ACTE III, SCK.xt: IV
N'importe! je suis maître et sur moi tout repose.
Hettaot la innin sur sn poitrine.
— Je souffre!
Il tousse.
Travaillons! Faire une grande chose, Cest oublier qu'on doit mourir.
Il déroule la carie et y promène son regard «vec une attention profundc.
Plus de revers!
La France en se calmant a calme'î l'univers.
11 se pepche sur la carte, puis relèïc la lêie.
L'épée est insolente et la robe est jalouse,
Mais j'ai tout subjugué. Bordeaux, Rennes, Toulouse,
— Paris! — le grand Paris! l'hydre! — Plus de fureur! Plus de combats !
Il déploie une lettre.
Voyons ce qu'offre l'empereur.
Parcourant la lettre.
Bien. Il veut étouffer aussi toute étincelle, Il cède.
Promenant ses yeux sur la carte.
En attendant Besançon et Bruxelle, Prenons Brisach, l'Alsace et les Trois-Évôchés. Plus tard j'achèverai mes plans encor cachés. La France doit aller du Rhin aux Pyrénées. Paris qu'on peut atteindre en deux ou trois journées Est presque à la frontière. Il doit être au milieu. J'y parviendrai sans bruit, sans guerre.
Il 1ère la tétc vers le portrait du cardinal de Richelieu.
0 Richelieu!
Nous aurons accompli chacun une œuvre immense; Il a construit le roi, moi je bâtis la France.
Promenant ses yeux sur la carte.
Mais ce n'est rien encor.
Il se lève.
* Mon édifice, à moi,
Plus vasUî qu'un royaume et plus complet qu'un roi, Le rêve qui brûla tant de nuits ma paupière, L'ébauche où j'ai porté mes travaux pierre à pierre, Que Dieu fit, môme avant de pétrir nos limons. Avec des caps, des mers, des fleuves et des monts. Qu'après Philippe deux Richelieu m'a laissée, Et que j'ai terminée avec une pensée.
L'œuvre qu'enfin j'achève et qui subit ma loi. C'est toi que.je crois voir pendre au-dessus de moi, Toi qui t'ouvres dans l'ombre à ma vue effrayée, Europe, voûte énorme à la France appuyée !
Revenant à la carte.
L'Allemagne pâlit de moments en moments;
L'Espagne s'amoindrit de ses accroissements;
Le traité de Munster rend la France maîtresse.
Le lion se fait chat, l'empereur nous caresse.
L^ Nord ne fléchit plus qu'à demi les genoux
Devant le Saint-Empire et se tourne vers nous.
Seul l'électeur de Trêve hésite pour se rendre
A mes plans. — Il est prêtre et vieux. Comment le prendre?
Pardieu! par la maison des Deux-Ponts dont il est.
Rêvant.
Changer l'ambassadeur. — Gagner quelque valet. —
Le sultan a douze ans, et son empire tombe.
Chaque état a son roc qui sur son front surplombe :
Copenhague a Stockholm, Varsovie a Moscou.
J'ai brisé les suédois. Je tiens par le licou
Le grand-duc moscovite, et, pour toute croisade.
Je le laisse envoyer au doge une ambassade.
Je veille sur Turin, anneau qui souvent rompt.
— Farnèse, Gonzague, Est, maisons qui s'éteindront ! —
A Parme le vieux duc mourra de mort soudaine ;
Une duègne à Mantoue, un enfant à Modène;