Sur a été écrit au-dessus d'un mot rayé
mon intention. Le notaire n'avait pas levé cette difficulté et je lui en témoignai mon étonnement lorsqu'il me lut, à mon arrivée à Paris', les conditions du contrat. Maintenant je n'en prévois plus de celte nature. Je donne aujourd'hui à dîner à ton papa et au Cit. Brunetière, afin de disposer tout de la manière la plus prompte et suivant les lois. Quand tout sera arrangé j'irai faire un tour à Essonnes, et ce pourra être vers la fin de cette semaine. Alors tu t'en reviendrais avec ta maman pour signer le contrat, et nous présenter à la municipalité. C'est une question que le Cit. Brunetière nous décidera savoir si le mariage doit se faire à Essonnes ou à Paris.
Je viens de faire partir une voiture de meubles par la voiture à chaux du Cit. Avard. Prie ta maman, de ma part, d'y avoir l'œil, ainsi que sur celle que je dois faire partir vers la fin de la semaine, en cas qu'il ne me fût pas possible d'aller à Essonnes. Il est essentiel que la cave au vin ferme bien, car j'y dois faire déposer plusieurs ustensiles de fer qu'il est aisé de détourner, et qui coûtent cher. Je la prie aussi de jeter un coup d'œil sur le fruitier, car c'est là qu'est notre provision d'hiver. Tu pourrais aussi y donner ta surveillance, car je travaille principalement pour toi qui aimes les pommes.
Je t'embrasse de tout mon cœur, ma tendre amie.
1. A Paris: ces mois, oubliés, ont tHé ajoutés au-dessus de la liïïiie.
Tu es le centre où je ramène tous mes projets de fortune, d'occupations et de plaisir. Indépendamment du soin de faire transporter mes meubles dans ta maison, de disposer ici toutes choses pour qu'à ton arrivée tu n'aies plus qu'à passer dans mes bras, de recueillir les anciens bienfaits dont je jouissais avant la révolution afin de nous assurer les P" besoins de la vie (et cette espérance est sur le point de se réaliser car je viens de remettre la plupart de mes titres dans les bureaux où j'ai de bons amis), malgré, dis-je, tous ces embarras qui ont pour but notre ' bonheur, je m'occupe encore du soin de me procurer - les arbres, arbrisseaux et plantes que je dois planter vers la S' Martin, afin de gagner une année de jouissance sur l'avenir.
Que Dieu donc comble ton cœur de la même joie dont le mien est rempli , car je lui ai demandé souvent, comme le plus grand des biens de ce monde, une retraite à la campagne avec une femme qui te ressemble. — Adieu, ma tendre amie. Mille amitiés à ta maman.
A Paris ce mardi 8 8''"' 1793 l'an 2 de la Rép. une et ind. envoie-moi un morceau de sucre".