‹ Amour de philosopheChapitre 137 sur 194 · DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE

A la Citoyenne de Saint Pierre

au pont au Beurre

A Essonnes route de fonlainebleau.

Quand tu m'enverras un nouveau pain, ma petite mère nourrice, donne m'en avis et j'irai le chercher

1. Le passage, mis entre crochets, a été supprimé par Martin.

2. De Paris; — du 5 floréal an III : 2i avril 1795 (vendredi) — signée; — porte une adresse; — oblitérée; — publiée par Aimé Martin, mais d'une façon incomplète. — Cette lettre porte le n" 15 dans la Correspondance imprim<^.e, et le n" 14 dans la collection Gélis-Didot.

moi-même, au bureau, car son arrivée fait ici une sensation qui m'est désagréable. Je suis entouré d'alTamés. Si j'ai quelques vivres, il faut que je les cache. J'en fais cependant part, même dans les auberges où je mange et où je trouve des gens pâles et affamés ' qui quelquefois n'ont pas mangé de pain de trois jours, et qui soupirent en voyant mon morceau, car l'on n'en trouve presque plus dans les

auberges même où on le vend 6 la livre. Je te

conjure de ne rien négliger pour faire planter incessamment des graines farineuses, car ce temps peut empirer-. Fais donc planter des haricots flageolets tout du ^ long de ma haie. Ils viennent vite, ne s'élèvent pas haut et ne craignent pas les rats. Fais observer un bon pied de distance à droite et à gauche des petits arbres. Fais planter aussi sur la crête des fossés des asperges. Fais * mettre des haricots d'Espagne tout du ^ long de la langue de terre au delà du pavillon sur l'eau. Ils font en grimpant une charmante décoration et produisent un très bon légume.

[Je vais m'occuper de tes commissions; mais tu es si occupée de mes besoins et de ceux de ton enfant

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