Osaka Shimpo ^ 15 mars
a des troubles seraient à craindre. Si ce n'est pas le cas, ce nous accueillerons avec plaisir vos compatriotes. »
En ville et à la campagne les travailleurs manquent ; les salaires sont très hauts et les salariés d'humeur très indépendante. La main-d'œuvre est si rare que quiconque veut travailler fixe son prix. « Des ouvriers ordinaires sont payés 8 ou 10 pesos par jour, soit 2,40 ou 3 dollars. Le salaire courant est 5 ou 6 pesos, et les ouvriers qualifiés sont payés en proportion. Même à ces prix il est impossible d'avoir assez d'hommes^ ».
Pendant deux ou trois années au moins, la reconstruction de Valparaiso exigerait 10 000 hommes : on ne sait où les trouver. Pour nourrir les travailleurs des villes et des mines à des prix raisonnables, il faudrait une classe agricole beaucoup plus nombreuse. Où prendre ces émigrants? Dans l'Argentine voisine? Mais l'Argentine manque aussi de bras. En Europe? L'Europe est trop éloignée, et les Européens qui viennent au Chili sont plutôt commerçants, ingénieurs, mineurs qu'agriculteurs et ouvriers. Reste l'Extrôme-Orient. Au début de 1907, un homme d'affaires chilien était au Japon pour placer des nitrates, développer les relations commerciales entre les deux pays et, comme représentant du gouvernement de Santiago, encourager l'émigration japonaise vers le Chili. Le gouvernement offre 40 acres de bonne terre à chaque colon, 20 acres de plus pour chaque fils de dix-huit ans et au-dessus, une paire de bœufs, un jeu d'instruments aratoires et 15 dollars comptant par
1. Sur tout ceci, cf. un rapport du consul américain à Valparaiso dans MontMy consular and trqde reporU^ n* 310. March 1907.
mois la première aimée : « Cela doit suffire pour engager le fermier japonais à quitter sa petite ferme de moins d*un acre et à venir au Chili; au surplus le monopole de la pêche dans un pays de 3000 milles de côtes très poissonneuses et qui n*a pas de pêcheurs est un attrait pour un peuple de pêcheurs comme les Japonaise »
Un traité de commerce fut projeté entre le Japon et le Chili dès 1897 tandis que M. Hoshi était ministre du Japon à Washington. Mais la ratification en fut différée à cause de la situation politique du Chili et n*eut lieu qu*en juin 1906; les signatures furent échangées en septembre 1906 à Washington. L'article III, le plus intéressant, garantit aux sujets et citoyens des deux pays la liberté de naviguer, de débarquer avec marchandises, de résider, de louer des maisons, de commercer, bref tous les privilèges et immunités qui ont .déjà été accordés ou pourront être accordés par lun et Tautre peuple à TEurope ou aux États-Unis. Importations et exportations des deux pays ne seront pas soumisses à des droits plus élevés que les marchandises d'Europe et des États- Unis. Un article additionnel réserve à chaque peuple le privilège de la nation la plus favorisée, mais une réserve est faite : « Sont exceptés de la stipulation qui précède, toutes les faveurs, privilèges ou immunités concernant le commerce ou la navigation que le Japon a déjà accordés ou peut accorder à toute nation asiatique indépendante, aussi bien que les faveurs, privilèges et immunités que le Chili a déjà accordés ou peut accorder aux Républiques de T Amérique latine ».