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Un chobu vaut un peu moins d*un hectare

3. Sur tout ce qui suit, cf. Monthly consular and trade reports, Washington. N*299. August 1905, pp. 174-175.

lions : une loi récente défendait l'emploi de Chinois au fond des mines; les compagnies minières, qui protestèrent, n'eurent gain de cause qu'en dernier ressort devant le conseil privé à Londres. Dans chaque famille, presque tous les serviteurs sont Chinois : pendant la saison de la pêche du saumon, de la mi-juin à la mi-septembre, beaucoup de ces domestiques quittent leurs places pour gagner de plus hauts salaires dans les fabriques de conserves, mais on leur refuse des licences de pêcheurs et de marins.

Les Japonais, rarement domestiques, sont maîtres d'hôtels ou employés dans les hôtels, manœuvres dans les camps de bûcherons, dans les scieries de bois, sur les chantiers de chemins de fer et des travaux entrepris par les municipalités. Naturalisés sujets britanniques, s'ils le veulent, après trois années de résidence, ils peuvent obtenir des licences de pêcheurs et de marins : un tiers des pêcheurs sont des Japonais *. L'entrée étant fermée aux Chinois, ce sont les Japonais qui, dans ce pays neuf et peu peuplé, où les syndiqués blancs ont de grosses exigences, profitent du besoin qu'on a d'une main-d'œuvre jaune. Les capitalistes, qui ont des intérêts dans les mines, dans les bois ou ailleurs, pensent qu'il serait à l'avantage de la Colombie britannique que plus de travailleurs chinois et japonais fussent admis. C'est aussi l'avis des maîtres d'hôtels et des tenanciers qui se plaignent

1. « Il y a dix ans, la pèche du saumon dans la riyière Fraser (Colombie britannique) était monopolisée par les Blancs et les Chinois; aujourd'hui les Japonais s'en sont emparés. Ayant été dans la région Je me suis rendu compte que les Japonais, qui gagnaient le moins, se faisaient 300 dollars. Quelques-uns, durant la saison de pèche, gagnent 3 000 dollars. » Skinjin (féTrier 1006), art. de M. Rosaki Hirokichi reproduit dans le Shinkoron de mard 1906*

que leur personnel d'Asiatiques diminue. La construction des deux nouveaux transcontinentaux, le Grand Trunk Pacific et le Northern Canada, crée un gros appel de main-d'œuvre dans l'ouest canadien *. Le 13 juillet 1907, le T/mes annonçait que 3000 Japonais allaient être amenés au Canada pour travailler au Grand Trunk Pacific.

Dès que le gouvernement américain arrêta le passage en Californie des Japonais venant des Hawaï, c'est sur le Canada que ces îles déversèrent leur tropplein de main-d'œuvre. Les agents de l'émigration * tournèrent vers la Colombie britannique les Japonais qui étaient partis aux Hawai avec l'idée de passer à la première occasion en Californie.

Lorsque les lois interdisant Taccès des États-Unis aux travailleurs japonais seront promulguées, les travailleurs résidant aux Hawaï partiront en grand nombre au Canada. Déjà 200 d'entre eux ont voulu s'embarquer par le paquebot qui a quitté Honoloulou le 15 mars 1907. Mais les cabines

1. D'après une dépèche d^Ottawa au Times, le 6 octobre 1907, le sénateur Gox, directeur du Grand Trunk Pacific, parlant à Galgary, a dit que c*était faute d'ouvriers que la construction du chemin de fer n'allait pas plus vite. Dans les banques anglaises sont déposés 90 millions de francs qui doivent être dépensés par la Gompagnie, mais elle ne peut se procurer des travailleurs. Les ingénieurs qui s'occupent de construire la voie entre Winnipeg et Edmonton ne veulent pas entamer la section montagneuse, faute de bras. « Pour le bien-être du pays entier, la vraie politique est d'ouvrir les portes aux ouvriers de tous pays. C'est une erreur d'empêcher la main-d'œuvre d'entrer quand le pays souffre. A Vancouver on lui a dit que s'il vivait sur la côte» il ne parlerait pas ainsi, mais il envisage la question de manière plus large. U fait appel aux deux partis politiques pour retirer à cette question asiatique son caractère politique. »

2. Cf. p. 9(^100, les annonces de ces agents que publient les Journaux hawaïens.

manquant, 20 seulement purent prendre passage ^.. Le 26 juillet, une certaine émotion était provoquée dans la Colombie britannique par le débarquement de 1 200 Japonais : ragent japonais qui avait fait venir ces immigrants déclara que, parmi ses 75 000 compatriotes fixés aux Hawaï, très peu étaient contents de leur sort : comme ils ne pouvaient plus entrer aux États-Unis, ils songeaient à émigrer au Canada^. Cette émigration est organisée par Tunion japonaise des hôteliers d'Honoloulou. Chaque émigrant doit, avant de partir d'Honoloulou, payer 25 dollars, soit 125 francs, pour assurer les frais de son rapatriement au cas où son entrée au Canada serait refusée. Mais la loi sur l'immigration est appliquée avec modération, puisque sur les 1 800 immigrants débarqués le 26 juillet, 8 seulement ont été refusés ; les autres, admis au Canada, sont rentrés en possession de leur dépôt de 25 dollars. L'entrepreneur de cette émigration a déclaré qu'il amènerait autant de ces travailleurs japonais qu'on le voudrait'.

Depuis un an, à mesure que les rapports entre les États-Unis et le Japon se refroidissaient, la tradition

1. Asahi Shimbun, 29 mars 1907. Les Japonais des Hawaï ont rintention de se rendre au Canada.

2. A défaut de Tétape trop surveillée Hawaï-Ëtats-Unis, les Japonais ont cherché à pénétrer aux États-Unis par le Canada. Le rapport du commissaire de Timmigration déclare que du 5 janvier au 15 juin 1907, 1 494 Japonais furent admis aux États-Unis par la frontière américo-canadienne, sans compter naturellement tous ceux qui, à Tinsu des agents, entrent en fraude par cette immense frontière. Depuis un an, la fraude bat son plein. Un télégramme du 19 novembre 1907 envoyé de Bellingham (Washington) annonçait que 10 Japonais qui venaient de Colombie britannique avaient été faits prisonniers par Tinspecteur de l'immigration et dirigés sur Seattle pour être renvoyés dans leur pays. En outre, 14 Japonais, qui se trouvaient illégalement dans le pays avaient été capturés depuis dix jours. La frontière de Blaine à Lumas (64 kilomètres) est surveillée, et, de juin à novembre 1907, 300 Japonais avaient été empêchés d*entrer.

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