‹ Américains et JaponaisChapitre 31 sur 99 · Manehyoj 21 septembre · texte numérisé non relu

Manehyoj 21 septembre

2. Shinkoron, septembre 1905. Le Littoral occidental des États- Unis est en train de se japoniser, par Shinowara Yubo.

japonais et des marchands japonais augmente*, — preuve qu'ils ne sont pas près d'adopter les besoins et le régime des Blancs.

Et sitôt qu'un groupement japonais se forme, les Blancs lâchent pied et laissent le champ libre :

Dans la Vaca Valley, il y a peu d'années, les Japonais arrivèrent pour travailler dans les vergers ; quelque temps après, ils commencèrent de les louer puis de les acheter : maintenant la moitié des vergers de cette belle vallée est possédée ou louée par eux... La présence de quelques Japonais dans une communauté attire des boutiquiers, des commerçants, des banquiers, des savetiers, et des Japonais de tout emploi qui enlèvent aux boutiques des Blancs la clientèle de leurs compatriotes... Sur 900 Japonais, résidant à Vacaville, 150 sont marchands. Rien à faire pour le Blanc, le Japonais patronne ses compatriotes... Alors les Blancs vendent ou louent leurs vergers, leurs biens au meilleur prix qu'ils peuvent obtenir des Japonais et s'en vont. De même à San Francisco : qu'un groupe de Japonais loue une maison dans le quartier des résidences, aussitôt le prix des propriétés baisse, — parfois de 50 p. 100 — et Fexode des Blancs commence '.

Point d'entreprise qui ne soit touchée par la concurrence japonaise. Banquiers, imprimeurs, médecins, dentistes, restaurateurs, marchands, tous les métiers indispensables à une vie urbaine ont des représentants; les Japonais achètent, vendent, commercent entre eux»...

l^ Nombre Nombre d'auberges Nombre

de magasins japonais japonaises de restaurants

en Californie. en Californie, japonais en Californie.

d'après VOsaka Àsahi, 20 mars 1907, 2. Hayes, House of Représentatives, 23 janvier 1907. Z. Id.y ibil, 13 mars 1906. L'accroissement des Japs en cet-

Vie à part, morale à part, concluent les Américains. Le réquisitoire qu'ont dressé depuis quarante années contre la bassesse et la bestialité des Chinois, les discours et les rapports du Congrès, on le tourne maintenant contre le Japonais.

Comme le Chinois, il est accusé de manquer de pudeur. Contre la présence dans les public-schools de Japonais âgfes de plus de vingt ans à côté de petits Blancs, leurs ennemis n'ont jamais pu établir une accusation précise, mais on disait à San Francisco : a Je n ai pas entendu parler d'un scandale déterminé, toutefois la loi d'exclusion est bonne. Des Japonais adultes ne doivent pas fréquenter les écoles où vont des enfants blancs. Il n'y a pas de fumée sans feu. » Les Sundag papers ont raconté que dans les boar-

tains comtés de Californie de 1880 à 1905 indique leur promptitude à se grouper en communautés indépendantes : silencieusement, pacifiquement mais tenacement ils gagnent l'avantage du terrain, et le gardent.

Alamada 4 000 1 149 184 16

Fresno 1 200 598 12 1

Los Angeles 3 500 204 36 1

Monterey 1 000 710 1 »

Sacramento 2 000 1209 51 1

San Francisco. ... 8000 1781 590 45

San Mateo 5 000 46 9 »

Santa Clara 2 000 284 27

Santa Gruz 2 500 235 19 »

Solano 2 000 870 26 2

Enquête entreprise en 1905 par la Japanese and Korean Exclusion League, G/. Minutes du 1*' janvier 1907. En Californie, comme aux Hawaï, on remarque chez les Japonais une tendance à déserter les campagnes et les besognes agricoles pour les villes et les métiers urbains. Ils forment à Honoloulou ou à San Francisco des colonies de 10 000 individus environ, de 7 000 environ à Seattle et à Los Angeles, de 4 000 à Oakland.

ding houses japonais, hommes et femmes vivent dans une extraordinaire promiscuité. Aux Hawaï, les dévots Porto-Ricains se plaignent d'entrevoir dans les camps de travailleurs les Japs errer nus et se baigner, hommes et femmes ensemble. Les Américaines, comme les Européennes, sont violentes contre les mœurs des Jaunes : elles n'aiment pas les Japonais; les Blancs se plaisent trop au Japon pour qu'elles ne se méfient pas de la Japonaise ; un peu trop oublieuses des mœurs américaines ou européennes, elles frémissent à la fréquence des divorces au Japon, au nombre des concubines que souvent un homme marié y entretient, à l'abondance des Japonaises dans tous les ports d'Extrême-Orient. Les missionnaires anglosaxons prétendent que le Japon est tout entier gagné au matérialisme, et que la grande autorité, même pour ceux qui sont convertis au christianisme, c'est Herbert Spencer.

« Il y a des Japonais tout à fait honnêtes et moraux,* mais ils ne forment qu'une petite minorité de la nation, et très peu de gens de cette minorité viennent aux États-Unis. La Californie reçoit la population la plus pauvre et la plus basse du Japon, la classe des coolies, et ils apportent leurs manières de penser et de vivre*. »

Quelles manières I Le cœur sensible des Yankees se soulève :

Ayant visité une douzaine de maisons habitées par des Japonais, iUnspecteur du service d'hygiène a déclaré qu'ils vivaient dans une condition si complètement opposée aux conceptions américaines de propreté et de décence qu'ils

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