‹ Amphitryon 38, comédie en trois actesChapitre 8 sur 70 · DS À · texte numérisé non relu

DS À

LE GUERRIER : Re a+

FO: astu à hésiter ? RS + SOSIE 2 ." ue

Ne peux-tu attendre demain? Jusqu'à ses che vaux se sont couchés, ce soir. Ils se sont étendus 72 sur le flanc, comme des humains, si grande est ue la paix. Les chiens de garde ronflent au fond de

la niche, sur laquelle perche un hibou.

LE GUERRIER Les animaux ont tort de se confier à la paix humaine !

so SOSIE Ecoute ! De la campagne, de la mer résonne

partout ce murmure que les vieillards appellent l'écho de la paix.

LE GUERRIER C'est dans ces momentslà qu'éclate la guerre!

SOSIE La guerre |! ?

ù LE GUERRIER ë Les Athéniens ont rassemblé leurs troupes et passé la frontière.

dire

LE GUERRIER FE eux. Nos alliés, donc, nous envahissent. ro

ÈZ : Ils prennent des otages. Ils les Pa Réveill D Amphitryon!| j À SOSIE “ELXe Si j'avais à ne le réveiller que du sommeil et non du bonheur ! Ce n’est vraiment pas de chance : le jour de la proclamation sur la paix!

4 LE GUERRIER 4 __ Personne ne l’a entendue. Va, et toi demeure. Pts Fs % Sonne ta trompette...

4 Sosie sort.

Le * LE TROMPETTE F ; Il s'agit de quoi?

em De la guerre !

LE TROMPETTE

Je vois Quelque chose de pathétique, de

sublime ?

LE GUERRIER Non, de jeune.

Le trompette sonne. Le guerrier est penché sur la balustrade et crie.

Réveillez-vous, Thébains! Voici la seule proclamation Le vous ne puissiez entendre cnities

et haletante confondue dans la nuit. Levez-vous ! ‘ Prenez vos armes ! Ajoutez à votre poids cet appoint de métal pur qui seul donne le vrai alliage du courage humain. Ce que c’est? C’est la guerre.

LE TROMPETTE Ce qu'ils crient !

LE GUERRIER C'est l'égalité, c'est la liberté, la fraternité c'est la guerre! Vous tous, pauvres, que la fortune à injustement traités, venez vous venger sur les ennemis! Vous tous, riches, venez connaîftre la suprême jouissance, faire dépendre le sort de vos trésors, de vos joies, de vos favorites, du sort de votre patrie! Vous, joueurs, venez jouer votre vie! Vous, jouisseurs impies, la guerre vous permet tout, d’aiguiser vos armes sur les statues même des dieux, de choisir entre les lois, entre les femmes! Vous, paresseux, aux tranchées : la guerre est le triomphe de la paresse. Vous, hommes diligents, vous avez l’intendance. Vous, qui aimez les beaux enfants, vous savez qu'après les guerres un mystère veut qu'il naisse plus de garçons que . de filles, excepté chez les Amazones… Ah! j'aper- 1 çois là-bas, dans cette chaumière, la première lampe que le cri de la guerre ait allumée. Voilà la seconde, la troisième, toutes s’allument. Pre-

incendie la ligne des familles! Levez-vous, rassemblez-vous. Car qui oserait préférer à la gloire d'aller pour la patrie souffrir de la faim, souffrir le ‘la soif, s’enliser dans les boues, mourir, la

| mier incendie de la guerre, le plus beau, qui

28. AMPHITRYON 38 perspective de rester loin du combat, dans la nourriture et la tranquillité...

LE TROMPETTE Moi.

D'ailleurs ne craignez rien. Le civil s’exagère les dangers de la guerre. On m'affirme que se réalisera enfin cette fois ce dont est persuadé chaque soldat au départ pour la guerre : que, par un concours divin de circonstances, il n’y aura pas un mort et que tous les blessés le seront au bras gauche, excepté les gauchers. Formez vos compagnies !… C’est là le grand mérite des patries, en réunissant les êtres éparpillés, d’avoir remplacé le duel par la guerre. Ah ! que la paix se sent honteuse, elle qui accepte pour la mort les vieillards, les malades, les infirmes, de voir que la guerre n'entend livrer au trépas que des hommes vigoureux, et parvenus au point de santé le plus haut où puissent parvenir des hommes. C'est cela : Mangez, buvez un peu, avant votre départ Ah! qu'il est bon à la langue, le restant de pâté de lièvre arrosé de vin blanc, entre l'épouse en larmes et les enfants qui sortent du lit un par un, par ordre d'âge, comme ils sont sortis du inéant | Guerre : Salut!

À LE TROMPETTE Voilà Sosie !

LE GUERRIER cé Ton maître est prêt ?

tout à fait prête. Il est ne facile de rev EE l’uniforme de la guerre que celui de l'absence.

E LE GUERRIER Elle est de celles qui pleurent ?

SOSIE

De celles qui sourient. Mais les épouses gué- à rissent plus facilement des larmes que d’un tel sourire. Les voilà

LE GUERRIER En route |

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