‹ Anacharsis, ou ma tante RoseChapitre 16 sur 22 · EUGÈNE, ANACHARSIS · texte numérisé non relu

EUGÈNE, ANACHARSIS

ANACBARSL5, sans voir Eugène. Ma tante est furieuse des amours de son intendant... je l’ai laissée aux prises avec lui... il s’en débarbouillera comme il pourra...

Qu’est-ce quipeut me demander?., (.^prrcetani Eugène. ) Dieu ! Eugène de V erbois!,.

EUGÈNE. Moi -même... embrassonsnous...

ANACHABSIS. Attends !.. {J part.) Par- .

bleu, voilà mon Dieu, mon sauveur, mon onde... (Dcclamant.)

•Oui , pnisqae je retrouve un aoii fî fidèle,

• Ma fortune va prendre un visage lout-STail non-

[veau...

U ‘a prit par fa main et lui, fiùt ésscMir, fa reene.

EUGÈNE. Laisse-là tes folies... la diligence va venir....

ANACIIARSIS. La diligence !.. et tu crois que je te laisserai partir... toi, le plus aimable, le pins joli garçon du quartier la-

s LU MàOASIN

tin... toi, qui cmpoHr? 1rs ccriirs d’assaut; toi, qu’adomU les fiUcs, 1rs épouses, les ^ nièces et les tantes... Kugène, les f antes!..

EL’GÈIVE. Ah ça! es-tu fou?

AIVACHARSIS. Vcux-tii me faire l’amitié d’accepter quarante mille livres de rente?..

EUGÈAE, tendant la main. Donne...

AXACIIARSIS. Tu crois que je plaisante, facétieux carabin!.. Réponds ü mes questions... ton cœur de jeune homme est-il libre ?

EUGÈXE. A peu prés.

ANAGHARSIS. Alors, lu n’aurais aucune répugnance à contracter un brillant mariage?..

EUGÈ1VE. Ma foi non... je ne suis pas sans y penser...

A?IACIiARSlS. Quel .Ige Toudrais-tu trouver dans celle qui t’apporterait cette dot colossale?

EtGÈlVE. £h ! j’irais bien jusqu’à la quarantaine...

AN ACIIARSIS. Oh ! instinct de la fortune!

il a mis le doigt dessus...

EUGÈNE. Que vcux-tii dire?

ANACHARSIS Ecoute... parlons peu...

mais parlons bien et vile, car le temps presse... J’ai une tante, Eugène, une tante , qui est encore potable... encore fraicbe, bonne, joviale, liberale... veux - tu l'épouser?

EUGÈNE, jurprîj. Moi?.,

AKACBABSIS.

Air de iaFamilU d* V Apothieatré»

Four fîxer le» plut inconttan» ,

Mon cher, tu saura» que ma tante Possède . avec ses quarante .'ins.

Quarante mille fi ancs de rente...

Si d'autres comptent leurs Tcrtns,

Par le nombre de leurs journées ,

Elle compte ses revenus,

Par le nombre de scs années.

EUGÈNE. Ah ça!., tu plaisantes...

ANACIIAHSIS. Non , il s’agit ici de payer tnes dettes... et d'être pour moi l’oncle qui revient des grandes Indes, ou d’Amérique, comme lu voudras... ou des grandes Indes. Veux-tu revenir d’Amérique...

EUGÈNE. Ah! je comprends, parbleu, ridée est originale... mais ta tante voudrat->ellc de moi...

.ANACHARSIS. J’en réponds, si tu veux être ici l’homme aimable du quartier lalin... le Joeondc de la grande Chaumière.

EUGÈNE. H est sûr qu’au Luxembourg...

ANACilAH.sis. Toutes les vieilles filles o.Rt le cœur tendre.., et tua tante Rose,

TRèAthal.

sans être une tante Aurore , ni même une tante Lrlurette, doit avoir des idées comme une autre,,. Fais-lui ta déclaration d’abord... je me charge du reste...

EUGÈ.NE. tia loi, puisque ecla t’arrange... ce mariage me convient sous tous les rapportsi.. J’atais pourtant juré un amour éternel à une jeûna fille... une pen- .«ionnairc de la rue Rarbelte... AhI mon cher, quel ange!

ANACHARSIS. Veux-tu bien me lai.sser tranquille avee ton ange de la rue Barbette.

(Indiquant la rantonnade). Tiens... voilà l’ange qu’il te faut!

EUGÈNE. Quoi I cette dame ?. .

ANACHARSIS. C’est ma tante, mon ami.

EUGÈNE, voulant s’vn aller. Sans adieu , Anacharsis.

ANACHARSIS, U retenant. Reste, enfant, et songe que le bonheur s’avance vers toi.

EUGÈNE, d O fortune!., tu coû-

tes quelque fois bien cher...

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