AM
New York.
Mon cher Harry,
Des heures, des jours, des semaines, des mois même, se sont passés, depuis que je vous ai quitté.
La maladie m'a visitée juste au moment où je me proposais de vous écrire; j'ai été clouée à un lit de douleurs et de souffrances atroces !
C'est ma première sortie, aujourd'hui. J'ai pensé à vous, très souvent; j'ai pensé au chagrin que vous éprouveriez et à la mauvaise opinion que vous seriez tenté d'avoir de moi, vu que vous ne receviez pas de nouvelles !
AMOUB VAINQUEUR 107
' Mais, je n'ai pu faire autrement !
Ma mère qui m'a accompagnée à .Montréal, au retour de congé de deux jours que j'ai pris au milieu de ma famille, a bien eu soin de moi ; mais dois-je vous le dire ? Après que ma mère eut été au courant de tous les sentiments de mon coeur, de tout ce qui s'est .passé entre nous, et de l'état précaire de ma santé, elle ne voulut point entendre parler de notre union, de notre mariage !
Je regrette d'être obligée de vous faire part, de la situation dans laquelle je me trouve, mais j'espère que vous, comme vous me l'avez promis, prendrez les choses en homme, espérant que si rotre destinée est de nous voir réunis, elle s'accomplira, car je vous promets que de mon côté, je n'y mettrai aucun obstacle.
Veuillez, cher ami, compter sur ma profonde gratitude, et croire que votre Amie Ninie aura toujours pour son bon Harry, dans le coeur, les meilleurs souhaits pour son bonheur, et sur les lèvres, de doux baisers pour égayer sa figure intelligente.
D'un Amie affectueuse