‹ Amphithéatre des sciences mortes (volume 2)Chapitre 18 sur 48 · DE L'ORIENTATION · texte numérisé non relu

DE L'ORIENTATION

Nom divin : miT» (Jehovah).

Sacrement : La pénitence.

Vertu : Prudence.

Dan : Force.

Béatitude : Soif de justice.

Œuvre : Corriger.

Ange : Anaël.

Arcane : Le quaternaire ou tétragramme.

Planète : NergaL

Averti du péril que tu cours comme membre du collectif social, mis en garde contre les dangers de la sociabilité, oriente ton entité ; je suppose que tu as trouvé ton astralité et choisi Tune des sept méthodes. Quel que soit le résultat de ton nosce te ipsum^ le moment est venu de formuler une théorie de la volonté.

L'aimant, dont la force augmente par la graduation du poids qu'il attire, donne l'image du vouloir.

ÂMrttnmÊAt'KE us

VÉ0kie te dit : pleure too pttlié, psuce que l'Eglise peme »n grand nombre et dès lors donne le commandément sm p»smf. La magie te dit : eflace-le par la rerln eorreq)iondante.

VoieJ an catéchumène qui Tîoit de forniquer bassement ; comme hygiénique religieuse, U s'appesantirasur ion péché afin de le mieux détester ; ea ascèse magique il se larera de son moment d^instinct par plusieurs heures de métaphysique ; là où le déTot se repent, llnjtié se réforme.

L'incomparable Imitation de Jérns-Christ concerne en sa lettre, la vie monastique ; partout Tobéissance y est préconisée. Vois où conduit ce commandement dans la vie actuelle : à rabrutissement et au mal. Ton supérieur s'appelle cuistre, curé, caporal, tour à tour; Tun te fausse le cœur en te vantant les sauvages de Rome, César et Bonaparte, l'autre te fera entendre les mandements d^un Lavigerie ou la Marseillaise dans son église même; quant au caporal il fera de toi un assassin et un sacrilège.

Mon frère, désobéis à ton temps et à ton pays pour obéir à TËternel et à la lumière d'où tu es sorti.

Entends-le, toutes les voiesde l'heure sont des voies de perdition ; déchire le pacte social sinon jamais tu n'auras le complet épanouissement de ton éternité. Je ne peux le promettre le devenir de Pythagore et de Platon que

si tu cesses d'être un Français de 1891, un Occidental. Je t'ai commandé de repousser les droits ri dicules et les faux devoirs du citoyen, je t'ai dissuadé de tes maîtres universitaires, je te relève de la hiérarchie de Bottoms qui pèse sur l'individu : Je suppose que te voilà isolé de toute influence de milieu, isole-toi encore des idées ambiantes.

LOI. Les groupes humains momentanés (café, cercle, théâtre), dégagent un animique affectif; les agglomérats humains permanents dégagent un abstrait oppressif. C'est le phénomène de Fenvoûtement par inconscient cérébral.

Au café concert, par exemple, on pervertit sa sensibilité en accoutumant ses yeux à la vulgarité, ses oreilles à la saleté ; tandis que l'uniforme militaire corrode les notions et eiltraîne l'incapacité cérébrale.

11 est très certain que si l'armée contemporaine a pu réduire quarante Prémontrés par la famine, elle est . capable de toutes les infamies imaginables.

Il est non moins certain que si l'armée n'a pas été déshonorée par le siège de Frigolet, on la juge aussi inconsciente qu'un caillou lancé et aussi peu responsable.

LMnstitution en permanence de toutes les infamies et toujours inconsciente et irresponsable paraîtra à. tout penseur la plus horrible chose de cet univers,

comme la plus puissante, au sens fatal du mot. Donc, tout être intelligent en France risque sa vie ou son intelligence à vingt et un ans.

Un Alsacien-Lorrain avouait à un journaliste que dans la vie civile, il conspirait contre TÂUemagne tandis que, dès Tuniforme endossé des périodes d'exercice, il devenait la chose militaire et lors, inconscient, foulerait ses chers compatriotes. Cet imbécile est un beau cas de la modification de Tindividu par le collectif: son cœur bat pour la France et son fusil manœuvre pour TAUemagne. Prends donc garde de laisser couper ta raison par les courants d'opinion.

Grains Vexemple dCautruij pense d'après toi-même. Ce précepte de Pythagore contient toute la Magie qui n'est autre que la puissance de l'ipséité. Cependant tu ne peux, au point où je te prends, t'éclairer de tes propres lumières et même si tu suis mes leçons, elles ne renplissent pas exactement tous les cas d'une existence individualiste^

Sois catholique, c'est-à-dire prie le matin et le soir, entends la messe, et que ton signe soit le signe de la croix.

La prière improvisée, parlée ou murmurée, est un grand élément de magie. Par elle> exorcise ton époque dont l'influence est bien autre que celle du prétendu malin.

Après roraison qui te hausse vers le divin, Tadmiration est la seconde force; ne lis que les chefs-d'œuvre, les livres sacrés de tous leô peuples, mais comme Tépopée se mêle au hiératique et que la liturgie courante blasphème léhovahSébaoth en Dieu des armées, retiens ceci.

LOI. Un acte n'est pas beau parce qu'il est fort, mais il est fort seulement quand il est beau. Admirer la forcé pour ellemême c'est délibérément retourner à l'état de brute ; un héros n'est pas celui qui tue ses adversaires, mais cet autre qui tué ou tueur avait sur sonépée le rayon divin de la justice.

Quiconque admirera la laideur victorieuse et l'injustice triomphante n'entrera jamais dans la gloire étemelle.

Pour faire toucher du doigt la nécessité de cette considération, je professe que la colonne Vendôme dresse la honte d'un peuple assez servile et sauvage pour se faire l'instrument de l'effroyable monstre que Tenfer vomit sur la France pour la châtier de J'orgie anarchique.

L'Angleterre aux Indes et la France au Tonkin et en Algérie s'appellent de leur vrai nom de la piraterie régularisée, et toute ma pensée éclatera, si j'ajoute que c'est une tache pour la propagation de la foi de servir d'entremetteuse au banditisme français.

Un simple liseur de journal me répondra que ces brigandages eussent été faits par autrui si la France y avait renoncé-

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Je ne doute pas qu'un mauvais coup manque jamais d'armée nationale ; mais je ne doute pas non plus que la justice ne soit la plus sûre habileté pour les états comme pour les individus, et que la bénédiction de Dieu sur un peuple vaille mieux pour sa prospérité que toutesT les compagnies des Indes.

Je réunis ici un certain nombre de lois qui t'aideront à réagir contre lés courants d'idées fausses, elles découlent de cet axiome :

LOI. Il n'y a qu'une cause qui est Dieu, qu'une fin qui est l'Éternité, qu'ilne réalité qui est la Beauté.

11 faut donc qu'une chose s'appuie à un plan divin, aboutisse à l'immuable et se manifeste bellement.

Le plan divin se divise en perfection et en expansion ; l'immuable en gradations d'ascendances ; la beauté en subtilité et charité.

L'être conscient se perfectionne pour rayonner, et par cette imitation du Soleil et ce mérite, parvenir à la plus haute ascendance dont les gages terrestres sont la conceptualité et la bonté.

Maintenant, mon disciple, à ce critère soumets diverses questions. Que signitie au nom du peuple français ? Qu'est-ce qu'un peuple qui parle en sen seul nom ? Un homme collectif n'est qu'un total d'unités égalisées, par conséquent, au-dessous de l'individu.

Or tu n'obéirais pas à Findividu, obéiras-tu à ce qui est pisy à la nation? Donc, tout commandement par cette formule est vain.

Mais cet homme collectif qu'on nomme France a des prisons, des gendarmes : tu peux ruser et non lutter. Ruse donc avec là loi, comme particulier lu le peux.

Tu ne le pourrais plus comme chef de rébellion, ni comme penseur ; si tu écris, dis vrai : la vérité vaut mieux encore que ta sécurité •

Si tu entres dans la vie avec cinq cents francs par mois, sous condition de ne pas te marier, tu dois considérer toute œuvre sociale comme sérvile et indigne de toi.

11 ne t'est pas permis de t'abaisser jusqu'à faire fortune, à moins que ce ne soit dans un beau but comme Schliegman qui voulut être riche pour retrouver les vestiges du monde homérique.

* Cette défense de faire fortune t'étonnera surtout en songeant que si mes idées s'incarnaient dans le cœur et la veine d'un riche, ce serait une victoire pour l'idéal; apprends, M. F., que telle est la propriété de l'or, de détruire toute noblesse d'âme. Regarde autour de toi ; pas un riche intelligent, je n'en ai connu qu'un, extraordinaire esprit, Armand Hayem, qui rêvait de reconstruire le temple de Jérusalem. Quant aux Rothschild, à cette clique de parvenus ? Que font-

ils de leur or ? Ils donnent quelques billets de cent francs aux littérateurs, pour n'être pas engueulés, et quelques cent mille francs aux princes d'Orléans pour être reçus ; payer les dettes des nobles chez qui ils vont dîner, voilà la lumière que font ces drôles, ils n'ont pas même l'éclat et l'insolence de leur or.

Si la fortune te vient toute gratuite, accepte-la et va au devant d'elle ; mais ne la fais pas. Un roi dépossédé peut accepter toute couronne, mais non pas en ramasser aucune.

Savoir ! Cultive, avant toute chose, ton intelligence. Oser ! Sois ferme dans l'évidence, et constant dans le Vouloir ! Ce que l'intelligence a conçu, l'âme l'exécute. Se taire! Le silence est la matrice du verbe et de l'œuvre, tels les quatre verbes de la magie ainsi que la Kaldée les figura, il y a six mille ans, sous la forme du taureau sacré.

Etudie ce symbole ; la tête humaine porte la tiare .royale à trois rangs de cornes, privilège des dieux, et signifie î initié, n'obéis plus, tu es roi si tu penses. Roi ne cherche pas à régner, les triples cornes te destinent à la seule conquête de l'éternité. Les ailes t'indiquent que tu dois t'inspirer du monde supérieur, sans cesser de réaliser sur cette terre la lumière par là force de tes sabots de taureau.

Un autre enseignement résulte du rapprochement de

l'aile et du sabot, analogue au précepte de Pythagore sur Texcellence du juste milieu- Par les sabots le colosse reste terrestre; par les ailes il peut la quitter; cela indique que le Mage ne doit ni s'extasier, ni s'oDstiner à faire de lumière quand même autour de lui. Abstraitement l'orientation kaldéenne de ce symbole donne la pensée, soutenue par l'enthousiasme (les ailes) — au moyen des flancs vigoureux (travail) — sera immuablement victorieuse et présente. Que sans cesse ton effort

obéisse à l'abstrait sans que l'enthousiasme te ravisse au réel, sans que le réel ralentisse ion enthousiasme.

Cependant, au début de ton initiation, abandonne ton âme à Texcès du zèle; les fautes étant les vraies institutrices, faute en cette voie où rien n'est infécond. Faute, mais je te défends quatre délits : toute velléité d'user de la magie pour ta vie animique, toute expérience magnétique ou spirite, toute affiliation à une société occulte. Les prétendus sorciers sont simplement

des voleurs et des assassins, les magnétiseurs de coupables inconscients et les spirites, des variétés d'aliénisme. Quant à ce légitime désir de l'instruire çn hermétisme, auprès de ceux qui le professent, je te l'interdis pour cette raison que la magie ne. s'enseigne pas, que la mémoire n'y joue aucun rôle, que lire Fabre.d'Olîvet lui-même constitue un simple travail d'érudition et .qu'enfin la magie c'est l'homme $e

créant une seconde fois; faisant sur lui à Page conscient ce que la famille et la société ont tenté quand il était inconscient. Or, ici, il n'y a pas de directeur comme en mysticité, il faut qu*à Tinstar de Siegfried tu forges ton épée et toute Tarmure magique.

LOI. Il n'y a pas de magie qui réalise les desseins mal conçus ; car réaliser signifie autant conserver qu'obtenir, conquérir que garder.

La magie consiste à ne formuler que des desseins harmoniques, de soi à Theure des choses. Le saccès est une succession d'accords frappés par le vouloir, selon le rythme de la vie.

11 est donc illusoire de penser que Tocculte sert à toute fin, et que le voluptueux fera de la magie une proxénète, le prodigue une ressource d'argent. Si cela était, la magie noire existerait.

La force d'un verbe réside dans sa prudence, car il n*y a pas de force contre la raison. En se modelant l'âme sur la justice éternelle la volonté prend force de Un et se réalise. Ne f inquiète donc pas, mon disciple, de la manière et de la quantité du vouloir, mais de sa pureté. Ta pensée est-elle comparable à un rayon, elle s*épand avec la vitesse même de la lumière ; estelle semblable à une pierre, elle retombe tout de suite et lourdement.

Viser, ce mot vulgaire résume la force, car ici toute la dynamique dépend du pointage cérébral.

Un nâute n'a- pour lui que sa boussole, et Tinitié dépend de son orientation. Les courants et les brises, c'est-à-dire les circonstances et les collaborations, tour à tour ftivorables ou hostiles, doivent non pas changer ton cap, immuable, mais ta voilure; et mieux tu te connaîtras, comme je t'y ai poussé tout d'abord, plus sûrement tu tiendras la fcarre de volonté. Ta vie ou navigation sera heureuse suivant que tu manieras ton être ou ta nef, d'abord suivant son tonnage et son gréement, ou ton tempérament et tes facultés, ensuite selon les courants, les cailloux et les brises.

CONCORDANCE CATHOLIQUE

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