‹ Américains et JaponaisChapitre 48 sur 99 · Mizntani Buyemon, <^. laud · texte numérisé non relu

Mizntani Buyemon, <^. laud

▲MimXCAIMS KT JAPOIfAIS. 16

â4Sl AMÉRICAINS ET JAPONAIS

provinciale avait passé trois fois un acte qui élevait à 800 dollars la taxe sur chaque immigrant japonais. Mais chaque fois le gouvernement du Dominion s'y était opposé. Un journal de Vancouver tirait de ces échecs la morale suivante : « Il faut essayer d'une autre tactique et convertir le reste du Canada à Topinion de la Colombie* ». Pour convertir Test du Canada, la Colombie britannique n'a pas hésité à entraver la venue des Japonais en leur rendant la vie intenable. Un des membres de la législature provinciale, M. Macpherson, résumait ainsi l'opinion de ses électeurs :

Peu importe qui ils soient, les Asiatiques doivent être arrêtés lorsqu'ils cherchent à entrer en nombre dans ce pays. Les autorités d'Ottawa seules peuvent mettre fin à cette immigration. Le gouvernement doit reconnaître que cette moitié occidentale du Canada ne doit pas être abandonnée aux Asiatiques. Les coolies japonais doivent être placés exactement sur le même plan que les coolies chinois. Je n'hésiterai certainement pas à forcer la main au gouvernement autant qu'il me sera possible de le faire. Si nous étions en mesure d'assimiler un gran4 nombre d'Asiatiques, je n'aurais pas tant d'objections à leur établissement dans le pays, mais notre population blanche est encoi:e trop peu nombreuse pour neutraliser les Asiatiques. Le Canada doit rester un pays de Blancs^...

En Colombie britannique, sur une population totale de 200000 habitants, les Japonais sont peut*être JOOOO et ils ne cessent d'arriver. Aussi, parmi les 31ancs, la peur que leur pays ne devienne une « an-

i. Monthly comular and trade reports, n** 299. August 1905, pp. 174-175.

2. Cité dans le buUetin du Comité de VAsie française. Août 1907.

nexe dePAsie » est telle que Tantijaponisme à Vancouver est encore plus violent qu'à San Francisco*. Les Chinois so^t au moins aussi nombreux, et les Hindous forment un autre élément important delà population. Les Asiatiques, dans ce pays plus d'une fois et demie grand comme la France, représentent déjà un dixième de la population et leur immigration n'en est qu'à son début. On comprend que naisse la crainte que la Colombie britannique ne reste pas une terre de Blancs. La construction du Grand Trunk Pacific Railway va ouvrir le nord du pays à la colonisation ; les Japonais vont s'offrir par milliers comme travailleurs pour la construction de la section montagneuse. Et l'on craint qu'ils ne s'installent définitivement et qu'ils ne colonisent la région à l'exclusion des colons blancs.

1. Du 1*' janvier à novembre 1007, 7 700 Japonais débarquèrent en Colombie britannique et aussi 300 Chinois et 1000 Hindous; ces Hindous viennent du Pendjab : pour la plupart, ce sont des Sikhs que Touest du Canada attire par son bon climat et ses hauts salaires. Ils ne quittent pas l'Inde à Tinstigation de sociétés d*émigration : ceux qui ont réussi en Colombie britannique font venir leurs parents et amis, restés au pays. Mais^ & leur entrée au Canada, ils sont encore plus durement traités que les autres Asiatiques. Tandis qu'on est tenu à quelque ménagement à Tégard des Japonais, avec ces si^ets de TËmpire anglais l'impunité est entière : on fait tant de difficultés à les accepter que les compagnies de navigation se lassent de les amener. Même admis, ils n'en ont pas fini avec les épreuves : rejetés de Colombie britannique dans l'État américain de Washington, repoussés de nouveau au Canada, ils errent misérablement, parfois employés aux travaux de chemin de fer, souvent sans ouvrage. A la fin de 1007, le bruit courait parmi eux que l'ambassadeur anglais à Washington, Mr. Bryce, poussait les États-Unis à passer une loi excluant les Hindous, loi qui faciliterait leur exclusion du Canada. On devine Teffet que les récits des malheurs éprouvés par leurs firères du Canada, font sur les Sikhs du Pendjab, et quelle reconnaissance ils ont à l'Empire anglais de la sollicitude qu'il témoigne à ses sujets hindous.

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Les Japonais en effet ne redoutent pas unclimatfroid, qu'ils paraissent mieux supporter que le climat tropical de Formose ou des Philippines ; leurs pêcheurs fréquentent la mer de Bering, les côtes et les rivières sibériennes et TÂlaska.

L'attitude des immigrants japonais n'est point faite pour calmer les craintes : ils ont trop laissé voir de quelle force est leur patriotisme, et de quelle nature leurs espérances :

Chaque année, à la Chambre delà Colombie britannique, des projets antijaponais sont discutés, mais la Chambre des représentants du Canada ne se livre pas à de pareilles manifestations : parce que les Japonais sont les alliés des Anglais et qu'ils sont sortis vainqueurs de la guerre contre la Russie, ils sont bien vus des Canadiens. Une entente japono-canadienne ayant été conclue, des tendances japonophiles se sont manifestées : que les Japonais utilisent ce concours de circonstances favorables pour établir, dans un pays qui n'est pas éloigné du Japon, des villages du Shin Nihon^^ du Nouveau Japon.

Pendant la guerre russo-japonaise, le long du chemin de fer Canadian Pacific^ les Japonais arboraient leur drapeau national; les Anglais ou Canadiens, selon que leur humeur du moment était surtout antirusse ou surtout loyaliste, regardaient ces manifestations d'un œil indulgent ou soupçonneux. Aux fêtes qui marquèrent la visite du prince Fushimi à Vancouver, 4 ou 5000 Japonais prirent part avec un enthousiasme nationaliste.

L'antijaponisme n'a donc pas été complètement importé de Californie en Colombie britannique : il

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