Gailhabaud, AZonuments anciens et modernes
inspiré par les monuments chrétiens des premiers temps du moyen Age. On peut y retrouver le plan d’une basilique latine avec son atrium, son sanctuaire ou abside et sa nef principale a laquelle les constructeurs arabes auraient ajouté, a droite et 4 gauche, cette grande quantité de collatéraux paralléles, ou bas cétés, ce qui constitue la principale modification quwils ont apportée a ce genre d’édifice pour lapproprier 4 leurs besoins.
La mosquée primitive comprenait onze grandes néfs allant du nord au sud; ces nefs aboutissaient sur la cour qui précédait le temple et en était une partie nécessaire. Trente-trois nefs plus petites, courant de Vest 4 Pouest, coupaient les onze plus grandes a angle droit, formant ainsi un vaste quinconce de colonnes.
Son plan actuela la forme d’un rectangle d’environ 162 métres de longueur, du nerd au sud, sur 123 métres de l’est Alouest : au nord, une grande cour, entourée de portiques sur trois cétés adossés 4 de hautes murailles, précéde les entrées de la mosquée. Celle-ci est divisée en rg nets paralléles, ayant environ 100 métres
de longueur, venant aboutir sur la cour de la mosquée
et communiquant avec elle par de grandes portes dont quelques-unes existent encore. ,
La nef principale du nord au sud quia 7 métres de largeur, et les 18 autres nefs ou bas cétés, sont subdivisées par 35 galeries beaucoup plus étroites de lest a Pouest, coupant les nefs 4 angle droit. Cet immense quinconce couyre une surface batie de prés de vingt mille métres carrés,
La construction est fort simple et en méme temps
“tres soignée ; les galeries, larges en moyenne de 6 métres, sauf la principale qui a 7 métres, sont hautes de g métres. Elles sont formées par des ali- gnements de colonnes de 3 métres. de haut, reiiées i. au-dessus des chapiteaux généralement d’ordre com-
FIG, 62. — MOSQUEE D# CORDOUE (EsPAGNe).
(Coupes longitudinale et transversale des nefs.)
: posite et corinthien ou imités par les Arabes, par des arcs en fer A cheval, composés de claveaux alternés en 4 pierre blanche et en briques rouges. Ces premiers arcs sont surhaussés par d’autres arcs bandés sur les piliers surmontant le sommier place sur chaque colonne. Les constructeurs éviterent ainsi les traverses en bois qui
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constituent trés souvent la solidité des arcades arabes.
Ces deux étages d’arcs produisent par leur répétition, jointe a Valternance de couleurs claires des claveaux, un trés grand effet, malgré la simplicité des moyens employés par les architectes. Les charpentes sont apparentes et rappellent encore, par leurs formes, les dispositions de la toiture des basiliques latines. .
La décoration est également fort simple, elle tire son effet principal des matériaux mémes de la construction et particuliérement de la richesse extraordinaire des colonnes; celles-ci sont d’une variété étonnante, aussi bien par la matiére méme que par le travail qui les a ornées. La plupart de ces fits sont antiques, enlevés a lEspagne, a la Gaule et a l'Afrique romaine. .
A gauche de la septiéme nef — en comptant par le bas ou la droite du plan, — se trouve une petite chapelle désignée par les auteurs sous le nom de villa viciosa; elle est couverte par un déme étincelant de -mosaiques, Derriére cette chapelle et au fond de la nef majeure, s’éléve le Kiblah, ahuit pans, couronné d’une coupole creusée dans un seul blocde marbre.
Ces deux sanctuaires sont du x° siécle; mais leurs détails et leurornementation sont les preuves certaines des influences romaines et orientales qui ont donné a Vensemble de ce vaste édifice son principa) caractére.
ORIGINES DE L’ARCHiTECTURE ROMANE. 107
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