HISTORIQUE
Nous avons dit, au début, que c'était un curetage trop appuyé, qui était parfois responsable de ces sténoses cicatricielles de l’isthme, dont la traduction cli- “nique est une aménorrhée; mais cette étiologie de certaines sténoses de l’isthme, n’est pas connue depuis si longtemps.
Ce sont MAUCLAIR et BURNIER, qui, en 1909, dans les Annales de Chirurgie, ont publié les premières observations de sténoces cicatricielles du col après curetage.
Jusque là, on ne connaissait guère que celles survenant à la suite d’applications trop prolongées de caustiques chimiques, tels le Filhos ou de thermocautère, dans un but thérapeutique.
Ces observations originales de MAUCLAIR, signalaient plusieurs cas, où la sténose du col avait été suivie d'aménorrhée.
Quelques années plus tard, en 1913, la thèse d'AHAMSON de Munich, consacrée aux sténoses cicatricielles de l'utérus relate sept HÉCAEQULE où elles étaient.-dues à un curetage.
On trouve également dans le Zentralblatt für Gynaeccologie, depuis 1926, les cas de WOLFF, LOEBEL, VON TANGEREN, MÜLLER, FENCHTWANGER.
En U. R. S.S., où les avortements provoqués étaient érigés en institution d'état, de nombreuses observations de sténoses, ont pu être observées, dues à des curetages.
De AA
BAN de Rostov en cite dix cas, SMIRNOFF de Léningrad deux.
En Roumanie, SAMVESCO de Bucarest signale en 1933 une aménorrhée après curetage. WoNAL dans le « Journal of Australian », HALTAU et après lui KRAUL, KAUTSKY, rapportent douze cas identiques.
En France, c'est l’observation de RICHE et Mour- QUES MoLiNEs de Montpellier 1932, où la sténose du col après curetage s’accompagnait d’une dysménorrhée.
C’est l'observation de GUILLEMIN et BREUIL en 1936 signalant une hématométrie concunitante. C’est la récente communication de LONDON à la Société Française de Gynécologie où sont rapportées des observations faites par le Docteur Claude BÉCLÈRE.
Ce sont enfin, les récentes observations qu’il nous a été possible de recueillir et que nous reproduisons à la fin de notre étude. Toutes montrent
1°) Que la sténose du col utérin après curetage est loin d’être exceptionnelle.
2°) Qu'elle s'accompagne le plus souvent d'une aménorrhée persistante.
Sans doute, comme nous l’avons vu, d’autres agents thérapeutiques peuvent aboutir à une sténose cicatricielle du col utérin, comme le montre l’observation de CAMELOT en 1926, relative à une sténose par caustique chimique, ou celle de FERRARI en 1929, mais dans ces cas, comme dans celui de SEJOURNET, où la sténose cicatricielle du col était due à une électrocoagulation trop poussée, il s’agit bien plutôt d'une dysménorrhée que d’une véritable aménorrhée.
Cette différence clinique vient sans doute, du fait que dans le curetage, la muqueuse utérine étant lésée au niveau de l’isthme, dont la lumière est normalement étroite, il pourra en résulter une coalescence cicatricielle des parois, au lieu qu'avec les caustiques chimiques, l'atteinte de la muqueuse, se cantonnant à la
ne les
portion sous-isthmique du canal cervical n’y produira finalement qu’une sténose incomplète, rendant cependant difficile le passage des règles, d’où la dysménorhée.