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Toyo Keizai Shimpo, 25 mars

3. Tôkyô Keizai Zasshi, 20 octobre 1906 : L'Amérique du Sud et le Mouvement antijaponais de l'Amérique du Nord, par Tsukabara Shuso, vice-président de la Toyo Kisen Kaisha,

Quatre voyages ont déjà été entrepris par les navires de notre compagnie, mais chaque fois, à peine étaient-ils chargés de 150 ou 200 tonnes de marchandises et, comme passagers ordinaires, d*un ou deux Japonais. Organiser ce service, c'était peut-être trop se hâter. Toutefois, si, sous prétexte que le commerce n'est pas satisfaisant, on le néglige, d'autres s'en empareront; aussi notre compagnie a-t-elle devancé toutes les autres... Lorsque Ton commença de lancer ce service, la question avait été agitée si nous ne devions pas prendre nous-mêmes l'initiative d'établir le commerce. On y renonça, car la Toyo Kisen Kaisha eût fait concurrence aux négociants japonais. Mais s'ils hésitent encore, la compagnie s'y décidera... Que nos négociants fassent des sacrifices, qu'ils visitent l'Amérique du Sud et se rendent compte de ce que nous avançons : l'Amérique méridionale est une terre d'avenir pour notre commerce ^.

La prospérité de cette ligne japonaise entre TExtrême-Orient et rAmérique du Sud ne sera pas seu-

1. Tôkyô Keizai Zasshi, 3 novembre 1906 : Le Commerce avec r Amérique et la ligne de navigation vers T Amérique du Sud, par Shiraishi Motojiro. Pour transformer en service régulier sa ligne de l^Amérique du Sud, la Toyo Kisen Kaisha a commandé aux chantiers Mitsubishi à Nagasaki 3 navires de 12 000 tonnes ; le premier devait être prêt en novembre 1907, les deux autres en mai 1908. Ils devaient remplacer sur la ligne de San Francisco les trois navires actuellement en service et qui auraient été alors affectés à la ligne de l'Amérique du Sud. Mais il est question d'une fusion de la Toyo Kisen Kaisha avec !& Nippon Yusen Kaisha, Les frais d'établissement des deux compagnies sont énormes, et leur trafic ne se développe pas aussi rapidement que leur tonnage. Le Taiyo de novembre 1907 annonçait même que la Toyo Kisen Kaisha allait suspendre son service de l'Amérique du Sud. Suspension temporaire, sans doute, jusqu'au moment ou le mouvement d'émigration vers les républiques latines sera plus développé. Car à juger par le communiqué de l'entrevue entre les représentants des compagnies d'émigration et le comte Hayashi, (cf. p. 252) et aussi par le contrat passé entre le Japon et la compagnie des Chargeurs réunis (cf. p. 274) l'idée de pousser des émigrants vers l'Amérique du Sud n'est pas abandonnée.

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lement alimentée par le commerce et les émigrants japonais :

Le nombre des Chinois qui, au Pérou, exploitent les mines ou cultivent la canne à sucre dépasse 60000. A Lima, les Chinois sont employés dans de grands magasins d'épices. Les marchandises leur sont expédiées deux ou trois fois Tan par les commerçants de Hong-Kong qui nolisent alors un navire d'environ 3 000 tonnes. C'est maintenant la Toyo Kisen Kaisha qui transporte ce fret de Hoûg- Kong. Les marchands chinois trouvent un gros avantage à rétablissement de cette ligne vers TAmérique méridionale ^

Ainsi rétablissement d'un courant d'émigation et de commerce japonais vers TAmérique du Sud se présente comme une entreprise nationale : une compagnie de navigation et des compagnies d'émigration en ayant pris l'initiative sont encouragées et subventionnées par le gouvernement du Mikado qui, pour renseigner, protéger, encadrer sujets et marchandises du Japon, doit avoir là-bas des consulats et des légations. Pour cette croisade, on mobilise la nation; elle doit répondre à Tappel, verser ses capitaux au fonds de guerre; que toutes les forces vives donnent, ouvriers, agriculteurs, commerçants, qu'ils s'emploient à promouvoir outre-mer l'influence du Japon.

Et soigneusement Ton prépare cette œuvre d'opticisme, d'audace, de discipline ; il faut convaincre les masses, trouver le fret en hommes et en marchandises qui alimentera la ligne. Les richesses de l'Amérique du Sud sont complémentaires de celles du Japon : làbas d'immenses territoires, encore inexploités quoique

i. Tofo Kritai Shimpo. La Prospérité de la ligne japonaise vers rAmériqne du Sud, 15 juiUet 1006.

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très riches, faute de bras ; au Japon toutes les terres occupées, tant il y a de bras. Pour le plus grand avantage réciproque des deux pays, qu'ils échangent leurs richesses. C*est non pas en restant au Japon que le peuple a chance d'atteindre un jour les fortunes fabuleuses des magnats de l'hémisphère ouest, mais en envoyant là-bas les masses d'hommes disponibles. Et ce capital en hommes, sa vraie richesse, le Japon ne le place pas, comme les nations européennes, à fonds perdus : il garde sur lui la haute main, il en touche soigneusement les revenus — revenus centuples de ce qu'il rapporterait au Japon, — et, le moment venu, sait l'y faire rentrer.

Dans l'Amérique du Sud, faute de Blancs, les Jaunes sont les bienvenus. Sans doute, « le^gouvernement péruvien accueille favorablement les ouvriers blancs et n'aime pas trop les travailleurs jaunes. Mais les affaires de ce pays ne sont pas assez développées pour qu'on y fasse appel à la main-d'œuvre blanche ; aussi sera-t-il obligé de recourir aux émigrants d'Extrême-Orient. Si donc le ministre des Affaires étrangères et les compagnies d'émigration faisaient tous leurs efforts, ce pays pourrait devenir un second Hawaï ' ».

En ces terres de l'Amérique du Sud sur le Pacifique, reliées maintenant par un service direct avec le Japon et la Chine, il est clair que la main-d'œuvre extrême-orientale peut venir plus aisément, à moins de frais que la main-d'œuvre d'Europe. Distance et facilités de communications mises à part, il faut

1. Toyo Keizai Shimpo, La Situation présente de l'émigration au Pérou, 5 novembre 1906.

qu'un pays soit déjà très prospère, très industrialisé pour attirer des émigrants blancs, main-d'œuvre aristocratique qui, en pays tropicaux ou semi-tropicaux, ne peut se plaire ni au gros œuvre de la terre, ni au contact des races qu'elle traite en inférieures. C'est l'énergie neuve et peu gâtée des Jaunes qui convient à ces terres vierges : « Au Pérou sauf les Nègres, les Chinois et les Japonais, aucun immigrant n'a réussi.,.. Présentement, pour avoir des immigrants, il doit recourir à TExtréme-Orient, car aucun moyen direct de communication n'existe avec d'autres terres à émigrants. Les Péruviens n'aiment pas les Chinois : ils sont donc obligés de recourir à des travailleurs japonais *. »

A l'exemple des États-Unis, les Péruviens ei^ viendront-ils à fermer leur pays aux Japonais ? Cela n'est pas à redouter : « Au Pérou, comme dans la plupart des pays de l'Amérique du Sud, les gouvernements sont faibles, ils ne pourront donc jamais refuser, avec une grande énergie, d'accepter des immigrants japonais ^.. Les habitants n'ayant pas grande activité, ces lieux sont particulièrement propices aux Japonais pour y travailler ®. » Donc point de craintes à avoir et le moment est venu d'y émigrer :

Pendant longtemps ces pays ont été ébranlés par des guerres civiles qui en retardèrent le développement, mais le calme s'est rétabli. Pour avoir des travailleurs, ces pays accordent le passage gratuit sur les chemins de fer et les

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