ACTE V, SCÈNE III
LBIGESTER.
Il a raison, le temps est précieux. Écoute, ma bienaimée ; tout est prêt pour ton évasion, pour la mienne. Sans nous fier à Varney, nous pourrons à nous trois rouvrir un passage secret qui en dix minutes te rendra à la liberté. Une voiture nous attendra dans le bois. Des amis sûrs, Strashallan, le comte de Fife, protégeront notre fuite. Un brick prêt à faire voile pour la Flandre nous recevra sur la côte et, avant que le jour se lève, nous voguerons ensemble vers le bonheur, toi loin de ta prison, moi loin de la cour, délivrés tous deux.
Quoi ! milord, vous quittez pour moi honneurs, rang, faveur, fortune, et ce théâtre éclatant où TEurope vous admire ? Que de sacrifices vous faites à une pauvre femme I
LEICESTER
Cette pauvre femme, comme tu dis, en a fait bien d'autres pour moi.
AMY
Vous vous condamnez à Texil !
LEIGESTER.
Là où tu es j'ai ma patrie.
Dudley, tu renonces à touti
LEICESTER
A rien, puisque toi seule es tout pour Dudley.
AMY
Mon bien-aimé!...
*34 AMY ROBSARÏ.
SIR HUGH
Milord, n'oubliez pas que, pour l'heure, vous êtes attendu far cette impérieuse reine.
LEICESTER
Oui, il faut que nous te laissions, ma chère femme.
AMY
Eh quoi ! vous ne m'emmenez pas?
LEICESTER
Pas encore. La reine, dans une heure, aura quitté Kenilworth. En ce moment, sa suite emplit encore le château, et ta fuite serait impossible. Je vais lui tenir l'étrier et, dès qu'elle sera partie, je reviens. Kenilworth sera désert, et, à la faveur de la nuit, je t'enlève de cet horpible cachot.
AMY, souriant.
Ce sera la seconde fois que vous m'aurez enlevée, jnilord... Ah ! pardon, mon père !
LEICESTER, à Flibbertigibbet.
Toi, lutin, suis-nous. Je vais avoir besoin de tes services pour disposer tout, pendant que je serai près de la reine.
FLIBBERTIGIBBET.
A VOS ordres, milord.
AMY
Je vais donc rester encore seule ?
LEICESTER
Une heure tout au plus, ma bien-aimée.