‹ Amour et amourette drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 5 sur 57 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PAULINE et MALVINA , à l'extrême gauche, sur le devant; ERNEST, T1BURCE , au fond d droite .

ernest, d Tiburce.

Les voici, ce sont elles.

TIBURCE

J’avais bien dit que nous les trouverions ici.

paulinb, d Malvina.

N’ayons pas l’air de les voir, au moins.

ERNEST

Quand nous resterons là... il faut les aborder. tiburce.

Oui, c’est ça, abordons-les.

ERNEST

C’est que je n’ose pas.

TIBURCE

Ni moi non plus.

PAULINE

J’avais tort de craindre, ils ne viennent pas à nous.

En voilà des bêtats, premier numéro.

ERNEST

Voyons, porte la parole sois galant, que

diable I

TIBURCE

Sois galant toi-même.

MALVINA

Allons, l’acte va commencer, rentrons.

PAULINE

Oui, viens... rentrons.

ERNEST, bas.

Ah ! mon Dieu 1 elles vont nous échapper.

( Haut, et courant d elles. > Mesdemoiselles * ! PAULINE.

Ah!

malvina, se détournant.

Plaît-il ?

krnest, timidement.

Mesdemoiselles, un mot, je vous prie.

malvina , sèchement.

Un mot ! Voyons ce mot.

C’est...

MALVINA

C’est ?...

ernest, tris-troublé.

C’est que je... ( Très-vite. ) C’est mon cousin qui voulait vous parler.

tiburce , reculant.

Moi! du tout, je n’ai absolument rien à vous dire. ( A part. ) Est-il bête donc lui !

Pauline , d part.

Comment! voilà tout...

MALVINA

Allons, viens, ma chère... Tu vois bien que ce» messieurs n’ont pas pris leur moka ; ils veulent s’amuser à nos dépens.

ERNEST

Nous!... ah! pouvez-vous croire...

MALVINA

C’est des farceurs... de gros farceurs!... adieu, gros farceurs.

Elles font un pas pour reutrer.au théâtre.

ERNEST

Mesdemoiselles! mesdemoiselles! oh! je vou»

en supplie, écoutez-moi.

PAULINE

Eh bien! monsieur, qu’avez-vous a me dire?

Mademoiselle, mon cousin Tiburce et moi nous sommes au spectacle tout en face de vous.

tiburce.

De sorte que nous n'avons pu faire autrement que de vous regarder.

MALVINA

Dam! à moins que d’être louches!

ERNEST

Et en vous regardant de vous trouver bien jolies !

* Ernest, Pauline, Malvina,- Tiburce.

MALVINA

Dam l à moins que d'étre aveugles.

ERNEST

Ça ne vous fâche pas, mademoiselle?

PAULINE

Mais... non... si... non... monsieur.

MALVINA

Ça ne nous fâche pas ; enfin?

TIBURCE

Enfin, ne vous voyant pas dans i’enlr’acle,.,

Nous craignions que vous ne fussiez indisposées.

PAULINE

Ah ! mon Dieu, non ; je vous remercie, monsieur.

UALYINA , à part.

Fussiez... il a dit fussiez... Peste!

TIBURCE

Et nous venions vous offrir...

MALVINA

Quoi donc?

TIBURCE

Nos services.

MALVINA

Merci, monsieur, nous n’avons aucune soif; je ne consumerai rien dans cet entr’actc-ci.

ERNEST

Cependant, mesdemoiselles... à la fin du spectacle, si vous vouliez nous permettre de vousaccompagner...

MALVINA

Y pensez-vous?

TIBURCE

De vous ofTrir...

Quoi donc?

TIBURCE

Un fiacre.

MALVINA

Un fiacre ! (A parf.) C’est des jeunes gens comme il faut. {Uaut.) Désolée, monsieur, mais nous n'avons besoin de personne ; on doit venir nous chercher.

ERNEST

Ah! que c’est fâcheu* !... Vous venez souvent à ce théâtre ?

PAULINE

Moi, oh! non monsieur, je suis depuis si peu de temps à Paris ! je venais de perdre mon père, ancien militaire... et comme je n’avais plus de famille, de soutien là-bas.. . j’ai quitté Metz pour venir à Paris.

ERNEST

Vous êtes de Metz... mais mon cousin et moi nous eu arrivons aussi.

MALVINA

Bah ! vous êtes Lorrains ? je vous prenais pour des Champenois

Duvivier sort du théâtre, s’arrête au fond, à droite, et

écoute.

ERNEST

Comment donc se fait-il que nous ne nous soyons pas conuus plus tôt?

TIBURCE

Nous étions au collège à Nancy ; c’est peut-

être pour ça que nous ne nous sommes pas rencontrés é Metz.

UALVINA.

Au fait, c'est une raison.

ERNEST

Et vous êtes pour longtemps ici ?

PAGURE.

Oh ! certainement... je viens retrouver ma cousine Malvina, pour apprendre à travailler en den telles.

ERNEST

Moi, je viens pour suivre mon cours de droit.

TIBURCE

Et moi de médecine.

UALVINA.

J'en étais sûre... Je le disais à Pauline, vous êtes des apprentis étudiants.

m. duvivier, à part.

l.es voilà qui causent avec des grisettes ; tenonsnous à l’écart, et observons.

It sc retire dans te café.

UALVINA.

Ah ca', l’entr’acte va finir, il faut nous séparer.

ERNEST

Déjà! mais j’y songe... j'ai aperçu une place libre a côté de vous.

PAULINE

Oui... oui... en effet il y a une place.

ERNEST

Si vous vouliez nous permettre de l’occuper... nous sommes deuz, mais en nous serrant un peu...

TIBURCE

Avec ça que j’ai un gros homme derrière moi qui me met perpétuellement ses genoux dans le dos.

PAULINE

Dam!

UALVINA.

Nousne pouvons pas nous y opposer, ma chère; une salle de spectacle, c’eit comme l'omnibus, tout le monde y a des droits.

ERNEST

Vous consentez?... Ah I quel bonheur I... (A Pauline.) Je vais être préa de vous... je pourrai vous dire combien j’ai de plaisir à vous voir. duvivier, à part.

Ah 1 ah ! les gaillards!

Nous dirons des bêtises en mangeant des oranges...

ualvina, à part.

Décidément c'est des jeunes gens très comme il faut !

ernest, offrant son brai.

Mademoiselle Pauline.»

tiburce, de mime.

Mademoiselle Malvina...

ENSEMBLE

Air : Valse de Citelle.

Allons, entrons, lo plaisir nous appelle ;

Un va bientôt, je croiSi recommencer.

MAGASIN THÉÂTRAL

TIBURCB et F.RREST.

Mais, ]e le sens, celle pièce nouvelle Tour mon bonheur trop vile doit cesser.

malvina et pavluie, a part.

Mais, je le sens, à la pièce nouvelle Bien plus encor je vais m'intéresser.

tirubcc, d Malvina.

C’est décidé, près de vous je m’installe,

Le drame ainsi m’amusera bien mieux.

ERNEST, à Puuline.

Nous serons deux pour une seule stalle,

Mais, plus gêné, j'en serai plus heureux.

Sur la reprise de l'ensemble, ils rentrent au théâtre.

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