La oîté : tmititoe dcgté d» JvridÎQlte
XXXVlil. — L'idée de considérer la Justice, non plus seulement comme une notion de l'entendement où une hypothèse de notre économie, mais comme une faculté positive de l'âme, et conséquemment de chercher à cette faculté un orçane dans la constitution de l'être humain, cette idée, dis-je, est tellement extraordinaire, qu'elle aura de la peine à s'introduire : tout en souhaitant oe voir les principes de la morale acquérir plus de certitude et s'emparer des esprits avec plus de force, on eût aimé à leur conserver ce clair-obscur qui semble ajouter au respect parle mystère.
Un peu de réflexion cependant ferait comprendre qu'il n'y a rien en tout ce que nous venons de dire de la Justice qui ne soit fondé sur la nature même dés choses ; quant au mysticisme, il faudrait être bien pauvre de jugement pour ne pas reconnaître qu'il ne fera jamais défaut a notre savoir. L'homme a beau étendre le cercle de ses idées, sa lumière n'est toujours qu'une étincelle promenée dans la nuit immense qui l'enveloppe. Le manage, enfin expliqué, n'est-il pas toujours un mystère? Accueillons donc avec bonheur et reconnaissance la vérité qui s'offre à nous, et que toute idée nouvelle qui porte avec soi sa preuve soit la bienvenue.
né AMODR ET XàllUGfi
' Tmite ptnssanoe, toute loi de la natare a pour oi^ant» le corps ou le phénomène dans lequel elle se manif^te.
Ainsi, pour ne pas perdre de temps en exemples, il est une force qui anime tous les êtres et leur donne la première réalisation : cette force est l'attraction. L^attraction a donc pour organes toutes les existences en qui die se maniieste, soit, par exemple, notre système planétaire.
Mais l'attxaction est soumise à une loi qui n'est pas moins uniyerselle : cette loi est l'équilibre. Où se manifeste à son tour Téquilibre? Au moyen de quel appareil? Je réponds encore : au moyen de la balance. Toutes les fois que deux ou plusieurs êtres sont entre eux dans un rapport d'attraction tel qu'ils se font équilibre, la loi a trouvé son organe : la Terre et la Lune, Jupiter et ses satellites, le Soleil et son cortège, sont des oalances au même titre ^ue celle qui sert au banquier à peser ses espèces, à répider à peser ses drogues.
Dans 1 être vivant, la loi fait plus que se réaliser, elle est conçue par lui; il en a la conscience, l'intelligence. Pour cette conception de la loi, il a fallu dans l'être vivant un organe particulier, l'encéphale.
Ce n'est pas tout encore : la loi est plus qu'une idée, une notion perçue par le cerveau ; elle devient, en s'appliquant aux relations de la vie morale, une sorte de passion pour l'être, un entraînement, un amour. Pour cette nouvelle transformation de la loi, je dis qu'il a fallu un nouvel organe, et cet organe je crois l'apercevoir dans le couple conjugal.
Ainsi se déroule, d'après la philosophie du mariage, la genèse universelle.
Une seule force dans la nature : l'attraction;
Une seule loi : l'équilibre;
Une seule idée : la notion d'équilibre, en autres termes la connaissance des rapports ou de la raison des choses, à laquelle se ramène toute philosophie ;
Un seul sentiment : l'amour, enfanté par l'idéalisation des rapports et leur division qualitative (séparation des sexes);
Une seule religion : le respect de la vérité et de l'intégrité des rapports personnels et réels, la Justice.
Partout et toujours le même principe : ce que l'équilibr»
AMOUR ET MARIAGE n^
est à Tattraction et à la matière, Téquation à l'esprit, Tamour à rame, Tidéal à la liberté, la Justice l'est a la société humaine. Et comme toute loi se fait un orgueil de
dans le groupe familial.
Un pas de plus, et notre théorie du mariage, ou de l'organisme juridique, est complète.