DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE
A la Citoyenne De Saint Pierre
a Essonnes.
* On s'est trop pressé mon anaie en l'écrivant de venir. Ton papa se trouvait mieux ce soir et il a passé une assez bonne nuit. II est dans un état à laisser encore longtemps à craindre et à espérer. J'ai débuté hier, étant tête à tête avec lui, par lui témoigner le désir ardent que ta mère et toi avaient de le voir, car de sou côté il avait commencé par me demander comment on se portait. Mais il n'a répondu que ces mots à mes sollicitations : Si elles viennent ici elles me donneront le coup de la mort. C'est ce qu'il m'a répété plusieurs ^ fois. Je lui ai dit : Vous n'avez rien à objecter à votre fille. Sa sensibilité, m'a-t-il dit. C'est la même objection pour sa femme, car il ne veut que son bonbeur et il veut lui en donner des preuves à son retour à Essonnes *. II désire ardemment la campagne. A cette occasion je lui ai parlé de la procuration de Rousseau % il m'a dit qu'il avait donné ordre de la
1. De Paris: — du 13 frimaire an IV, c'est-à-dire du i décembre 1793 (vendredi); — signée; — porte une adresse; — pas oblitérée; — pas complètement publiée par Aimé Martin. — Celte lettre porte le n" 22 dans la Correspondance imprimée et dans la collection Gélis-Didot.
2. Martin imprime en tète de la lettre : ce 13 frimaire an IV; ces mots ne sont pas à cette place sur le manuscrit.