Tôkyô Keizai Zasshi, 20 octobre
AM^RICAIIfS ET JAPONAIS. 15
Unis, ils n'ont pas le droit que possèdent les représentants de pauvres et secondaires nations de FEurope... La naturalisation, en droit international est un privilège des peuples civilisés. Les Américains peuvent être naturalisés au Japon. Les Japonais ne peuvent être naturalisés en Amérique. Gela va contre le principe de réciprocité ^.. Les Japonais ne viennent-ils pas d*un pays où le self govemment local et le gouvernement constitutionnel ont été pratiqués depuis des années? Les Américains n*accordent-ils pas après quelques années de résidence, le droit de vote, à des paysans russes opprimés depuis longtemps par un gouvernement absolu, et qui n'ont ni connaissance ni pratique du gouvernement libre '?
Satisfaction d'amour-propre, le droit de naturalisation serait aussi pour les Japonais une arme de défense :
L'ostracisme politique et social auquel les Japonais sont condamnés en Amérique tient à ce qu'ils n'ont pas le privilège de naturalisation. S'ils l'avaient, et si trois ans après leur naturalisation ils obtenaient le droit de vote comme les Italiens, les Irlandais, les Allemands et autres peuples, le cri d'exclusion n'aurait jamais été poussé contre eux... Les Japonais sont une race éclairée; en politique, leur pouvoir peut s'affirmer trop considérable pour qu'on s'en moque. Les politiciens qui maintenant veillent aux plaisirs des Italiens, des Allemands ou des Irlandais serviraient
1. Lettre ouverte adressée au comte Hayashi, ministre des Affaires étrangères, par rHon. J. Kumpei Matsumoto, légiste, membre du Parlement, un des leaders des Seiyu-Kwai. Publiée par Daï Nippon^ revue mensuelle de Tôkyô; citée par Amer, Rev. of Heo.f march 1907.
2. R. R. Rawakami, North American RevUwt 21 juin 1907. Les dernières statistiques de rimmigration aux États-Unis (du 1" juillet au 30 Juin 1907) renforcent l'argument japonais : les Austro-Hongrois (338 452), les Italiens (285 731), les Russes (258 043), fournissent à eux seuls les deux tiers du total des émigrants.
les Japonais avec de douces paroles et ne les toucheraient pas du doigt ^
Ainsi, capitalistes, fermiers, marchands, tous les Japonais, que leurs intérêts fixent de manière permanente aux États-Unis ont besoin du bulletin de vote pour obtenir qu'on les traite justement et dignement. Et le nombre s'accroît des Japonais qui se fixent de manière permanente en Amérique. Depuis 1901, les Japonaises arrivent plus nombreuses*; beaucoup d'entre elles sont venues des Hawaï où leurs enfants en naissant ont gagné le droit à la nationalisation américaine. « Parmi les enfants des Japonais vivant en Amérique, 5 000 environ auront un jour le droit de devenir citoyens des États-Unis, comme y étant nés ' ». Il faut encourager les femmes à aller aux États-Unis.
Si Ton veut réellement que les colonies japonaises du littoral américain sur le Pacifique deviennent florissantes (et il le faut à tout prix), il est nécessaire d'encourager rémigration des femmes aux États-Unis. Le second Empire japonais ne peut être fondé uniquement par des hommes.
11 n'y a pas d'exemples que des colons aient prospéré quelque part, s'ils n*ont pas emmené avec eux des femmes. Une femme qui travaille aux Etats-Unis peut mettre de côté, au bout de trois ou quatre années, 1 000 à 1 500 dollars *.
D'après la Constitution des États-Unis, deux races peuvent prétendre à la naturalisation : la race blanche