ACTE I, SCÈNE V
« Trévoux, le lieutenant de police, est des nôtres... »
P&le et s'icterronipant.
D'où tiens-tu cette lettre?
l' H G H M E , remettant la lettre dans sa poche.
Ah bah! j'en ai bien d'autres.
S'il m'arrivait malheur, je vous le dis à vous, Quelqu'un les publierait, et gare là-dessous I Donc ne me fâchez pas et veillez sur ma vie.
Maître Trévoux, comme en proie à un grand combat inténeur, reste réreur quelques instants, pui^ se tourne brusquement vers lui et lui tend la main.
MAITRE TRÉVOUX
Soyons amis!
L 110 M M E , prenant la main de maître Trévoux et mettant son chapeau sur sa tête.
Cinna, c'est moi qui t'en convie.
MAITRE TRÉVOUX, à part.
Ces bandits ont des yeux qui partout vont plongeant !
Haut, avec un sourire aimable.
Dis-moi, mon cher, tu dois avoir besoin d'argent?
Mon pourpoint a beaucoup de bouches qui le disent. Car, sous l'ample manteau dont les plis me déguisent, Le diable fait sortir avec son doigt railleur Mon linge par des trous non prévus du tailleur.^
Maître Trévoux sort son portefeuille, y écrit quelques mots au crayon, puis déchire la pi>ge et la présente à l'homme.
MAITRE TRÉVOUX
Voici sur ma cassette un bon de huit cents livres Si tu me dis les noms des gens, si tu me livres Tous les secrets d'état que tu sais: — est-ce clair?
l' H OM M E , prenant le papier.
Voleur, cela se peut ; espion, non, mon cher.
Il le déchire.
Maître Trévoux erilr'ouvre les tentures de la baraque et congédie les sergents qui sont restés dans le carrefour.
MAITRE TRÉVOUX, aux sergents.
Allez-vous-en !
Les sbires obéissent en silence. — La place redevient déserte. — Maître Trévoux s'approche aCfectueusement de l'homme.
Causons,— là, —sans qu'on puisse entendre. ..
Bruit de pas dans la rue voisine.
— Ciel! quelqu'un!
l'homme.
C'est fâcheux, car vous deveniez tendre.
De la petite rue à gauche, opposée à celle par laquelle les sbires ont disparu, sort une femme voilée et vêtue de noir. Elle regarde un instant derrière elle avec inquiétude comme si elle craignait d'être observée, puis elle entre précipitamment dans la baraque.
ACTK I, SCÈNE M. 181