ACTE II, SCKNE II
L K M A S Q II K . se levant avec cnipurtemoot.
Écoute.
Je ne le dirai pas ! tu ne le sauras pas ! C'est pour me l'avoir dit, à l'oreille et tout bas, Qu'un bon vieux serviteur est mort, et le martyre Ouc je subis, c'est pour me l'être entendu dire ! Oh ! pourquoi ce secret me fut-il révélé? .!<' vivais, humble enfant, sous le ciel étoile ; ■le n'avais pas de nom, mais j'avais la nature, La liberté, les champs, le soleil, la verdure! J'avais Dieu dans les yeux, sur le front, dans le cœur I Dès que ce noir secret comme une acre liqueur Kut versé dans mon âme, elle se remplit d'ombre. On vit que je savais mon nom, car j'étais sombre î Un soir, j'étais couché, des hommes sont venus ; Je me suis échappé dans la chambre pieds nus; J'ai perdu connaissance. A mon réveil, à peine Je me ressouvenais, mais j'avais une gène Sur la face... Soudain, passant près d'un miroir, J'ai reculé d'horreur, je venais de me voir! Et depuis ce jour-là j'habite les ténèbres. Kt depuis ce jour-là, poussant des cris funèbres, Je redemande à Dieu le jour évanoui !
Avec égarement.
Suis-je un homme? Ai-jc un nom? Seul je peux dire oui. Kh bien, je dis non !
A Alix.
Toi qui viens dans ma demeure, Es-tu sQrc d'avoir sous les yeux à cette heure Autre chose qu'une ombre et qu'une vision? Que vient-on me parler, à moi, d'évasion? Vivants! laissez les morts dans leur sombre royaume ! Ce masque est mon visage et je suis un fantôme ! — Oh ! je me meurs ! de l'air 1 de l'air !
Il tombe évanoui sur le fauteuil.
ALIX, le soutenant dans ses bras.
Ce masque affreux L'étouffé.
Au geôlier.
Ayez pitié du pauvre malheureux !
Montrant Tarmature qui ferme le cadenas.
Ouvrez ce cadenas !
LE GEOLIER
Peine de mort, madame !
ALIX
Pour défaire un instant ce masque ?
LE GEOLIER
Oui.
ALIX
C'est infâme !
LE GEOLIER
Et puis, en ce moment, monsieur le gouverneur Fait sa ronde ici près.
ALIX, fouillant dans la poche de sa jupe.
Oh Dieu ! j'ai par bonheur Ma bourse.
Elle tire une bourse qu'elle présente au geôlier.
Vingt louis pour qu'il respire à l'aise Un seul instant !
LE GEOLIER, prenant la bourse après quelque hésitation.
Allons.
Il prend une petite clef dans son trousseau et se dispose à l'introduire dans le cadenas.