EUGÈNE, ANACHARSIS
ANACBARSL5, sans voir Eugène. Ma tante est furieuse des amours de son intendant... je l’ai laissée aux prises avec lui... il s’en débarbouillera comme il pourra...
Qu’est-ce quipeut me demander?., (.^prrcetani Eugène. ) Dieu ! Eugène de V erbois!,.
EUGÈNE. Moi -même... embrassonsnous...
ANACHABSIS. Attends !.. {J part.) Par- .
bleu, voilà mon Dieu, mon sauveur, mon onde... (Dcclamant.)
•Oui , pnisqae je retrouve un aoii fî fidèle,
• Ma fortune va prendre un visage lout-STail non-
[veau...
U ‘a prit par fa main et lui, fiùt ésscMir, fa reene.
EUGÈNE. Laisse-là tes folies... la diligence va venir....
ANACIIARSIS. La diligence !.. et tu crois que je te laisserai partir... toi, le plus aimable, le pins joli garçon du quartier la-
s LU MàOASIN
tin... toi, qui cmpoHr? 1rs ccriirs d’assaut; toi, qu’adomU les fiUcs, 1rs épouses, les ^ nièces et les tantes... Kugène, les f antes!..
EL’GÈIVE. Ah ça! es-tu fou?
AIVACHARSIS. Vcux-tii me faire l’amitié d’accepter quarante mille livres de rente?..
EUGÈAE, tendant la main. Donne...
AXACIIARSIS. Tu crois que je plaisante, facétieux carabin!.. Réponds ü mes questions... ton cœur de jeune homme est-il libre ?
EUGÈXE. A peu prés.
ANAGHARSIS. Alors, lu n’aurais aucune répugnance à contracter un brillant mariage?..
EUGÈ1VE. Ma foi non... je ne suis pas sans y penser...
A?IACIiARSlS. Quel .Ige Toudrais-tu trouver dans celle qui t’apporterait cette dot colossale?
EtGÈlVE. £h ! j’irais bien jusqu’à la quarantaine...
AN ACIIARSIS. Oh ! instinct de la fortune!
il a mis le doigt dessus...
EUGÈNE. Que vcux-tii dire?
ANACHARSIS Ecoute... parlons peu...
mais parlons bien et vile, car le temps presse... J’ai une tante, Eugène, une tante , qui est encore potable... encore fraicbe, bonne, joviale, liberale... veux - tu l'épouser?
EUGÈNE, jurprîj. Moi?.,
AKACBABSIS.
Air de iaFamilU d* V Apothieatré»
Four fîxer le» plut inconttan» ,
Mon cher, tu saura» que ma tante Possède . avec ses quarante .'ins.
Quarante mille fi ancs de rente...
Si d'autres comptent leurs Tcrtns,
Par le nombre de leurs journées ,
Elle compte ses revenus,
Par le nombre de scs années.
EUGÈNE. Ah ça!., tu plaisantes...
ANACIIAHSIS. Non , il s’agit ici de payer tnes dettes... et d'être pour moi l’oncle qui revient des grandes Indes, ou d’Amérique, comme lu voudras... ou des grandes Indes. Veux-tu revenir d’Amérique...
EUGÈNE. Ah! je comprends, parbleu, ridée est originale... mais ta tante voudrat->ellc de moi...
.ANACHARSIS. J’en réponds, si tu veux être ici l’homme aimable du quartier lalin... le Joeondc de la grande Chaumière.
EUGÈNE. H est sûr qu’au Luxembourg...
ANACilAH.sis. Toutes les vieilles filles o.Rt le cœur tendre.., et tua tante Rose,
TRèAthal.
sans être une tante Aurore , ni même une tante Lrlurette, doit avoir des idées comme une autre,,. Fais-lui ta déclaration d’abord... je me charge du reste...
EUGÈ.NE. tia loi, puisque ecla t’arrange... ce mariage me convient sous tous les rapportsi.. J’atais pourtant juré un amour éternel à une jeûna fille... une pen- .«ionnairc de la rue Rarbelte... AhI mon cher, quel ange!
ANACHARSIS. Veux-tu bien me lai.sser tranquille avee ton ange de la rue Barbette.
(Indiquant la rantonnade). Tiens... voilà l’ange qu’il te faut!
EUGÈNE. Quoi I cette dame ?. .
ANACHARSIS. C’est ma tante, mon ami.
EUGÈNE, voulant s’vn aller. Sans adieu , Anacharsis.
ANACHARSIS, U retenant. Reste, enfant, et songe que le bonheur s’avance vers toi.
EUGÈNE, d O fortune!., tu coû-
tes quelque fois bien cher...
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