SCÈNE III FLIBBERTIGIBBET, AMY
FLIBBERTIGIBBET.
(11 sort du massif, et suit des yeux Leiccster et Varney.)
Les voilà qui s'éloignent. Revenez, madame; vous pou- „vez sortir en sûreté de votre citadelle de broussailles.
(Amy parait.)
AMY
Quand je pense que je me cache de Leicester comme d'un ennemi !
FLIBBERTIGIBBET.
Et contre cet ennemi, je vais, moi, vous aller chercher votre protecteur naturel, votre père. Tenez, dissimulezvous là, dans l'angle de cette fontaine, d'où vous pourrez, au besoin, gagner le taillis. Avant un quart d'heure, je reviens avec sir Hugh Robsart. (iisort.)
AMY, seule.
J'ai abandonné mon père pour suivre mon mari, et voilà qu'aujourd'hui je n'ai plus qu'une idée, c'est de quitter mon mari pour rejoindre mon père. Leicester ! est-il possible qu'après avoir tenté de me faire passer pour la femme de ton valet, tu aies voulu m'empoisonner ! Hélas! qui peut une lâcheté peut un crime. Où est-il, le grand comte, le noble Dudley? Tout est fini ! Il n'y a plus pour lui dans mon âme une étincelle d'amour; le mépris a tout
éteint. Je ne le hais même pas. (Elle s'est assise, pèle et immobile sur un fût de colonne, près de la fontaine. — La reine paraît.)