‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 134 sur 182 · IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE 2o · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE 2o

convention, un semblant de gouvernement, mais l'anarchie. Celui qui, le premier, a écrit ce mot en programme, était évidemment une sous brute alcoolique; ceux qui s'en servent, en sachant ce qu'il signifie, sont des aliénés.

On peut différer sur les principes, non pas sur la nécessité d'en avoir ; si Tolstoï avait dit que la jurisprudence n'est pas la justice, il aurait exprimé une vérité, mais nier la fatalité de l'élément répressif, cela ne ressort pas même de la sophistique mais, je le répète, d'un encéphalisme épouvantable.

L'anarchiste est un fou, la bourgeoisie l'a traité en être conscient et responsable, elle Ta reconnu comme antagoniste, elle a croisé son couperet de justice avec le poignard de Caserio : niaiserie. La maison de fous et la camisole de force, voilà le seul traitement que la société, si elle a foi en elle, puisse infliger à ses agresseurs.

Comment ! MM. les riches se sont moqués de Dieu, et ils s'étonnent qu'on ne garde pas la religion du notable ?

La décomposition morale a suivi la propagande anti-religieuse. Quatorze ans ne se sont pas écoulés depuis la laïcisation des écoles et le pourchas des moines, et déjà la fameuse science pour tous a répondu par les boîtes de Vaillant et de Henry,

la conscience latine ayant perdu son balancier religieux.

Vraiment, quand on étudie la décadence française, on s'effare devant la stupidité bourgeoise.

Comment 1 Suffrage universel ! Ecole du soir ! Contrat Social complet à vingt-cinq centimes ! Bible pour rire, liberté de réunion, liberté de la presse et, au milieu de cette fomentation populaire, aucun enseignement préventif, aucun guideâne?

L'ouvrier qui, son travail fini, se met à lire et à réfléchir comme tous les simples, s'éblouit des idées qui surgissent en foule : comme il n'a lu que ce qui flattait sa tendance, il se sent victime, victime séculaire, en passant devant Notre-Dame, il se figure que le mortier ne. fut mouillé qu'avec la sueur du peuple.

Puis, il a lu des statistiques, de là son épouvante. Il est certain que les recettes de l'Etat sont aussi nombreuses que ses dépenses ; et il a conclu à l'abomination, c'esl-à-dire à la Révolution.

Ceux qui sont venus lui parler, l'ont flatté. Une assemblée populaire ne permet pas autre discours que Tapothéose du peuple, et celui qui expliquerait ses erreurs, serait assommé. Qui parle au peuple, sinon celui-là qui a besoin de son robuste coup d'épaule pour toucher aux fonctions? La

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