‹ Amour et foiChapitre 38 sur 55 · ARRÊTE! M'AS-TU DIT · texte numérisé non relu

ARRÊTE! M'AS-TU DIT

« Arrête! m'as-tu dit : — ce monde (( N'a-t-îl point assez de douleurs, « Qu'il te faille au courant immonde «Effeuiller loi-mème tes fleurs?

(( Ta poitrine est-elle de marbre, w Qu'elle ose entamer ce jjrand arbre.

« Dominateur de l'aquilon ; « Ne vois-tu pas que son écorce « Va se refermer avec force n Comme le chêne de Milon? »

Oui, je le vois; oui, tant d'audace Sied mal à mon bras jeune encor; Je sais que ma poitrine lasse Succombera dans cet effort; Je sais que la lutte est amère.

Je sais qu'un amas de poussière M'enlèvera toute lueur, Et qu'il faudra, chargé de blâme, Subir tous les frissons de l'âme, Tous les déchiremens du cœur;

Mais je sais aussi que la gloire Marque ses fils d'un sceau brûlant, Et qu'on n'arrache une victoire Qu'après avoir saigné son flanc;

AMOiJU i:i roi. 2r,7

Je sais que le vv'i iViinuthvmv Es! l'inévitable baptême Oui eonsacre à jamais iiii nom :

Je sais, 6 mon glorieux frère, Que l'ostracisme populaire Est un pas vers le Panthéon î

Page 1