‹ Amour de philosopheChapitre 99 sur 194 · DE FÉLICITÉ DIDOT · texte numérisé non relu

DE FÉLICITÉ DIDOT

Je m'en étais bien doutée, trop sensible amant, que la dernière page de ma lettre te causerait du chagrin ;

1. Le mol : heureuae, oublié, a été ajouté au-dessus de la ligne.

2. Après : pas, il y a deux mots rayés, illisibles, et audessus : le preminr.

3. Il y a peut-cire simplement : aujour, en un seul mot, et non le commencement du mol : aujourd'hui.

4. Sans indication de lieu, ni de date; mais postérieure au 8 mai 1193, puisqu'il y est fait allusion à la lettre du 8 mai

aussi à peine fut-elle partie que j'en ressentis moimême des expressions qu'elle contenait; mais puisque trop de vivacité a servi à te faire connaître à quelle douleur mon âme serait en proie si tu prenais encore des doutes pour un si petit sujet, qu'elle serve aussi à t'apprendre que lorsqu'on aime bien, les doutes sont des offenses mortelles ' ; je ne veux pas pour cela que tu me caches tes peines. Tu ne saurais me regarder comme une autre partie de toi-même et en user ainsi avec moi : toi! qui possèdes entièrement mon âme, je veux avoir part entière dans la tienne, serais- je aimée, si je n'avais pas toute la confiance de mon amant : tâche seulement, lorsque tu auras à te plaindre de moi, de te persuader que ce n'est pas par défaut d'amour que j'ai manqué, et alors je ne ressentirai de peine que celle que je t'aurai causée.

Il est midi, et la douce espérance de te voir dans deux heures, répand dans moi un contentement secret que je ne saurais peindre ; ce n'est point une joie bruyante, mais une joie pure et aussi attrayante que la mélancolie, que ton absence y portait avant que tes doutes m'eussent affligée, le plaisir de te revoir, de t'embrasser, de te presser -sur mon cœur.

qui parle de « faveurs superficielles », et qui a été lue par MmeDidol; —signée; — sans adresse; — pas oblitérée; — publiée dans la Revue des Deux Mondes avec le n° 20. — Cette lettre a le n» 36 dans la collection Gélis-Didot.

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