Aimé Martin imprime : cVy
5. Sans indication do lieu, ni de date, mais probablement d'août 1792; — pas signée; — sans adresse; — pas oblitérée; —
me dites que .votre secret vous est inviolable parce qu'il est le mien. Nos âmes se touchent; un jour elles se confondront ensemble.
J'ai vraiment besoin de secret avant et après notre union. Je ne conçois de séjour heureux que celui de la campagne; il faut donc avant tout en préparer un. Voici quel est mon plan. Comme je le forme pour votre bonheur et le mien, je le soumets entièrement à vos lumières.
Je déclarerai à M« votre mère le désir que j'ai de m'unir à vous. Je lui demanderai son agrément. Je ferai la même démarche auprès de 'Sl\ votre père. Je les engagerai l'un et l'autre au secret pour plusieurs raisons ; à cause de la disproportion de votre âge au mien; à cause de ma place incertaine, et qui m'obligerait à une représentation trop dispendieuse si j'étais marié. Je ne leur demanderai que la même dot qu'ils vous avaient destinée, de manière que ^P. votre père s'obligera de faire l'acquisition de la petite île, de la faire bâtir suivant le plan simple et commode que je lui donnerai ', pour la somme de dix mille livres, à laquelle il ajoutera le restant de votre dot, montant à 30 mille livres (je pense), et me livrera l'île bâtie, et
entièremenl publiée par Aimé Martin, pas à celle place. Cette lettre a le n" 2 dans la Correspondance imprimée et dans la collection Gélis-Diilt.
1. Après : donnerai, il y a dans le texte plusieurs mots rayés, illisibles.
cette somme ou une de ses * maisons de Paris " de pareille valeur, au moment où il signera ' notre contrat de mariage.
Avant que la maison soit bâtie et habitable * il s'écoulera trois mois : c'est vers ce temps que vos parents se retireront à Essonnes. Vous y serez avec eux, j'irai vous ° y épouser. J'aurai une maison, une île, une femme, sans que personne en sache rien à Paris. Je vous installerai dans mon île, avec une vache, des poules et Madelon qui s'entend à merveille à les élever. Vous y aurez des livres, des fleurs ^ le voisinage de vos parents. J'irai vous y voir, certes, le plus souvent que je pourrai. Pendant ce temps-là, mon état incertain se consolidera à Paris; s'il est détruit, je vous ramènerai au bout de deux ou trois mois de mariage, dans mon hermitage de la rue de la Reine Blanche, où notre union ne fera point de bruit. Si mon état est permanent ^ je vous garderai quelques jours auprès de moi, dans l'Intendance, où vous aurez une chambre à côté de la mienne. Vous n'y serez tenue à aucune représentation, à cause du peu
1. Les mots : de ses ont été oubliés et ajoutés au-dessus de la ligne.