RÊVERIE D'ETE
Ohl dans les longuCvS soirées,
A ces heures désirées
Où l'oiseau n'a qu'un seul chant.
Où le ciel devient sonore,
Où tout l'éclat de l'aurore
Est vaincu par le couchant.
Quand sur les pelouses vertes Qu'un léger voile a couvertes Le calme est enfin venu; Quand tous les rayons s'éteignent, Et que les cloches se plaignent Dans leur langage inconnu.
0 ma pensée, ô ma vie,
Sais-tu bien ce que j'envie,
Ce qu'il me faut, ô ma sœur?...
Sais-tu , dans mes vœux de flamme ,
Sais-tu ce que je reclame
.lusqu'à me briser le cœur?...
Ce n'est point, ô bien-aimée.
Cette boucle parfumée
Qui voltige sans lien.
Non, — ta voix me l'a promise.
Et le souffle de la brise
La caresse avant le mien.
Ce n'esl point l'Iiuiiible anéiiionc Qu'au ruban qui l'environMe J'arraclierais couinne hier; Ce n'est point une parole, Un sourire qui s'envole, Un regard, fragile éclair.
Mais quand le feuillage ondule Aux rayons du crépuscule, Je voudrais à ton côté, Je voudrais, ô douce femme, Retremper encor mon ànie Dans les brises de l'été.
Là-bas, où l'ombre est si tendre.
Je voudrais ne rien entendre Que nos battemens de cœur; ]\e rien voir sous le platane Que tes grands yeux de sultane.
Et mourii' de mon bonheur 1