De Chantilly; — tlu 5 mai 1793; — pas signée; — porte une
BERNARDIN DE SAINT-PIERRE ET FÉLICITÉ DIDOT. 12b
aujourd'hui la lettre que je vous écrivis Iiier. Ce matin Toiseau de l'aurore m'a réveillé un peu plus tard qu'à l'ordinaire. Pendant que mes compagnons dorment encore, je fais mon bonheur de vivre dans votre souvenir en vous traçant quelques lignes à la liàte.
Il fait ici un temps fort rude. Hier, il tomba une grosse grêle, qui j'espère n'aura point fait de mal. Notre besogne est en train, et quoique je ne puisse pas encore dire quand elle finira, je crois qu'elle ne sera pas d'aussi longue durée que je le craignais ^ : elle donnera le temps au mois de mai d'étendre sur la campagne son doux empire et de revêtir de feuillage les ormes qui doivent vous ombrager jusqu'à Essonnes. Vous aurez aussi celui d'achever votre inventaire à Paris. Il y a ici une vente immense de meubles de toutes espèces -, et il n'y a presque point de marchands. On y donne de très belles choses à fort bon marché. Ce sont des fripiers de Paris qui en profitent. Nos commissaires, nos collègues ont arrêté la vente des marbres, tableaux et porcelaines, qui se donnaient pour rien. Ce serait bien un motif pour des mères de famille de venir acheter ici du linge et des lits, mais la vôtre aurait sans doute encore de plus
adresse; — oblitérée; — publiée dans la Revue dex Deux Mondes avec le n° 18. — Cette lettre a le n" 49 dans la collection Gélis- Didot.