‹ Amour de philosopheChapitre 65 sur 194 · Ce mot, sur le manuscrit, est souligné · texte numérisé non relu

Ce mot, sur le manuscrit, est souligné

fréquentes retraites pour me dédommager des peines et des embarras attachés à ma place surtout dans les temps orageux où nous sommes. J'espère être en état d'aller à Essonnes au commencement de la semaine prochaine pour y tracer le plan de la maison * et du jardin. D'ici à ce temps, ménagez bien votre rhume afin d'être du voyage. Je vous en conjure par tout le pouvoir que j'ai sur vous, ne sortez pas de votre chambre et même de votre lit, si vous avez des accès de fièvre. Adieu, mon enfant, je t'embrasse comme tu le mérites, de tout mon cœur.

Ce jeudi à 10 heures du matin.

Aimable enfant, votre lettre me prouve, ce que je savais déjà, que vous êtes également digne de mon amour et de mon estime. 11 n'y a qu'un seul moyen de mettre d'accord ces deux sentiments qui se combattent dans votre cœur, c'est que vous soyez bientôt ma femme ; au lieu de l'inquiétude et des remords que

1. Bernardin veut sans doute parler du plan d'organisation intérieure de la maison, puisqu'il dit, au début de la lettre, que M. Moreau travaille au rez-de-chaussée et au premier.

2. Sans indication de lieu, ni de date; mais de Paris et de novembre 1792; — pas signée; — sans adresse; —pas oblitérée;

— publiée dans la Revue des Deux Mondes avec le n" 13; avant nous M. Maury en avait reproduit deux très courts fragments.

— Cette lettre porte le n" 45 dans la collection Gélis-Didot.

VOUS craignez, vous éprouverez ce que la reconnaissance et le calme de l'àme ont de plus doux. Le mariage seul allie l'estime de soi-même avec les plaisirs de l'amour.

[Je m'occupe du soin d'accélérer le moment qui doit m'unir à toi. Le plus grand obstacle est la publicité que je voudrais éviter par plusieurs considérations importantes. Si tu habitais la campagne à présent, il me semble qu'il serait facile de se faire inscrire sans bruit à la municipalité d'Essonnes.] Nous raisonnerons de tout cela quand nous y serons '.

[En attendant, recommande notre future union à celui qui est la source de toute félicité.] Aimable enfant, confie-lui tes peines et tes plaisirs. Endors-toi dans son sein paternel, aucune insomnie ne viendra te troubler.

Ne veille point, ma tendre amie; le sommeil est nécessaire à ta santé. C'est lui qui calme le sang et rafraîchit le teint des bergères. Pour aucune raison, ni pour aucun plaisir, ne passe point les nuits à veiller. Je vais te chercher un livre de voyage que je te donnerai ce soir, mais c'est à condition que tu ne liras pas au milieu de la nuit.

Endors-toi dans le souvenir doux et paisible de notre - amour mêlé d'estime, de confiance, de protec-

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