RÈGLES DE SOCIABILITÉ
Nom divin : iti;»» et n^r — leschou — Schaddaï.
Sacrement X rEucharistie.
Vertu : La Charité.
Don : Science,
Béatitude : Pleurer.
Œuvre : Consoler.
Ange : Samaël.
Arcane : Le ternaire.
Planète : Istar»
Il y a sept abominations coutun^ières auxquelles tu vas d'abord renoncer avec détestation : le café, le cercle, le journal, le jeu, le sport, le lupanar et le caféconcert.
— Ce sont les sept têtes d'ioibécillité de TOccident et "du pays de France ; la pestilence d'une seule te fermerait à jamais le Temple de Magie. Car, ce sont les laideurs sans nom, que TOrient n'a pas connues, et qui sont filles
de ce dragon de l'erreur que les prostitués de la plume appellent progrès.
Le bock, le propos inepte, la sale presse, le vol, la niaiserie, le cynisme et la profanation de la musique offensent le Saint-Esprit lui-même, recteur dji domaine magique .
Ecris ta démission à ton cercle ; ton désabonnement à ton journal, essaye de ne pas fumer, ne bois que de ]^ Teau ou du vin, et écoute-moi.
Nous allons réformer ta vie extérieure parc^ que c'est le plus facile et que je ne voudrais pas te rebuter. ^
LOI. Toute réunion d'hommes expire ane fluidité de même nom que leur état d'âmes ; cet expir crée une. atmosphère morale adéquate, qui agit sur Tâme, dans une proportion plus intense que l'atmosphère gazeuse sur le corps.
Réfléchis à l'état d'âme de l'être qui va au café ; multiplie cet état par celui des gens qu'il y rencontre et dismoi : Si cet expir fait de désœuvrement, de paresse, de parade et de vulgarité, ne s'interdit pas à celiii qui veut se perfectionner.
LOI. Ce qu'on appelle jeu, c'est-à-dire xm moyen mécanique de snspendre la pensée, constitue un acte d'imbécilhté volontaire.
Le jeu de cartes, ou de billard, est le propre du plus
bas étage humain et correspond au provincial, à l'officier, au célibataire et au commis-voyageur. Lis, rêve, dors ; mais jamais ne laisse ton esprit s'enliser à tirer des numéros d'un sac ou à heurter des billes entre elles. Si tu n'as pas le respect du temps, si tu parles de le tuer, passe, tu ne seras jamais qu'un séna^ teur ou un notaire.
LOI. Le jeu comme moyen d'avoir de For est la formule du vol adopté par les lâches ou les imbéciles .
Le fait de prendre Pargent d'autrui constitue le vol devant la morale ; dévaliser le viveur sortant de son cercle, après avoir gagné, c'est-à-dire réussi à voler, est crime, mais moins lâche que le procédé de ce gentleman, qui se sert de la convention sociale du jeu pour voler.
LOI. Quiconque sollicite cet accord des causes secondes nommé chance, sans effort logique, ne commandera jamais au
destin, ni aux hommes*
Ce que je dis du café, entends-le du cercle au superlatif.
LOI. Dès que des hommes s'assemblent sans but idéal, les conciles; ou sans mobile de nécessité et d'action, les corporations : l'atmosphère chargée d'électricité du même nom totalise même des intelligents en un volume énorme de niai-
série ; et cela, parce qu'au seul mode spirituel les hommes sont prolifiques aux hommes ; à ranimique ils s'opposent leurs éléments similaires ou bien exaltent leur bas côté.
Gela s'entend des assemblées de plaisir, comme de celles aussi basses maintenant, dites nationales. D*où ce corollaire.
LOI. Quand les gens assemblés ne se connaissent pas entre I eux, ils sont hypocrites (au théâtre); quand ils se connaissent et ne se redoutent pas, ils sont cyniques (au cercle).
Au cercle, tu retrouveras tous les dangers du café ; en plus, une sorte d'intimité avec des vicieux. Leur façon cynique et brutale d'envisager l'amour, leur vantardise, le bataillon de garces qui est la coulisse extérieure de tout cercle, te saliront.
Un cercle se compose d'ivrognes, de paillards, d'incapables, pensant à peu près de même, c'est-à-dire que boire, forniquer et passer sur les concurrents constitue la vie humaine. Si personnel que tu sois, tu seras baigné, toi unique, par ces flots de vulgarité, I^aigiié et efirité.
De plus, tu liras les journaux ; ce qui est le propre du crétinisme. Il n'y a pas de probité possible chez le journaliste ; il ment toujours sur tout.
Si tu as l'âme généreuse, tu ne pourras Quvrir un de ces ignominieux papiers sans t'indigner et comme
le journal n'enregistre que Téphémère, attends pour y jeter un coup d'œil dédaigneux d'être engagé dans une voie de réalisation où alors il te sert de connaître quel vent de la bêtise humaine souffle sur Paris.
LOI. L'homme en effort de perfectibilité ne doit pas s'intéresser de réphéméridey sinon il diminue sa faculté synthétique .
Quant au sport, comme toute mondanité il comprend de l'adultère, de la vanité et de Tabrutissement. Cependant il a pour lui un vieux prestige. La fauconnerie a des côtés décoratifs évidents, si elle est faite en costumes archaïques ; la chasse à courre, vue à travers les tableaux de Rubens et de Snyders, cela peut séduire des nobles, non pas des initiés.
LOI. Quiconque tue un animal inoffensif sans Texcuse de la misère, charge son atmosphère d'un reflet de meurtre. La femme assez cruelle pour se laisser offrir le pied pleurera : les larmes du cerf ne tombent jamais impunément.
Remarque-le, les vrais chasseurs sont tous des brutaux ; jamais Homère, Dante ou Shakespeare ne se mêle dans un carnier aux cartouches. Méfie- toi de tout grand chasseur. Nimrod, la grande brute qui se dresse à Taube de l'histoire , Nimrod et ses fils ne furent jamais adoucis malgré les saints efforts de mes ancêtres
les Kaldéens : le père des Seanakérib et des Sargon , ces massacreurs à la Bonaparte, s'appelle sous le calame de Moïse un grand chasseur»
LOI . Quiconque assiste aux combats de taureaux, de coqs, de cailles, est un être maudit. Ce sont là des barbaries.
Quant à la chose chevaline, c^est une grande sottise; si tu es capable, lecteur, de f intéresser à un derby, ne salis pas plus longtemps mon livre par tes yeux de niais.
La culture physique a sa raison dans Timportance énorme d'avoir un corps souple à la volonté et capable de subir les nécessaires excès de la cérébralité. Toutefois la force physique ne sert plus. £lle donna jadis la royauté chez les Germains et les Scandinaves ; elle ne procure plus que les faveurs des femmes très bêtes, ce qui est peu. Je ne crois pas que T homme contemporain puisse équilibrer le nerveux et le musculaire, et à opter il n'y a pas d'hésitation. Il est à remarquer que les musculaires, sportmen ou officiers, ne pensent pas^ particulièrement les cavaliers.
Le lupanar est, parait-il, surtout destiné à l'armée : il augmente dans les villes, en proportion avec la garnisons. Insisterai-je après cela ?
LOL L'acte sexuel a toujours lieu doublement, à Thyperpbysique comme au physique ; la prostituée reçoit en ses cou-
tacts les plus basses émanations animiques, et nul ne la possède sans être animiquement terni. L'acte sexuel décalque un peu de l'indignité du sujet et aussi de l'indignité totalisée des précédents.
Si le contact erotique vulgaire contagionne Tâme, le spectacle grossier du Palais-Royal et l'immondicité du café-concert corrompent la sensibilité.
Celui qui supporte aisément le patriotisme et la saleté que gueulent des garces sans voix, à l'Horloge ou autre beuglant ; celui quidine en paix sur la terrasse des Ambassadeurs, celui-là ne sera jamais mage.
LOI. Se plaire aux mauvai/ses lettres, aux arts inférieurs, c'est perdre la compréhension des chefs-d'œuvre et devenir réfractaire à leur action purificatrice.
Ce Parisien qu'on voit également à Bayreuth et à rAlcazar ne sentira jamais Fart de Bayreuth ; le liseur des choses de Médan jamais n'entendra le Dante : dans le cabinet où il y a des kakémonos, on ne voit pas de Léonard. Les Muses sont d'impérieuses maîtresses, et si on les trompe^ elles abandonnent le rustaud à la musique d'Âuber, aux beuglantes du beuglant : Es tu de ces êtres qui ont la Marseillaise pour thème du Graal et une obscénité pour loi du printemps, laisse ce livre. La mage ferme Toreille aux cb;ants du vulgaire, afm que les Beethowen, les Bach et les Wagner le préparent à la divine musique des sphères.
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LOf . Devxhoflmes qn se ffq gar diit s 'act i o— cn trim Fantre ; deux hoBW MtJ qiri se fréqtt ct déld^imt sonlemeot Fim snr Tdiitre.
L'antiquité attribaail une extrême importance au eboix des amis : de nos jours le liasard des rencontres y préside seuL Choisis pour ton ami l*ami de la vertu, dit Pytbagore, terme beau, Tague, de nul secours en pratique.
Choisis pour ami celui qui fait les mêmes études, qui marche vers le même destin : car ce qui noue et dénoue amour et amitié ce sont les bifurcations d'exis* tence.
En thèse, ne fréquente personne de ton âge : et surtout pas les jeunes littérateurs, esprits faussés par Fef* fort cérébral, âmes inquiètes, aigries par le désir du succès. Tu ne trouveras profit qu'avec les gens âgés, eux seuls prendront la peine de te former, parce que tu les longévifieras inconsciemment.
LOL Dans la fréquentation d*an vieillard et d'un jeune homme, Torganisme affaibli de Ton aspire et s'incorpore un peu de la vitalité de l'autre. En retour l'entendement du vieillard polit et affine l'esprit du jeune homme.
Tu serais dupe, si tu fréquentais un vieillard sans science ou dont la vie n'ait pas été mêlée aux grandes vies et aux belles œuvres. Le viéit officier, par exemple,
Thomme qui a obéi aveuglément, fuis-le ; recherche les prêtres et ceux qui furent célèbres, dont les souvenirs sont des pages de la civilisation.
Comme tu n'éviteras pas complètement le contact de ceux de ton âge, prends cette règle, de ne jamais te laisser blaguer : là où où te raille, sors; mênïe ne reste jamais dans un groupe où tu serais compté pour peu.
Aie l'abord difficile, ne tends la main qu'après avoir jugé celui qui est devant toi.
Sois plus susceptible pour tes idées que pour ta personne, pour tes admirations que pour ton propre honneur.
Mais dès que tuas tendu la main, sois d'une courtoisie sans défaillance ; observe les bienséances du monde où tu es; exagère même. Si un jour tu fais une œuvre tu ne seras pas dispensé d'être urbain, mais tu le seras à ta guise.
Ne sois pas familier : le commun des hommes respecte peu ce qu'il approche de trop près.
N'accorde aucune déférence à ce qui représente l'Etat, et pratique la vénération de l'artiste.
Mère et sœur, la femme t' apparaîtra d'abord sous d'admirables aspects.
La mère appartient au divin.
11 n'y a aucun rapport entre la femme vue à ton
foyer, la femme liée à toi par le sang, et la maîtresse ou répouse, celle à qui tu iras demander le plaisir ou Tamour.
Ne va pas chez les filles ; fuis-les, non parce qu'elles ^ sont des occasions de péché, parce qu'elles sont infectieuses de vulgarité ; j'entends par fille toute femme qui vit de ses amours.
Ne vois que des honnêtes femmes, c'est-à-dire des femmes qu'on«salue. Ce n^est pas trop de Topinion pour t'aidcr à te défendre de^leur emprise.
LOL La femme ne sépare jamais son intérêt de son sentiment, son destin de ses amours : et l'homme supérieur cédant à son sentiment doit défendre son intérêt; aimant, sauvegarder son destin. Là oit Thomme cherche un plaisir la femme poursuit u^e aSiadre. Sa nature la force à user de^ son unique moyen d'action, la sexualité ; elle veut conserver l'homme.
N'oublie jamais cette opposition fatala des intérêts ; qu'elle te détourne de tout élément plébéien d^abord, de toute jeune fille ensuite.
Tu penses que je te conseille l'adultère, non, certes, puisque je te mets en garde contre tout élément perturbateur de la vie. En t'interdisant la fornication ne penses pas que je te pousse au mariage. Non ! le mariage, qui est bien la meilleure forme de Tamour, doit toutefois se contracter en formule de destin, non pas d'entrainement. Je te voue donc à la continence ? je vou-
drais le pouvoir ; mais tu ne m^écouterais pas plus que tu n'écoutes ton curé. Ne parlant qu'au nom de la
sagesse, je puis te donner des conseils de vertu relative tandis que Toint ne saurait enseigner que Fabsolue vertu :
LOI. La fréquentation des femmes est profitable par cette .analogie, que les nervosités comme les électricités de nom opposé se fortifient Tune Tautre. La fréquentation des honnêtes femmes seule est faste, parce que leur bienveillance émet sur nous ce que les débauchées dissipent matériellement. Sois
l'ami des honnêtes femmes^
J'entends par honnêteté non pas la vertu même, mais aussi cette bienséance qui raréfie et cache la faute. Tu remarqueras que le charme féminin dépend de l'insatisfaction. Par conséquent, même parmi les mondaines fuis les faciles, celles qui ne se refusent pas leur caprice, a Tordînaire.
Enfin, ne demande aux fenlmes que la récréation de tes yeux, le spectacle de la grâce et obtiens si tu peux l'amitié. C'est là seulement que cette adversaire redoutable désarme et devient favorable. Ce commerce même chaste en apparence contient une certaine volupté presque aromale qui peut suffire aux fines natures : il empêche de sentir le vide, il trompe à la fois et la sentimentalité et la sensualité : de plus il affine singulièrement et rend psychologue. Enfin, mon disciple, ce
que la femme peut donner de plus précieux, ce n'est pas elle-même, mais son mirage.
« LOI. La femme est le prisme où vient se décomposer le désir masculin, elle n*est que le plan analytique de TËros et non pas la lumière vivifiante. Considère-la comme le point matériel, la concrétion de Tidéal, et partant ne Taîme qu'à micorps, si tu peux ; à mi-cœur, il le faut.
Ne joue pas les Don Juans, le personnage est mauvais et la commanderesse (1) vient toujours. Acquiers la double réputation de ne jamais demander de faveurs, et d*étre un cœur collectif.
LOI. L'instinct de la femme étant celui de possessivité, la moitié du genre humain a été empédîmentée par ce seul fait tellement il est impérieux. La jalousie féminine a ruiné les deux fortunes politiques les plus étonnantes, celles de Gambetta et de Boulanger. Alors que tu aimerais uniquement, parais aimer multiplement : cela seul te donnera la paix : que le mot maîtresse n ait pas plus de sens pour toi que le mot maître.
(1) Un grand esprit dispara, Armand Hayem, dans son drame de Don Juan, a eu l'idée géniale de remplacer le commandeur par la commanderesse.
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CONCORDANCE CATHOLIQUE
ARCÂNE D'ISTÂR OU DE LÀ NUTRITION
L'Eucharistie est un si ineffable mystère que nous sacrifierions volontiers la symétrie, si le sens bénéfique de notre œuvre n'en dût souffrir. Par ce sacrement, le créateur se donne à Tamour de la créature : afin que naisse en nous la superexcellente charité.
L'initié doit s'isoler du prochain jusqu'au jour où il pourra se livrer en holocauste : car le don de science aboutit à Tœuvre de consolation, et le poète comme l'artiste sont les grands consolateurs par les beaux mirages d'idéal où nos yeux prennent le goût du ciel • Pour consoler ceux qui souffrent, il faut savoir pleurer, non pas les vaines larmes du corps, mais ces larmes de la pensée qu'arrachait à Jésus l'iniquité des hommes.
Amour, amitié, sont des soulagements pour notre cœur défaillant ; mais c'est en Dieu qu'il faut chercher son rêve et son complément et, Payant vu par illumina tion, le redire aux hommes en une parole d'art, de science ou de bonté.