LE PRISONNIER
Dieul
ALIX, le contemplant.
Qu'il est beau I Plus encor que mon rêve !
Li: PRISONNIER.
L'ombre qui me couvrait, l'ombre aflreuse se lève !
Ma tête se redresse et plonge avec fierté
Dans l'air, dans la lumière et dans la liberté !
Tout brille ! Je voudrais tout saisir au passage.
Vlix ! Alix ! on voit avec tout le visage !
De l'air ! de l'air partout ! De l'air dans les cheveux !
Je puis baiser ta main et je vais où je veux !
C'est donc moi? c'est donc vrai? Que cette nuit est purel
Ton sourire m'enivre, et toute la nature
Parle en foule à la fois à tous mes sens ravis !
Je regarde ! j'entends ! je respire ! je vis !
Alix! je sors enfin de la nuée obscure.
Regarde-moi ! — Je sens que je me transfigure !
LE COMTE JEAN, qui n'a pas quitté le prisonnier du regard et qui parait plongé dans une profonde réreric.
Étrange ressemblance !
LE PRISONNIER, allant à la fenêtre et l'ouvrant avec impétuosité.
Oh ! le ciel étoile !
— Oui, j'étais mort! — Pour moi le monde est dévoilé. Ce masque était l'enfer ! — Viens donc à la fenêtre !
Il attire Alix près de la croisée.
Que ces arbres sont beaux ! tout rit ! tout me pénètre ! Comme la brise est douce!... — Oh ! mais c'est étonnant!
Pauvre ami !
LK COMTE JEAN, pensif.
Je comprends le masque maintenant.
LE PRISONNIER, enivré.
Mon Alix, nous fuirons! — oui, nous fuirons ensemble Dans quelque heureuse terre où jamais on ne tremble.