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ROSEN GARTEN — AMERICAN HISTORY

Témoignés bien de m’apart au Colonnel M combien je suis

mécontent de la conduite qu’il a tenu jusqu-ici, — quoy ? Le seul de tous nos corps qui n’a perdue qu’un seul homme jusqu’à présent — c’est, ce

couvrir de honte, & Redoubler mes peines ; — la Signora F — que

je viens, d’ Engager en Italie va me coûter au de la de Cinq cents Guinées par an, & puis ces Anglois, voudroient encore mechicaner sur les blessés, & les estro piés — mais non ils me les payeront selon le même Tarif fixé pour les morts — si non, jaime mieux, quils Imitent l’Exemple de ceux qui se sont laissés prendre à Trenton — en effets — à quoy meserviroient ses misérables ! ici ? Ils ne sont plus a bon à Rien ; d’ailleurs, ces maudits Rebelles qui, tirent toujours si bas, les auront saris doubte Rendus Impuissants, mais quant à céla, les Jésuites que j’ai envie d’appéller dans mes états, s’en acquitteront mille, & mille fois mieux, & Réparéront bientôt, toute la de population, qui ne s’y manifeste déjà que trop, c’est un Expedient que m’a donné a Rome, le

Cardinal T qui m’a promis de me ménager cette affaire avec

toute la dexteritée Imaginable, — Vous ne sauriez croire (matil dit;) combien la vue de tant de bellés Guinées Ranime la vigueur. Or quoy qu’il en arrive jouissons du présent & ne nous mettons pas en peine du Reste; sur ce, je prie Dieu, qu’il vous tienne Monsieur le Baron de Hogendorf, en sa sainte, & bonne Garde, à Cassel, 1777.

Avis aux Hessois et Autres Peuples de l’Allemagne Vendus par Leurs Princes à l’Angleterre.

À Cleves. Chez Bertol. 1777.

Quis furor is te novus ? quo nunc , quo tenditis ? —

Heu ! miseri cives ! non ho stem, inimicaque castra ;

.... Vestras spes uritis. — Virg.

Intrépides Allemands ! quelle flétrissure laissez vous imprimer sur vos fronts généreux ! quoi ! c’est à la fin du dix-huitième siècle, que les peuples du centre de l’Europe sont les satellites mercenaries d’un odieux Despotisme ! quoi ! ce sont ces valeureux Allemands, qui défendirent avec tant d’acharnement leur liberté contre les vainquueurs du monde, & bravèrent les armées Romaines, qui, sembables aux vils Africains, sont vendus & courent verser leur sang dans la cause des tyrans ! ils souffrent qu’on fasse chez eux le Commerce des Hommes ! qu’on dépeuple leurs villes, qu’on épuise leurs campagnes, pour aider d’insolens dominateurs à ravager un autre hémisphère ! . . . . Partageres vous, longtems encore, le stupide aveuglement de vos maîtres

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.... vous, respectables soldats ! fidelles & redoutables soutiens de leur pouvoir ! de ce pouvoir qui ne leur fut confié que pour protéger ' leurs sujets ! . . . . vous êtes vendus ! . . . . Eh ! pour quel usage ! justes dieux ! . . . . Amoncelés comme des troupeaux dans des navires étrangers, vous parcourez les mers : vous volez à travers les écueils & les tempêtes, pour attaquer des peuples qui ne vous ont fait aucun mal ; qui défendent la plus juste causes, qui vous donnent le plus noble des exemples. Eh ! que ne les imitez vous, ces peuples courageux, au lieu de vous efforcer de les détruire ! ils brisent leurs fers : ils combattent pour maintenir leurs droits naturels, & garantir leur liberté : ils vous tendent les bras : ils sont vos frères : ils sont doublement : la nature les fit tels, & des liens sociaux ont confirmé ces titres sacrés : plus de la moitié de ces peuple est composée de vos compatriotes, de vos amis, de vos parens. Ils ont fui la tyrannie aux extrémités du monde ; & la tyrannie les y a poursuivis : des oppresseurs, également avides & ingrats, leur ont forgé des fers ; & les respectables

Américains ont aiguisé ces fers, pour repousser leurs oppresseurs

Le nouveau monde va donc vous compter au nombre des monstres, affamés d’or & de sang, qui l’ont ravagé ! Allemands, dont la loyauté fut toujours le caractère distinctif, ne frémissez vous pas d’un tel reproche? A ces motifs, faits pour toucher des hommes, faut-il joindre ceux d’un intérêt également pressant pour des esclaves & des citoyens libres ?

Savez vous quelle nation vous allez attaquer ? Savez vous ce que peut le fanatisme de la liberté ? C’est le seul qui ne soit pas o’dieux :

c’est le seul respectable ; mais c’est aussi le plus puissant de tous

Vous ne le savez pas, ô peuples aveugles ! qui vous croyez libres, en rampant sous le plus odieux des Dèspotismes : celui qui force au crime ! Vous ne le'savez pas, vous que le caprice ou la cupidité d’un Dèspote peuvent armer contre des hommes, qui méritent de l’humanité entière, puis qu’ils défendent sa cause, & lui préparent un asile ! .... ô guerriers mercenaires ! ô satellites des tyrans ! ô Européens énervés ! vous allez combattre des hommes, plus forts, plus industrieux, plus courageux, plus actifs, que vous ne pouvez l’être : un grand intérêt les anime : un vil lucre vous conduit : ils défendent leur propriété, & combattent pour leurs foyers : vous quittez les vôtres, & ne combattez pas pour vous : c’est au sein de leur pais, c’est dans leur climat natal, c’est aidé de toutes les resources domestiques qu’ils font la guerre contre des bandes, que l’océan a vomies, après avoir préparé leur défaite. Les motifs les plus puissans & les plus saints excitent leur valeur, & appellent la victoire sur leurs pas. Des chefs, qui vous méprisent, en se servant de vous, opposeront de vaines harangues à l’éloquence irrésistible de la liberté, du besoin, de la nécessité. Enfin, & pour tout dire en un mot, la cause des Américains est juste : le ciel & la terre réprouvent celle que vous ne rougissez pas de soutenir : . . . .

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O Allemands ! qui donc a soufflé, parmi vous, cette soif de combattre, cette frénésie barbare, cet odieux dévouement à la tyrannie ?

Non : je ne vous comparerai pas à ces fanatiques Espagnols, qui détruisoient pour détruire, qui se bagnoient dans le sang, quand la nature épuisée forçoit leur insatiable cupidité à faire place à une passion plus atroce. Des sentimens plus nobles, des erreurs plus excusables vous égarent. Cette fidélité pour vos chefs, qui distingua les Germains vos ancêtres, cette habitude d’obéir, sans calculer qu’il est des devoirs plus sacrés que l’obéissance, & antérieurs à tous les sermens, cette •crédulité qui fait suivre l’impulsion d’un petit nombre d’insensés ou d'ambitieux ; voilà vos torts ; mais ils seront des crimes, si vous ne vous arrêtez au bord d’abîme .... déjà ceux de vos compatriotes, qui vous ont précédés, reconnoisent leur aveuglement ; ils désertent ; & les bienfaits de ces peuples, qu’ils égorgeoient n’aguère, & qui les traitent en •frères, aujourd’hui qu’ils ne leur voient plus en main le glaive des bourreaux, aggravent leur remords, & doublent leur repentir.

Profitez de leur exemple, ô Soldats ! pensez à votre honneur : pensez à vos droits : . . . . n’en avez vous donc pas comme vos chefs ? . . . . Oui : sans doubte : on ne le dit point assez : les hommes passent avant les Princes, qui pour le plupart, ne sont pas dignes d’un tel nom : laissez à d’infâmes courtisans, à d’impies blasphémateurs, le soin de vanter la prérogative royale : & ses droits illimités : mais n’oubliez point que TOUS ne furent pas faits pour UN : qu’il est un autorité superiéure à toutes les autorités : que celui qui commande un crime, ne doit point être obéi : & qu’ainsi votre conscience est le premier de vos chefs

Interrogez la cette conscience : elle vous dira, que votre sang ne doit couler que pour votre patrie : qu’il est atroce de recevoir de l’argent pour aller égorger, à plusieurs milliers de lieues des hommes, qui n’ont •d’autres relations avec vous que celles, qui doivent leur concilier votre bienveillance.

Elle prétend faire une guerre légitime, cette Métrople, qui s’épuise pour ruiner ses enfans ! elle réclame ses droits. & ne veut les discuter qu’avec la foudre des combats ! . . . . mais fussent-ils réels, ces droits, les avez vous examinés ? Est-ce à vous à juger ce procès ? Est-ce à vous à prononcer l’arrêt? Est-ce à vous à l’exécuter? .... Eh! qu’importent après tout ces vains titres si problématiques & si •contestés ? L’homme, dans tous les païs du monde, a le droit d’être hereux. Voilà la premiere des loix : voilà le premier des titres : des colonies ne vont point fertiliser des terres nouvelles, augmenter la gloire & la puissance de la mère-patrie, pour en être opprimées .... le sont-elles? Elles ont le droit de secouer le joug: parce que le JOUG n’est pas fait pour l’homme.

► Mais, qui vous a dit que les Anglois avoient signé l’arrêt de proscription lancé contre les Américains ? . . . . Braves Allemands ! on vous a

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trompé. N’avilissez pas par un tel soupçon une nation qui a produit de grands hommes & de belles loix, qui nourrit longtems dans son sein le feu sacré de la liberté, & mérite, à ces titres, du respect & des égards .... Hélas ! dans les isles Britanniques, comme dans le reste de l’univers, un petit nombre d’ambitieux agite le peuple & produit les calamités publiquës. Le moment de crise est arrivé. l’Angleterre n’est divisée, malheureuse, en guerre contre ses frères, que parce que le Dèspotisme lutte depuis quelques années avec avantage contre la liberté. Ne croyez donc pas défendre la cause des Anglois : vous combattez pour l’accroissement de l’autorité de quelques ministres qu’ils abhorrent & méprisent.

Les voulez vous connoître, les véritables motifs qui vous mettent les armes à la main ?

Un vain luxe, des dépenses méprisables ont ruiné les finances des Princes qui vous gouvernent ; leurs spoliations ont tari leurs resources ; ils ont trop souvent trompé la confiance de leurs voisins, pour y recourir encore. Il faudrait donc renoncer à ce faste excessif, à ces fantaisies sans cesse renaissantes, qui sont leur occupation la plus importante ; ils ne peuvent s’y résoudre ; ils ne le feront pas ; l’Angleterre épuisée d’hommes & d’argent, acheté à grands frais de l’argent & des hommes Vos Princes saisissent avidement cette resource momentanée & ruineuse : ils lèvent des Soldats : ils les vendent : ils les livrent : voilà l’emploi de vos bras : voilà à quoi vous étiez destinés, Votre sang sera le prix de la corruption, & le jouet de l’ambition. Cette argent, qu’on vient d’acquérir, en commerçant de vos vies, paiera des debtes honteuses, ou aidera à en contracter de nouvelles. Un avide usurier, une méprisable Courtisane, un vil histrion, vont recevoir ces guinées données en échange de votre existence.

O dissipateurs aveugles ! qui vous jouez de la vie des hommes, & prodiguez les fruits de leurs travaux, de leurs sueurs, de leurs substance, un repentir tardif, des remords déchirans seront vos bourreaux, mais ne soulageront pas ces peuples que vous foulez ; vous regretterez vos laboureurs & leurs moissons, vos Soldats, vos sujets ; vous pleurerez sur les malheurs, dont vous mêmes aurez été les artisans, & qui vous envelopperont avec tout votre peuple. Un voisin formidable sourit de votre aveuglement, & s’apprête à en profiter; il forge déjà les fers, dont-il médite de vous charger: vous gémirez sous le poids de vos chaînes, fussent-elles d’or; & votre conscience, alors plus juste que votre cœur ne fut sensible, sera la furie vengeresse des maux que vous aurez faits.

Et vous peuples trahis, vexés, vendus, rougissez de votre erreur : que vos yeux se dessillent : quittez cette terre souillée du dèspotisme : traversez les mers : courez en Amérique ; mais embrassez y vos frères ; défendez ces peuples généreux, contre l’orgueilleuse rapacité de leurs persécuteurs : partagez leur bonheur : doublez leurs forces : aidez-les

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de votre industrie : appropriez vous leurs richesses en les augmentant : tel est le but de la société: tel est le devoir de l’homme, que la nature a fait pour aimer ses sembables, & non pas pour les égorger : apprenez des Américains l’art d’être libre, d’être hereux, de tourner les institutions sociales au profit de chacun des individus qui composent la société : oubliez dans le respectable asile, qu’ils offrent à l’humanité souffrante, les délires, dont vous fûtes les complices & les victimes : connoissez la vraie grandeur : la vraie gloire : la vraie félicité : que les nations Européennes vous envient, & bénissent la modération des habitans du nouveau monde, qui dédaigneront de venir les punir de leurs forfaits, & de conquérir les terres dépeuplées, que foulent des tyrans à oppresseurs & qu’arroseent de leurs larmes des esclaves, opprimés.

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