ACTE V, SCÈNE V
ALASCO.
Varney! Varneyl... — Que combine-t-il là d'infernal? — Varney!...
VARNEY, rentrant.
C'est fait. — Maintenant, malheur à qui mettra le pied sur cette trappe ! eiU-il la légèreté d'un sylphe, il descendrait avec elle dans les souterrains.
ALASCO.
Varney ! tu ne vas pas prendre la prisonnière et la précipiter dans ce gouffre?
Fi! quelle brutalité! Je ne toucherai pas à la prisonnière.
ALASCO.
Alors elle n'ira pas se jeter là d'elle-même.
VARNEY, baissant la voix.
N'as-tu donc pas entendu que le comte a promis à sa femme de lui annoncer son retour par le son du cor?
ALASCO.
Après ?
VARNEY
Après? Lorsque la captive entendra résonner le cor, crois-tu que, voyant cette porte ouverte, elle ait la patience d'attendre que son mari soit monté jusqu'ici? crois-tu qu'elle se refuse à la joie de l'embrasser quelques instants plus tôt? crois-tu qu'elle hésite à courir audevant de lui?...
ALASCO.
Oh! tu me fais peur!
VARNEY
Eh bien, si elle franchit étourdiment cette, porte, si les supports vermoulps de la trappe des oubliettes se brisent sous elle, si elle tombe... Qu'y puis-je faire? Y aura-t-il de ma faute ? Ce sera un malheur.
ALASCO.
C'est horrible! trouver dans son amour le moyen de sa mort ! tu ferais bouillir l'agneau dans le lait de sa mère!... Ne fais pas cela, Varney! ne fais pas cela!
VARNEY
Alasco a des scrupules! voilà qui est neuf! — Mais^ chut! elle s'agite, elle va s'éveiller... Viens, viens! Retourne à ta chimie de damné. Moi, je guette, (iis sortent tou&
deux par la porte secrète.) •