Cf. les aagmentatioas projetées
mauvaise organisation monétaire, et surtout la personne du président Roosevelt ont grandement développé depuis quelques années TÉtatisme. Et ce mouvement est renforcé parle conflit japonais-américain : le prétexte en fut Tincapacitédu gouvernement fédéral de mettre à la raison une municipalité et il a eu déjà pour effet, sans que la guerre ait éclaté, d'exalter dans la nation le sentiment de son unité.
Au Japon TÉtatisme est toujours en faveur : le Mikado et les genro, les Ito, les Yamagata, les Inoué, tous les grands hommes du Mei/i, continuent de mener le pays. L'opinion populaire, à la Diète ou dans les journaux, proteste et manifeste parfois contre la personne des ministres et leurs actes de politique intérieure, mais sur la politique étrangère, telle qu'elle sort combinée des réunions du Mikado, des genro, du Conseil privé, l'unanimité de la nation est acquise.
Pourtant, malgré cette unité de direction et la discipline de Topinion publique, la politique étrangère du Japon n'est pas simple. De la guerre russojaponaise, le pays sort avec un vif besoin de paix, le goût du commerce et de l'industrie, le désir de s'enrichir, il travaille en hâte à son équipement économique : refonte des tarifs douaniers, nationalisation des chemins de fer, organisation des compagnies de navigation, de sociétés industrielles, commerciales et de syndicats pour l'exportation. Mais si cette expansion économique, et le mouvement d'émigration qui l'accompagne ont tant d'élan c'est que le
Japon veut tirer une revanche de la déception de Portsmouth : Tarmée des émigrants et des commerçants reprend la tâche nationale là où les soldats trahis par les diplomates Tont laissée. Et pour les protéger, le cas échéant, on multiplie bataillons et cuirassés.
Donc période de recueillement et de paix : on se donne quatre ou cinq années pour forger de nouvelles armes de combat et rétablir l'équilibre financier, mais en môme temps période de paix agressive où s'ébauchent de grands desseins. Le passé 'du Japon, ridée qu'il a de son rôle en Extrême-Orient et le souci de sa sécurité le tournent vers la Corée, la Mandchourie et la Chine; mais l'avenir du Japon, ridée du rôle qu'il doit jouer dans le Pacifique, le souci de son prestige et de ses intérêts économiques l'intéressent aux terres et aux îles du Pacifique où des Shin Nikon commencent de jalonner le futur empire.
Chacune de ces tâches est gigantesque, et l'exécution de chacun de ces plans grandioses^ imprudemment poussée, peut mener le Japon à une guerre. La Corée est hostile aux Japonais ; l'instabilité des affaires chinoises est une menace; les émigrants japonais sont rejetés par les États-Unis et le Canada. Que faire? Augmenter ses armements, se rapprocher des puissances européennes, Angleterre, France, Russie , dont le Japon n'a rien à craindre et dont il veut l'aide financière; opposer cette quadruple entente d'une part à l'Allemagne et aux États-Unis, d'autre part à la Chine, et gagner du temps en cédant temporairement aux exigences américaines. Dans trois ou quatre années, quand les finances seront rétablies, sera-ce
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la guerre contre la Chine ou la guerre contre les États-Unis qui sortira des décisions du Mikado et des genro? Les événements plus encore que les hommes fixeront le choix du Japon. Présentement l'inquiétude du problème chinois empêche le Japon de brusquer ses affaires avec les États-Unis : après avoir tempo-» risé et éprouvé son adversaire, le Japon s'arrête à une solution provisoire, assez élastique pour être étrécie ou élargie au gré des circonstances et qui ne le lie par aucun engagement écrit. Les départs pour rhémisphère Ouest continueront , en tenant compte des résistances : comme le Japon les réglera lui-même, selon que Tantijaponisme des Américains sera en hausse ou en baisse, selon que la situation sera plus ou moins favorable au Japon en Extrême-Orient, il ouvrira ou fermera la porte aux émigrants.
C'est donc la Chine qui refrène l'ambition japonaise, cette Chine que des esprits inquiets représentaient un peu naïvement, après la guerre russo-japonaise, comme toute prête à ranger ses 300 millions d'hommes sous les bannières du Japon pour marcher contre notre civilisation blanche. Une Chine inquiète et remuée, voilà présentement la meilleure garantie de paix que le monde ait contre le Japon.
C'est seulement au cas que la Chine incapable de réformes et débarrassée de ses réformistes retomberait dans une léthargie de tout repos, ou au cas que la Chine rénovée et forte l'obligerait à décaiDper de Mandchourie et de Corée et à sacrifier ses rêves d'hégémonie sur le continent asiatique, que le Japon serait tout à fait libre de défendre de toutes ses forces militaires et navales les intérêts et les droits de ses
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émigrants sur les terres du Pacifique occupées par des Blancs.
Mais avant qu'une de ces deux hypothèses extrêmes soit un fait accompli, bien des occasions favorables peuvent se présenter pour le Japon de pousser tour à tour sa propagande en Extrême-Orient et son émigration dans les Amériques.