de Bois-Regné, capitaine au régiment d'Alsace, commandait le régiment de Senantes, lorsqu'il mourut de deux coups de feu, au siège de Carrue, en Italie, l'an 1640;

6° Michelle, épousa en premières noces, le 3 mars

163 1, Claude des Barres, écuyer, sieur de Saint- Martin de Brechainville, gentilhomme du diocèse de Langres, et en secondes noces, Louis Chapotin, sieur de Darnault, écuyer, bailli de Nemours, qui mourut le 4 octobre 1657. Michelle décéda en 1659 ;

7° Madeleine, née le 12 avril 1613, morte religieuse Feuillantine à Paris ;

8° Marie, née le 31 janvier 1616, épousa, le 5 novembre 1645, Pierre Marchant, avocat en Parlement. Elle mourut en couches ;

9° Geneviève, née le 15 octobre 1617, religieuse de la congrégation de Notre-Dame de Nemours (i);

10'^ Louise, née le 30 janvier 1619, religieuse à Nemours ;

11° Catherine, morte fille le 23 février 1673 ;

12° Jeanne, née le 23 juillet 1625, épousa Jacques Langlois, commissaire des guerres, le 12 janvier 1648, mourut le 24 mars 1699, et fut inhumée en l'église Saint-Etienne-du-Mont (2).

Le nom d'Hédelin s'est éteint à Nemours, il y a quelques années seulement ; mais cette famille compte encore des représentants. Parmi eux, nous citerons d'abord Madame la marquise Thury Le Charron, dont le mari, feu M. le marquis Le Charron, descendait de Louis Marie Le Petit, dernier

(i) Le 12 Mars i655, Anne Hédelin paie aux religieuses de la congrégation de Notre-Dame de Nemours la somme de "50 livres pour la pension viagère que Catherine Paré sa mère s'était obligée à leur payer annuellement pour la réception de Geneviève Hédelin. relgieuse professe audit couvent, par acte passé le S octobre 1642. — Archives du château de Paley.

2) Archives du château de Paley. Histoire manuscrite de la famille Hédelin.

lieutenant général de Nemours, et de Catherine Auguste Hédelin, arrière petite-fiUe de Catherine Paré et d'Anne Hédelin. Nommons aussi M. Charles Pauly, de Chaintreauville, que nous prions de recevoir nos remerciements pour les renseignements qu'il a bien voulu nous donner.

Catherine Paré, veuve de François Rousselet, décéda le 21 septembre 16 16, environ une heure après midi, en sa maison de la rue de l'Arondelle (i), portant l'enseigne de la Vache.

Anne Paré, femme de Henri Simon, avait trouvé dans sa marraine, Anne d'Esté, une protectrice pour son mari, qui devint conseiller du Roi et receveur général des finances à Paris. Elle fit également la fortune de son beau-frère, Claude Hédelin, lequel, comme on l'a vu, obtint la charge de lieutenantgénéral au bailliage de Nemours. Son affection pour sa sœur ne s'en tint pas là. Par acte passé à Paris, le 14 avril 1617, Henri Simon, receveur général des finances, et damoiselle Anne Paré, sa femme, demeurant rue des Prouvaires, paroisse Saint-Eustache, donnèrent à Catherine Paré, sœur de ladite Anne, et femme de Claude Hédelin, une maison, pressoir, terres, vignes, bois, saussaie, rentes foncières et constituées, le tout dépendant de ladite maison, assis au village de La-Ville-du-Bois, près Montlhéry, et provenant, tant du propre de ladite demoiselle Anne que de l'échange fait avec les époux Hédelin, le II février 16 10, et d'autres acquisitions faites dans le pays. Une moitié de ces biens avait appar- (I) Jai.

l3o AMBROISE PARÉ

tenu à Catherine, comme héritière d'Ambroise Paré, son père ; toutefois, les donateurs se réservaient l'usufruit de cette donation qui devait se trouver révoquée s'ils laissaient des enfants.

Cette donation fut ratifiée le 25 avril 161 7, par devant Pierre Marchant, garde du scel royal aux contrats de la prévôté et châtellenie de Nemours (i).

Ici se terminent les renseignements que nous avons pu recueillir sur la famille d'Ambroise Paré. Divers personnages ont porté ce nom illustre. Outre Jean, le père d'Etiennette, Jal a rencontré dans les registres de Saint-André-des-Arts un certain Maurice Paré, avocat en la ville de Foix, mort le 5 février 1631, à la suite de coups d'épée, chez Arnoux, maître chirurgien, rue Dauphine, à Paris. Le 7 décembre 1671, Ambroise Paré, officier des Invalides, eut de sa femme Jeanne Chauvin, un fils appelé Ambroise, et, le 4 mars 1674, un autre fils nommé Antoine. Nous-même avons découvert un Charles Paré, procureur de Jacques Hurault, seigneur de la Boissière, pour lequel il toucha des rentes de 1630 à 1652 (2). Faut-il voir ici quelque descendant de Bertrand dont on perd la trace après la donation que lui fit son oncle en 1549 ? Cela ne semble pas probable ; peut-être s'agit-il plutôt de parents du père d'Etiennette.

Il n'est peut-être pas inutile de donner ici quel-

(i) Pièces justificatives, N»^ XLV et XLYI.

(2) BiWiothèque Nationale. Pièces originales, vo'. 219.5.

AMBROISE PARE ÎÔÎ

ques indications bibliographiques qui n'ont point encore été signalées.

On trouve à la fin de la deuxième édition des Œuvres complètes, 1579, un album de 78 planches, représentant des figures d'anatomie, des instruments de chirurgie et des monstres. Ces iQgures ont été réparties dans le corps des éditions suivantes.

La onzième édition contient 854 pages et non 846 pages, comme le dit Malgaigne, trompé par une faute de pagination aux deux dernières, marquées à tort 845 et 84b.

La septième édition parut d'abord chez Barthélémy Macé, au Mont-Saint-Hilaire, à l'Escu de Bretaigne, à Paris, 1614 ; mais, soit par suite de la mort de cet éditeur, soit à cause de quelques difficultés survenues entre lui et les héritiers de Paré, ceux-ci s'adressèrent à Nicolas Buon, rue Saint- Jacques, à l'enseigne de Saint-Claude et de l'Homme- Sauvage, qui substitua simplement son nom et conserva la même date, sans faire le moindre changement au reste de l'ouvrage. Ces deux éditions se trouvent à la Bibliothèque nationale.

11 en est de même pour la dixième édition qui parut en 1641 à Lyon, chez Claude Prost, rue Mercière, à l'Occasion, et, la même année, chez Philippe Borde, rue Mercière, à l'enseigne du Temps, à Lyon, in-folio.

L'éloge d'Ambroise Paré a été trop souvent et trop bien fait pour que nous veuillons l'entre-

AMBROISE PARî:

prendre. Il fut un grand chirurgien, doué, jusqu'à certain point, de génie. Dépourvu d'instruction première, il y suppléa par un travail persévérant et une volonté énergique. Cette ignorance même le servit; son esprit, dégagé des anciennes théories, sut, par les seules forces de l'observation et de l'expérience , s'élever jusqu'aux découvertes de premier ordre, et asseoir sur ces bases solides les fondements de la chirurgie moderne. Sorti du rang social le plus modeste, il arriva à la première position de sa profession. La conscience de sa valeur n'allait point chez lui sans un grain de vanité ; aussi eut-il des ennemis jaloux de sa haute situation. Ses amitiés , d'abord modestes, s'augmentèrent des relations brillantes qu'il avait formées à la Cour, et parmi lesquelles il sut trouver pour sa famille de puissants protecteurs. Il eut aussi des rapports avec des savants et des poètes ; Ronsard lui adressa un sonnet et un quatrain qui figurent en tête de ses œuvres. Mais celui qu'il semble préférer est Du Bartas dont il cite de nombreux passages. Bien accueilli des grands auxquels il prodiguait ses soins, pourvu d'une riche clientèle, il amassa une belle fortune, qui lui permit de secourir plus d'un malheureux. Amoureux de la science, il saisissait avidement toutes les occasions de s'instruire ; parfois même il se montra peu scrupuleux sur les moyens de se procurer quelque nouveau remède. Bon patriote et dévoué au Roi, on le vit refuser de servir l'ennemi, même au péril de sa vie, ou, faisant violence à ses sentiments généreux, faire tirer le

canon sur des ennemis désarmés, tenter sur des serviteurs des expériences mortelles, comme celle du bézoard, ou des remèdes barbares, tel que le cautère de velours, ne se préoccupant que du but utile et de l'intérêt général.

Ambroise Paré avait une taille moyenne ; sa physionomie était sérieuse. Sa constitution robuste lui permettait d'affronter les fatigues de la guerre et de traverser la France à cheval pour se rendre aux armées qu'il suivit pendant de longues années : jusqu'à la fin de sa vie, il paraît avoir conservé une santé vigoureuse.

Les traits d' Ambroise Paré ont été reproduits par les artistes contemporains. Malgré d'activés recherches, nous n'avons pu découvrir de lui qu'un seul portrait peint ; il appartient à Madame la marquise Le Charron, et se trouve au château de Paley. Ce portrait, en buste, mesure 60 cent, de haut sur 46 cent, de large; la tête a 25 cent, de hauteur. Le personnage, posé de trois quarts et tourné à droite, est représenté tête nue, revêtu d'un pourpoint de velours noir, garni de huit boutons sur la poitrine et de quatre sur l'épaule droite. Le haut du crâne est recouvert de cheveux gris, rares et courts ; la barbe, primitivement châtaine, est entière, peu fournie, avec moustaches, mouche et barbiche ; les yeux sont vifs, de couleur jaune brun; le nez est un peu gros, arrondi du bout ; le cou est entouré d'une collerette à petits plis bordés d'une dentelle et montant très haut. A gauche et au-dessus

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de l'épaule droite, on Ht la date isys en chiffres du temps. Au bas du tableau, on a ajouté, au siècle dernier, l'inscription suivante : '< Ambroise Paré, premier chirurgien du Roy ». Cette peinture appartient à récole française; elle est dans le genre de Corneille et de Du Monstier.

Ce portrait original présente de nombreux caractères d'authenticité. Outre son aspect général et sa date certaine, il offre avec les médaillons gravés à cette époque , et dont nous parlerons toutà-l'heure, et avec la gravure de Delaulne, une très grande ressemblance. De plus, sa présence très anciennement constatée dans la famille est une garantie de sa provenance que nous n'hésitons pas à faire remonter jusqu'à Paré lui-même, qui se fit peindre ainsi peu de temps après son second mariage.

La Faculté de médecine de Paris possède un très beau portrait sur lequel on lit : « Ambroise Paré, An. Dni 1570, œtatis 56 ». Le personnage qu'il représente n'est très certainement pas celui qu'indique cette légende ajoutée après coup.

Quelques galeries possèdent de prétendus portraits de l'illustre chirurgien, qui s'appliquent à de tout autres individus; Citons seulement celui qui se trouve au château d'Azay-le-Rideau, portant l'inscription moderne : « Ambroise Paré, né en 1517, chirurgien du Roy Henri III », et un magnifique portrait, appartenant à Madame Nélaton, qui figura, en 1878, à l'exposition rétrospective du Trocadéro. Il est attribué à Pieter Porbus, et représente un inconnu.

Les portraits gravés sont plus nombreux ; ils proviennent, en général, des ouvrages de Paré. Les quatre premiers, en forme de médaillon, ont paru dans des traités publiés séparément.

I. Le premier figure en tête de Y Anatomie universelle, 1561. Il est assez fm, sur cuivre, dans un ovale autour duquel on lit: Labor improbus omnia vincit. Au bas est écrit : A. P. An. M\. 45. R., sans date. Paré est représenté jeune, en buste, la tête nue, de profil, tournée à droite ; 4 boutons sur la poitrine , 2 au collet déboutonné ; la manche droite ornée ; les cheveux fournis, courts, barbe entière et courte ; petite collerette.

IL Le deuxième, appartenant à la Méthode curative des playes et fractures de la teste humaine, \^<oi (n. st.), sur cuivre, est dans un médaillon semblable et porte : A. P. An. ^t. 45, sans date ni signature. Il présente de légères différences avec le précédent : 5 boutons au pourpoint ; des tailles verticales ombrent le côté gauche du front ; quelques poils recourbés dépassent l'extrémité de la barbe du menton.

III. Le troisième, qui orne les Dix livres de chirurgie, 15^4' sur cuivre, est le même que le premier, si ce n'est qu'on y lit : A. P. An. Mi. 48. R.

IV. Enfin, dans les Deux livres de chirurgie, 1573, existe un quatrième médaillon, également sur cuivre, pareil au précédent, sauf quelques modifications dans les hachures et dans la barbe. 3 boutons au pourpoint. Il porte : A. P. An. M\. 55, sans date ni signature. Il est reproduit ci-contre.

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En somme, ces quatre jolis médaillonsne sont que des états peu différents du même portrait.

Les portraits carrés sont également rares.

I. La première édition des Œuvres complètes, 1575, en contientun sur cuivre: Paré, âgé, en buste, de profil, tourné à droite, collerette à gros godrons; 4 boutons au pourpoint, robe à raies verticales, la main gauche ouverte sur la poitrine, sans indication d'âge, de date, ni signature.

Ce portrait est reproduit dans la deuxième édition, 1579, avec la mention : JEi. suae 65, sans date ni signature.

II. Portrait sur cuivre; à mi-corps, de trois quarts, tête de face ; 7 gros boutons au pourpoint, 5 sur l'épaule droite, manteau jeté sur la gauche. Tête chauve. AN. ^TATIS 68, 1581. Au bas, le monogramme LG. (Léonard Gaultier). Très mauvais portrait , non ressemblant.

III. Au commencement du Discours de la Mumie, 1582, est un superbe portrait sur cuivre, en demicorps, de trois quarts, tourné à droite , 5 boutons au pourpoint, 5 sur l'épaule droite, ceinture, manteau jeté sur l'épaule gauche. En haut, à gauche, on lit^ dans une tablette : ANNO ^ETATIS 72, 1582, et au-dessous, S. F. (Stephanus Delaulne Fecit). C'est le plus beau et le plus ressemblant de tous les portraits gravés de Paré; pour l'exécuter, l'artiste s'est évidemment servi du tableau que nous avons décrit plus haut.

Il en existe deux autres états. Le premier, outre

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l'inscription que nous venons d'indiquer, porte sur le ciel, à droite, /. R.

Le troisième état, retouché, porte en haut , à droite, le distique suivant :

« Hiimanam Ambrosii vere hœc piciura PARJËI Effigiem, scd Opus continet v.'jfjù^j'jiy.'j.. »

Et au dessous :

« Hic fuit Consiliarius et chir. Primar. 4 Reffum GalJiœ ».

IV. La cinquième édition, 1598, contient un portrait sur cuivre, à mi-corps, de trois-quarts, tourné à droite : Paré, âgé, barbe blanche, en pointe, cheveux rares et courts ; collerette à gros godrons, 7 boutons au pourpoint, 5 sur l'épaule droite ; ceinture, pan de manteau non rayé sur l'épaule gauche. Dans un petit cartouche placé en haut, à gauche, on lit : ANNO vïTATIS 75, 1585, A. VAL- LÉE F. Ce portrait, assez joli, n'est qu'une pâle copie de celui de Delaulne.

V. La sixième édition, 1007, renferme un portrait sur cuivre, également copié sur celui de Delaulne. Dans la tablette du coin supérieur gauche, on lit : ANNO ^TATIS 75, 1584, et au dessous : GlULLIS HORBECK.

VI. Il existe un beau portrait anonyme, sur cuivre, figure de trois-quarts, 7 boutons au pourpoint, 4 sur l'épaule droite. ANNO ^TATIS 75, 1585, avec le distique et trois croix entre les mots du premier vers. Copié de Delaulne.

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