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11 examine les fauteuils poudreux.
— Mais c'est inhabité depuis cent ans, je crois.
Revenant vers la reine.
Si votre majesté veut parler, je l'écoute. Monsieur le cardinal n'est pas de trop sans doute
la reine approuve d'un signe de tête.
Vous nous avez conduits, je l'ai compris du moin Dans ce logis désert pour parler sans témoins. Soit. On eût pu choisir une place meilleure ; Mais je ne me plaindrai ni du lieu, ni de l'heure, Ni qu'il faille arriver à ce charmant endroit Par un long souterrain fort maussade et très froid J'écoute en fils soumis votre majesté.
LA REINE
Sire, En effet, j'ai beaucoup de choses à vous dire. Et d'abord le traité de Londre et de Paris, Quoique secret, transpire et choque les esprits; L'empereur s'en étonne, et le roi catholique Le trouve fort mauvais. Vous voyez, je m'explique. A Gêne on vous escroque, et les gens de Tunis Font main basse en Provence et ne sont pas punis. Qu'on aime un roi chez lui, qu'au dehors on le craigne.
— Ne vous tourmentez pas de rentrer à Compiègne S'il se fait tard.
Elle montre la porte à droite.
Il est une chambre à côté Que j'ai dit qu'on tînt prête à votre majesté. — Je reprends. L'argent manque. On se ruine en fêtes. Monsieur de Richelieu faisait couper des têtes. Mais en grand politique, au jour, le front levé.
Elle montre le cardinal Mazarin.
Monsieur tue et se cache ; — et je sais maint pavé
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Qu'on teint de sang dans Tonibre et que dans l'ombre on lave
Le saint-père est fort vieux; pour le cas d'un conclave,
Nulle brigue n'est prête avec les cardinaux.
Tout est pour les anglais ou pour les huguenots.
C'est honteux !... — Mais je veux m'expliquer sans colèrip.
Pour faire colonel un gibier de galère.
Montrant Mazariu.
— Ln parent de monsieur, — un drôle, un aigrefin,
On a mécontenté le régiment dauphin.
Voilà trois jours qu'ils vont, tant leurs âmes sont lasses,
Aux barrières du Louvre avec les piques basses.
Cela met tout Paris en émoi. C'est fort bien,
Vous êtes à Compiègne et vous n'en savez rien.
Moi je dis tout. Un feu couve dans les provinces ;
On n'a rien accordé de raisonnable aux princes,
Leur paix n'e^t que plâtrée, et je crains les éclats
Les ducs sont indignés, les parlements sont las.
Jusque sur moi, monsieur, un bras de fer se dresse ;
Kntre mes quatre murs je ne suis plus maîtresse ;
On chasse mon valet de chambre, Boisthibaut.
Le pain est renchéri. Tout va mal en un mot.
On ne veut rien de grand, on ne fait rien de sage ; .
A tous vos ennemis on montre bon visage ;
Et voilà comme on perd l'état. C'est évident.
Demandez à monsieur le premier président !
L K CARDINAL, bas au roi, avec un imperceptible haussement d'épaules.
Le sieur Mathieu Mole !
LA REINE
Je vous parais outrée ; Mais consultez monsieur le maréchal d'Estrée, Madame de Targis, une femme d'honneur, Et dont faisait grand cas le feu roi mon seigneur,
Thou, riiomme le plus pur de ces temps difficiles ! Souvré ! le conseiller Ledeau I...
LE CARDINAL, bas au roi.
Des imbéciles!
LA REINE, nu Cardinal.
Que dites-vous tout bas? Quels propos outrageants?..,
LE CARDINAL, saluant profondément la reine.
Je dis que ce sont là de fort honnêtes gens.
LA REINE, montrant Mazarin.
Mais, sire, chaque jour sur vous cet homme empiète ! Mais la France s'émeut ! l'Europe s'inquiète ! Mais le coadiuteur est un homme d'esprit ! Mais voyez ce qu'on dit ! voyez ce qu'on écrit ! Le duc de Beaufort....
LE CARDINAL
Retz et Beaufort ! deux rebelles.
LA REINE, au roi.
Lisez Maynard, Cofïier, Guy-Joli ..
LE CARDINAL
Des libelles !
LA REINE
Pardieu, monsieur, silence! et trêve à vos discours ! — On ne peut dire un mot et vous parlez toujours.
LE CARDINAL, s'jnclinant jusqu'à terre.
Parlez,