‹ Amour de têteChapitre 39 sur 41 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le

Il fallait que Marcel et Suzanne permissent fin à des étrangers l'accès de leur cachette : térêt bien entendu de leur bonheur exigeait s intermittences et même des contrariétés. Mais zanne, qui n'était pas si calculatrice, le sentit utôt qu’elle ne le comprit. Elle sentit de même, ns plus d’habiletés ni de raisonnements, qu’au d'aller dehors pour se mêler à du monde, il lait mieux attirer des gens chez elle : elle aimait eux d’abord rompre le secret de la retraite que traite elle-même. Elle écrivit donc à son re et l’invita seul à déjeuner : afin de ménager “susceptibilité de Mme Gaildraud, elle s’invitait diner chez elle pour le lendemain, et elle ajouit que François viendrait lui apporter la réuse. Quand elle eut fait ce coup de tête, elle osa point l’avouer à son mari. | ls avaient coutume de se lever très tard. Ils se éveillaient de bonne heure, et ils ouvraient tout le suite leur fenêtre ; mais ils jouissaient du grand

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salle à manger. Et Marcel * qui ot attaché à à pas, l'y suivit. « :

Il ne remarquait point le troisième couv ni que la chaise de Suzanne, au lieu d’être pla près de la sienne et tout contre, était pla vis-à-vis, en posture de réception. Comme to jours depuis plusieurs jours, Marcel était distre les yeux autre part, un sourire aux lèvres.

Il fallut que Suzanne posât plus fixement lui son malicieux regard. Alors il dit : « Tiens Et des yeux 1l approuvait d'avance ce que Suzan avait résolu. Aussitôt elle fut dans ses D S. « Qui? » dit-il simplement.

Elle rougit et elle murmura : « François. »

Marcel eut alors une impression inattendue

confusément nes que rte n’eût invité une à amie, et un peu de jalousie inconsciente avait- elle troublé la paix de son cœur. R

Mais Suzanne balbutiait des gentillesses. Elle s'était bien doutée qu’elle lui ferait un grand plaisir. Son frère... Est-ce qu'il était toujours k préféré? Car elle se rappelait bien, oui, autrefois Marcel ne faisait plus attention du tout à sa fiancée lorsque François était là, entre eux, pour. parler avec lui de choses graves auxquelles elle. n’entendait rien.

: 48 dernière fois avant de s de pour ais, et se manifestait comme naguère par des les uniquement physiques, par une courbau corps, des crispations et des frémissements doigts, une douleur aux tempes. Les innoss mièvreries de sa femme ressuscitaient le ole, toujours inexpliqué mais toujours menad’une fraternité ennemie entre Suzanne et çois ; et ce fantôme du passé l’épouvantait, que Suzanne, posée contre sa.poitrine, y tint une enivrante chaleur et fît battre le délicieusement.

. qu'il avait été jadis confus de paraître vant lui en habit rouge. Il y eut, durant le emps d'arrêt de François à la porte, tout un diaogue de regards. Celui de François gardait un peu ” e cette ironie coutumière, qui se fondait à la fin | ans une affectueuse indulgence. Marcel rayonna. FL

tête avec François. Car il lui semblait qu jé paroles devaient ratifier ce que venaient ne

guérison ne serait ie douteuse.

Il prit le bras de son ami. Ils allèrent ensemb s'asseoir sous le berceau des marronniers. Auj d’hui le décor n’était pas ambigu comme la soir, le fameux soir, le cher soir de la nativité ÿ l'amour. L’atmosphère et la température n’in taient plus l’organisme à la mélancolie, qui p: également se déterminer vers la joie ou vers tristesse. La joie ce matin s’imposait, fatale et immédiate. Telle était l’ardeur du soleil que one étaient de la lumière colorée différemm

jetés, où les rayons, qui filtraient à travers feuilles, ruisselaient monnayés en pièces d’

| Le a les scrutait jusqu’en .

ières profondeurs. La Nature n'avait plus nveloppements mi de vêtements : elle était.

Lie Ile était superbe, elle était brûlante de

| Le. ous l'effort intérieur de la sève qui monte Sous la cuisson du soleil. Marcel et François isaient seuls : ils n’osaient point élever leurs discordantes. Mais leurs pensées planaient haut. Il avait suffi qu’ils prissent le contact de l’autre pour que leur âme s’élevât : car ils ent coutume, dès qu'ils se rencontraient, de n er des idées grandioses à brûle-pourpoint et précautions oratoires. Marcel était, de plus,

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ur comme lui savait apercevoir d'imper-

rattachait ses tristesses ou ses joies.

Et bien qu'il eût, plus que nul autre, l’ mn. connaître, il affirma que sa plus indéniable mc HerEé son originalité la pue haute, c était en“

par la connaissance. « Car, ajouta-t-il, ce que sais, comme dit Werther, tout le monde peut Savoir, mais mon cœur Es qu’à so

eu du d'aimer. Er.

Puis leur jeunesse à tous deux se ab par une déviation subite du discours vers la franche. gaieté. Marcel rit aux éclats de la pédanterie de cette citation : « Es-tu calé sur Gœthe! Tu l'as relu ce matin pour m'esbroufer?.….. » D.

Mais ils se turent. Suzanne apparaissait, en un matinée blanche semée de fleurettes lilas, qt étaient pareilles, en plus clair, à l'ombre des. arbres. Tant de soleil circulait sous ses cheveu: qu'elle semblait rousse. Elle marchait à peti S pas vers les amis, souriante, énigmatique. E s’assit entre son mari et son frère. Des souffles .

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