‹ Anak SerraChapitre 87 sur 131 · Chap. tv, fig. 11, 12 et · texte numérisé non relu

Chap. tv, fig. 11, 12 et

‘un certain nombre d’églises et de chapelles singuliéres par leur forme, qui est ronde ou approchant du rond. Elles dérivent d’édifices dont Vidée premiére remontait a Pantiquité chrétienne, quoique plusieurs d’entre elles aient été prises plus d’une fois pour des monuments paiens... Le Saint-Sépulcre, dont la conquéte fut le but de la premiére croisade, n’était plus l’éminente et magnifique basilique que. Constantin avait fait batir sur Vemplacement assigné par la tradition au tombeau du Sauveur. Deux fois reconstruit, aprés deux destructions, Yune par les Perses, l’autre par les Arabes, il avait regu, dés le vir° siécle, la forme qu’on lui voit encore aujourd@hui: celle d’une rotonde avec bas cété étagé; seulement cette rotonde, que les modernes ont coiffée d’une coupole en magonnerie, recut d’abord et garda pendant — toute la durée du moyen age un chapeau de charpente en forme de céne tronqué et ouvert 4 son sommet. Par la, le Saint-Sépulcre ressemblait aux temples hypéthres

de Pantiquité. Son plan, d’ailleurs, n’était pas une nou-

veauté. Des rotondes avaient été construites pour l’exercice du culte chrétien avant le sac de Jérusalem par les Perses : témoin Sainte-Constance! et Saint-Etiennele-~Rond, 4 Rome, et notre Saint-Germain-l’Auxerrois de Paris, qui commenga par étre une église ronde, et ‘bien d’autres encore. On ne peut donc pas dire que le Saint-Sépulcre renouvelé ait étéla premiére église batie en rond; mais il est certain que, sous cette forme, elle devint un type qu’on imita dans toute la chrétienté,

1. Le plan de Sainte-Constance ressemble 4 celui du Panthéon d’Agrippa, avec l’adjonction a V’intérieur d’une double colons nade. 5

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HISTOIRE ET CARACTERES. gor

-L’histoire nous apprend qu’on en fit en France, au x1* et encore au x1r° siéclet, beaucoup de copies sur une grande échelle. Elles ne durérent pas, car nous voyons a leur place des églises dans la forme ordinaire, par

- conséquent reconstruites. La disparition de ces églises,

construites par les architectes romans a Vinstar du Saint-Sépulcre, résulte des vices de construction de

__ leur couverture. Tantét, en effet, on voulut les coiffer

de coupoles qui s’écroulérent, tantét on chercha a éluder la difficulté de construire une coupole en les recou- vrant, comme le Saint-Sépulcre de Jérusalem, d’ouvrages en charpente; mais ces ouvrages furent la proie des flammes et entrainérent dans leur ruine le batiment - lui-méme. Pourtant deux de ces essais, Saint-Bénigne de Dijon et léglise de Charroux, ont subsisté jusque dans les premiéres années de ce siécle, grace a ce que la plus grande partie de leur diamétre avait été donnée’ au bas cété, tandis que la rotonde centrale y était extré- -mement exigué et, par conséquent, plus facile a couvrir;

encore celle de Saint-Bénigne fut-elle hypéthre. Les

imitations en petit, qui se sont conservées, permettent

de conjecturer ce que furent la plupart de ces grands - édifices*. » . ’

Parmi les églises rondes les plus intéressantes, il faut citer: le Saint-Sépulcre de Neuvy (Cher), commencé

en 1045, abandonné a la hauteur du premier étage et

-achevé un siécle plus tard; Saint-Bonnet-la-Riviére (Corréze), dont la rotonde intérieure, de 10 metres en-

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