ACTE I, SCÈNE VI
ALASCO.
Je te jure, enfant...
FLIBBERTIGIBBET.
Laissez donc là vos serments; je vous connais. Je conlis, de plus, vos secrets ; ce qui fait que vous me craiiez — et que je ne vous crains pas.
ALASCO.
ICher Flibbertigibbet, laissons le passé!... Je t'assure que me réjouis sincèrement de te retrouver en vie. Mais ^ponds à mes questions. Comment es-tu ici ?
FLIBBERTIGIBBET.
J'y suis censément pour servir les obscurs desseins de >tre complice Varney sur la mystérieuse dame qui y vit "achée. Ce Varney! encore un dans le jeu duquel je commence à voir clair.
ALASCO.
Mais quel est, dis-moi, ce bizarre déguisement?
FLIBBERTIGIBBET.
L'état de sorcier était trop dangereux. Je suis devenu comédien. Je fais partie de la troupe qui doit figurer aux fêtes que le comte de Leicester donne à la reine. Je joue les diables et les lutins dans les mascarades de Shakespeare et de Marlowe, et je porte le costume de mon " iiiploi pour me distinguer parmi les gentilshommes.
Le singe! Es-tu content au moins de ton nouveau
iiiriirr?
FLIBBERTIGIBBET.
Hum ! pas trop ! Je m'ennuie à répéter toujours les mêmes phrases, à faire les mômes grimaces. De nature, je suis curieux, et j'aime à être libre. Je voudrais jouer un vrai rôle et me mêler à une vraie intrigue. J'en flaire une ici, qui me paraît assez ténébreuse et fort intéressante; et c'est pourquoi je n'ai pas rejeté les propositions de votre Varney, tout en me promettant de n'y prendre que la part qui me conviendrait.
ALASCO.
Eh bien, veux-tu revenir avec moi ?
FLIBBERTIGIBBET.
Pourquoi pas? Mais avec les mêmes réserves et précautions, je vous le déclare.
ALASCO.
Comme tu voudras. Je désirerais moi-même en savoir, sur la mystérieuse dame, comme tu l'appelles, et sur milord Leicester, plus que Varney ne veut m'en dire.
FLIBBERTIGIBBET.
Oui, pour vous aider dans vos horoscopes; je comprends.
ALASCO.
Le comte et la dame vont venir ici sous peu d'instants. Si tu pouvais...
FLIBBERTIGIBBET.
Écouter ce qu'ils se diront et vous le redire? A merveille ! Je serai charmé, pour mon compte, d'entendre le dialogue de la colombe et du faucon.