‹ Américains et JaponaisChapitre 61 sur 99 · d., Ibid · texte numérisé non relu

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sut profiter de ce qu'il avait le beau rôle pour se montrer très modéré. Comme naguère lorsqu'il préparait la guerre contre la Russie, il prit à témoin le monde civilisé que toutes les bonnes raisons étaient de son côté. Les genro et l'Empereur, dont ils ne sont que les agents, montrèrent une fois de plus qu'ils étaient capables de gouverner sans l'opinion publique, — cette opinion qui, mobilisée comme la force militaire, reste toujours dans la main du gouvernement et qu'il peut déchaîner si la discussion diplomatique l'exige.

Sans pitié ni relâche, on mit le doigt sur le point faible de la Constitution américaine : « Le conflit n'est pas entre le Japon et les États-Unis, répétait-on, non pas même entre le gouvernement de Washington et l'État de Californie, mais simplement entre le pouvoir fédéral et le Board of Education de San Francisco. » C'était transformer le conflit international en un simple conflit entre Américains, rejeter sur Washington tout le poids de la question et, témoin impartial mais exigeant, presser la solution. Dès le début de l'incident, le gouvernement de Washington fut contraint d'avouer que, responsable envers le Japon, il était sans l'autorité nécessaire pour forcer le Board of Education coupable. Le président Roosevelt publia sa détresse :

Une des grandes difficultés que nous trouvons à remplir nos obligations internationales tient à ce que les statuts des États-Unis sont tout à fait inadéquats. On a négligé de donner au gouvernement national un pouvoir assez ample par le moyen des tribunaux et par l'emploi de TArmée et de la Marine pour protéger les étrangers dans les droits qui leur sont reconnus par des traités solennels.

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La question ainsi posée à leur avantage et satisfaction leur étant presque assurée, les Japonais se mirent en frais de pitié : « Il faut plaindre Timpuissanoe de cette nation à arranger le différend. Si réellement elle ne le pouvait» nous serions contraints de protéger les droits de nos nationaux par la force armée ^ » A leur tour, ils déplorèrent Fanachronisme de la Constitution américaine :

Les différents États possèdent de si nombreux droits que, lorsque se produit un mouvement anti étranger, le gou vernement fédéral, quoique le jugeant mauvais, ne peut le conjurer. Évidemment le président Rooseveit a beaucoup de sympathie pour le Japon. Il fait tous ses efforts pour aplanir les difficultés, mais on dirait qu'il est incapable d'y remédier. Le gouvernement japonais, eu égard à cette sympathie et à ces efforts, n*a qu'à attendre'... Gomme les États-Unis et le Japon entretiennent des rapports spéciaux, nous avons négligé ce qui était notre intérêt; nous n'avons pas dit les paroles que nous aurions pu dire...; au reste, diplomatiquement, cette. conduite n'est pas maladroite *•

Et Ton combla d'éloges le Président : « Quoiqu'il n'ait pas atteint cinquante-deux ans, ses actions suffisent à emplir une ou deux pages de Thistoire universelle. Son esprit est clair, magnifique et juste comme Féclat de la lune dans le ciel. Celte clarté, les nations la voient avec joie. L'habileté de son bras est pareil au sabre japonais que l'on vient d'aiguiser. Tous les diables, en Tentendant parler, cherchent à

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