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ment, sans les soucis de mes travaux, en pensant seulement à toi. Tu me demandes de recevoir fréquemment de mes lettres afin de te faire passer le soir quelques moments agréables, mais je peux bien t'en dire autant, à toi qui me fais les réponses si courtes. Pour moi, mes affaires consumant tout mon temps, je ne vis que dans l'avenir. Tu es cependant, au milieu des sollicitudes que me donnent la lenteur ou ' la disette d'ouvriers ou de voitures, le terme où je fixe toutes mes jouissances. Travailler pour toi c'est plus que t'écrire : comment d'ailleurs le faire d'une manière qui te soit agréable, avec mille distractions déplaisantes. T'en faire part serait redoubler ta mélancolie, vis contente, ma Félicité ; je serai heureux de ton bonheur. Passe ces crises accablantes - qui accompagnent les premiers temps de toutes les grossesses, comme les giboulées du mois de mars qui précèdent la saison ^ des fleurs et des fruits. Tout se contraste dans la nature, la douleur* et le plaisir, l'hiver et le printemps.
Adieu, mon joli mois de mai. Songe que tu m'es doublement chère. Supporte donc un mal qui doit faire noire bonheur commun. Si je calcule bien, tu n'as pas pour plus de trois ou quatre jours de mélan-